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CHASSE ROYALE

Court-métrage

À propos du projet

Chasse Royale est un projet de court-métrage porté par Lise Akoka et Romane Gueret dont le tournage aura lieu au mois d’octobre 2015. En effectuant le casting d’un long-métrage dans le nord de la France, nous avons rencontré deux jeunes adolescents qui nous ont donné envie d’écrire cette histoire.

Ashley, 13 ans, aînée d’une famille nombreuse, vit dans la banlieue de Valenciennes.
Ce jour là, dans son collège, on lui propose de passer un casting pour un film.

Dans le cadre d’un casting pour un long métrage, nous avons poussé la grille du collège « Chasse Royale », établissement d’un quartier défavorisé de Valenciennes, dans le Nord pas de Calais. Nous étions à la recherche de « gueules », de jeunes adolescents vierges de toute expérience cinématographique. Dans la cour de récréation, nous repérons Ashley, 12 ans et Corentin, 11 ans. Tous les deux viennent le lendemain au casting, oublient la caméra au moment de jouer et nous touchent infiniment.

Notre premier échange avec Ashley est un bras de fer. Elle dit qu’elle n’aime rien, s’insurge comme elle respire. Indomptable, méfiante à l’égard des adultes, hermétique à toute autorité, elle ne sait ni lire ni écrire et ignore l’avenir. Elle présente d’emblée un paradoxe subjuguant : son agressivité et la vulgarité de son langage semblent démentis par la candeur de ses traits, l’aspect systématique et immature de sa rébellion contraste avec un corps expressif, charismatique et gracieux. Cette fille, que nous voyons cracher négligemment le bout d’ongle qu’elle vient de ronger, est une éruption volcanique imperméable à la norme. Sa beauté et la justesse dont elle fait preuve en improvisation nous magnétisent.
Au point de départ de ce film, il y a Ashley.

Chez Corentin, inversement, c’est une candeur et un entrain hors du commun qui nous frappent d’emblée. Le jeune garçon ne cesse de parler, il est drôle et sans pudeur, déroutant par sa sensibilité débordante. Travailler avec lui est un plaisir partagé. Il remporte l’adhésion générale à toutes les étapes du casting à Paris et obtient l’un des rôles principaux du film. Mais un mois avant le tournage, le réalisateur change subitement d’avis et annule son engagement.

Cette déconvenue fait naître en nous un sentiment mêlé d’indignation et de frustration. Nous nous interrogeons sur l’ambivalence de notre métier, assis sur la corde raide entre le souci de l’autre et le voyeurisme. Quelles sont les racines de cette fascination récurrente pour les milieux défavorisés ? Pourquoi ne pas raconter cette histoire et évoquer le faisceau de projections qu’implique le casting sauvage ? Nous constatons à quel point ce métier, porteur de rencontres éphémères et souvent avortées, met les hommes aux prises avec leurs conditionnements et l’ambiguïté de leurs sentiments. 

Ce court-métrage a d’abord été écrit pour donner à Ashley et Corentin la possibilité de jouer. Le je-m’en-foutisme d’Ashley, pétri de violence, interdit souvent la reconnaissance de ses qualités. Contrairement à ses professeurs, impuissants face à son agressivité, nous étions bien placées pour recevoir de plein fouet le vent de liberté qui gonfle sa nature sauvage. Cette fille enfermée dans l’échec, qu’on ne félicite jamais, à l’étroit dans sa classe pour enfants en difficultés, n’a plus rien de l’enfant bête et méchant à laquelle on la réduit parfois, lorsqu’elle est face à la caméra. Quant à Corentin, fort de son besoin de verbaliser, de communiquer et de comprendre, il possède par nature une grande intelligence du jeu.

Ensuite, nous voulons donner à voir ce chassé-croisé des fantasmes qu’implique le casting sauvage. Chez les cinéastes, comme chez ces enfants. Si l’on s’imagine facilement les rêves d’un gamin que le cinéma convoite, qu’en est-il du désir du cinéaste humaniste qui, en voulant soustraire l’enfant du peuple à son enclave, donner à voir sa nature indomptée, met en scène une parole qui le libère lui-même, une alternative à son environnement plus policé ? Si cet attrait n’est pas réductible au voyeurisme, il met en jeu une zone trouble, qui se révèle quand le cinéaste convoque et congédie.

Ce film parle de la beauté sauvage, de la fragilité du sort, d’un eldorado – le cinéma – qui n’en est pas toujours un, quand il se fait au mépris de la sensibilité de ceux qu’il invite.
Il ne s’agit pas d’un documentaire, mais d’une histoire racontée par deux personnes qui ont été interpellées par ce qu’elles ont vécu. Son objectif n’est pas de dénoncer, mais de saisir l’instant d’une convergence ratée entre deux univers et par là-même, sans doute, de réparer une non-rencontre. Car le cinéma que nous aimons est celui qui révèle les ardents et les indomptés, qui décloisonne, mélange et ouvre les perspectives. Les nôtres, c’est certain, celles d’Ashley et de Corentin, peut-être, et nous l’espérons, celles du spectateur.

MARINE ALARIC, PRODUCTRICE
Après des études de cinema à la Sorbonne Nouvelle, elle entre en tant qu'assistante de production chez les Films Velvet, où elle a travaillé sur de nombreux courts et longs métrages, notamment L'air de rien de Gregory Magne et Stephane Viard, Grand Central de Rebecca Zlotowski ou encore Terre Battue de Stephane Demoustier. 

ERIC DUMONT, CHEF OPERATEUR
Un BTS audiovisuel en poche, il se spécialise dans le documentaire et participe à de nombreux films abordant des grands sujet sociétaux et environnementaux pour France Télévion et pour Arte. Il collabore notamment avec Yann Arthus Bertrand sur le documentaire La soif dans le monde , filme la série documentaire Entre autres d’Alban Teurlai et Thierry Demezière, ou encore co-réalise avec Stéphanie Davoigneau  Après les coups , un documentaire sur les violences conjugales diffusé à l’occasion de la journée de la femme. En 2015, il signe l’image de La Loi du marché, un film de Stéphane Brizé qui est présenté en compétition officielle au Festival de Cannes et pour lequel Vincent Lindon reçoit le prix d’interprétion. 

MARLENE SEROUR, ASSISTANTE MISE EN SCENE
 Marlène fait des études de cinéma à l’université de Paris 1 Sorbonne avant de faire ses armes dans l’assistanat mise en scène sur des courts-métrages et des clips vidéo. Elle se spécialise par la suite dans l'assistanat casting et travaille sur des longs-métrages comme Le Nouveau de Rudi Rosenberg, La Tête haute d’Emmanuel Bercot ou encore Fanny de Lola Doillon.

Equipe en cours de constitution...

A quoi va servir le financement ?

Grâce à vous, nous espérons rassembler une partie des fonds nécessaires pour assurer les frais de préparation, de tournage et de post-production. En contribuant au projet, vous nous aidez à :

-       Prendre en charge l’hébergement et le transport de l’équipe à Valenciennes (Nord-Pas-de-Calais)
-       Le défraiement du matériel son
-       La location du matériel image
-       La post-production (montage, étalonnage, mixage, musique)

Nous sollicitons donc votre aide, qui représente un coup de pouce significatif pour que ce film puisse exister.

À propos du porteur de projet



Lise Akoka a suivi un cursus universitaire de psychologie et une formation professionnelle de comédienne (les Ateliers du Sudden et le Studio Théâtre d’Asnières). Elle découvre ensuite dans la pratique du casting et du coaching enfant, pour le cinéma, le moyen de faire converger ses deux centres d’intérêt. Elle a travaillé sur plusieurs long-métrages, dont Suzanne de Katell Quillévéré, Mercuriales de Virgil Vernier et Le Nouveau de Rudi Rosenberg.

Romane Gueret, après des études de cinéma, s’est vite fait la main sur les plateaux de tournage en tant qu’assistante réalisatrice. Sur le chemin qui la mène à la réalisation, elle a été tantôt assistante casting, cadreuse pour la télévision, monteuse. Elle a notamment travaillé sur le tournage Des lendemains qui chantent de Nicolas Castro, Sous X de JMC, et du Nouveau de Rudi Rosenberg.

Nous nous sommes rencontrées il y a un peu plus d’un an sur le casting d’un long-métrage, à la recherche d’adolescents. La semaine que nous avons passée toutes les deux dans les collèges du Nord Pas de Calais n’a finalement jamais pris fin : les personnes que nous avons croisées là-bas nous ont donné envie d’écrire Chasse Royale.