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CEUAS MUSIC FESTIVAL

QUAND LES RROMS ET LES 'GADJE' SE PARLENT EN MUSIQUE

À propos du projet

POURQUOI DONNER ?

Les films avec les rroms ont beaucoup de succès. En revanche, la réalité avec les rroms est un échec total. Pourquoi viennent-ils si nombreux en Europe occidentale ? Parce que dans le pays où ils sont les plus nombreux, la Roumanie, ils sont vus comme une sous-espèce, des vilains qui finiront par nous décevoir si on leur fait confiance. D'ailleurs rarement les rroms et les "gadje" échangent et se rencontrent véritablement, dans un cadre paisible. La plupart des roumains ignorent même l'histoire de ce peuple, absente de l'enseignement dispensé dans les écoles, et notamment l'épisode d'esclavage qui a pris fin il y a seulement 160 ans. Peuple nomade, sorti probablement de force du Nord de l'Inde, vassaux au service des nobles ou de l'état pendant la période féodale, massacré pendant la deuxième guerre mondiale, sédentarisé de force pendant la période communiste, ayant par là-même, oublié ses occupations artisanales, et aujourd'hui méprisé pour la pauvreté qui en résulte.

Avec ces considérations, forte est la surprise de l'occidental qui débarque dans ce village de rroms perdu au fond de la Transylvanie. Des gens lumineux, un air de bonne humeur omniprésent, une énergie débordante, des maisons colorées et bien tenues, une bienveillance affichées, mais aussi trois ou quatre familles vivant dans une grande misère, avec beaucoup d'enfants sales, sans vêtements, essayant à tout prix d'obtenir quelque chose à manger.

Pourquoi est-ce ainsi ? Ayant beaucoup réfléchi à la question, nous pouvons affirmer : par ignorance, de plusieurs points de vue. Mais la plus pressante est l'ignorance des roumains, et de quelques européens, envers cette culture.

Comment y remédier ? En douceur. 

Ce festival est l'une des possibilités.

Les rroms de Ceuas sont porteurs d'une tradition musicale unique, qui a fait le sujet d'un ouvrage d'ethnomusicologie : Filippo Bonini Baraldi - Tsiganes, musique et empathie. Pourtant, les musiciens voient leur métier disparaître et leur communauté vivre dans de conditions de pauvreté extrême et d'exclusion sociale. La création du Ceuas Music Festival apportera ainsi une source de revenus durables à la communauté entière.

Dans les années ’80, les musiciens de ce village tournaient aux Etats-Unis et au Japon pour faire chanter leurs violons d’une voix stridente qui va directement au coeur. Sándor, alors jeune musicien, est rentré au village avec un sac rempli d’argent, qu’il a distribué à tout le monde, de sorte qu’un mythe est resté autour de la question “mais où est donc passé l’argent?” Son fils Shanyika, le leader actuel des musiciens, est doté d’un esprit plus pragmatique : il veut créer un revenu régulier, durable et dont la communauté peut bénéficier par sa participation directe. 

Si “les roumains n’aiment pas les tsiganes” (comme l’avoue Shanyika d’un air mélancolique), le sentiment n’est pas partagé. Contrairement à des préjugés très répandus, les roumains sont très bien accueillis dans ce petit village aux airs médiévaux. De même que les nombreux occidentaux qui s’y sont retrouvés par divers moyens (et notamment grâce au livre de Filippo Bonini Baraldi).

LE PROGRAMME QUOTIDIEN

Pendant le festival, tous les participants (musiciens, danseurs, ou simplement sympathisants de la culture rromani) logeront chez les rroms du village de Ceuas. La journée, il y aura 4 heures de cours de dance et de musique pour ceux qui veulent pratiquer leurs talents. Cela sera aussi l'occasion pour les participants de comprendre comment l'apprentissage des traditions se fait chez les rroms, car il diffère bien-sûr de nos cours de musique habituels. Des promenades en charrette traditionnelle seront organisées aux alentours, l'occasion de découvrir divers aspects culturels. Une séance d'introduction à la langue et à la culture rromani sera organisée pour les intéressés. Le soir, les musiciens rroms et les danseurs professionnels donneront des représentations où tout le monde est invité à participer et à improviser. Les lieux changeront régulièrement selon la météo, entre la salle culturelle du village, la place du village et les grands jardins individuels.  

PAS DE SCÈNE, PAS DE SÉPARATION

Tout le monde sait danser et jouer un peu de musique, donc le festival est ouvert à tous, indifféremment de l'expertise. Si le participant veut seulement observer ou bien s'impliquer, le choix lui appartient, mais ici on ne fait pas de différence entre les artistes et le public.

Dans le respect des valeurs de la musique traditionnelle, il n’y a dans ce festival pas de scène, pas de réflecteurs, pas de système son, pas de coulisses. Les musiciens, les danseurs et les spectateurs sont tous acteurs du même espace. C’est, à notre échelle modeste, un contre-écho à la folklorisation croissante des musiques d’un monde qui normalement ne fait pas de séparation entre la musique et le quotidien.

Si vous souhaitez vous joindre à nous pendant le festival, veuillez visiter notre site web pour plus de détails. En raison de l'éloignement du village de toute commodité moderne, la réservation à l'avance est requise afin d'assurer le logement et la nourriture des participants. La date limite pour les inscriptions est le 25 mai 2018.  

PROTÉGER LA TRANSMISSION

Il y a beaucoup d'enfants à Ceuas. On voudrait leur montrer qu'être musicien est un modèle de vie, d'une bonne vie. Et que leur musique est appréciée, leur tradition est précieuse.

A quoi va servir le financement ?

OÙ EN SOMMES-NOUS DANS L'ORGANISATION ?

Le plus gros travail a déjà été fait : le site internet et la vidéo. De leur côté, nos amis rroms ont commencé les aménagements pour l'accueil des participants, notamment la construction de douches et toilettes supplémentaires. Piroska Darvas, l'une des organisateurs, a amené une grande quantité de matelas obtenus par ses relations avec les organismes de charités. Les conditions d'accueil seront sommaires, mais le plaisir sera royal. Les occidentaux adoreront, les participants potentiels sont déjà amoureux de cet endroit, qu'ils ont découvert lors de leur pérégrinations musicales. Nous espérons que cette campagne amènera beaucoup de nouveaux amateurs. Avec votre soutien financier, nous pourrons mettre en place cette rencontre.

BUDGET

Vous pensez que c'est un projet parfait pour les subventions européennes ? Oui, mais pas en Roumanie. Forte était notre surprise quand nous avons constaté qu’il n’y avait pas de fonds de l’Union Européenne dédiés à ce type de projet, qui réunit solidarité, anti-discrimination, culture et apport économique dans une région défavorisée. En France, on nous a dit de chercher en Roumanie. En Roumanie, le Ministère des Fonds Européens nous a répondu qu’un dispositif existerait mais qu’il ne fonctionne pas encore (depuis 10 ans?).

Alors on fera sans leur aide. Avec le vôtre!

Voici les chiffres :

RECETTES / TOTAL = 6510€

Ulule 3000€ - commission = 2760€; PAF participants (min. 15 personnes) = 3750€

DEPENSES / TOTAL = 6510€

Amenagements pour l'accueil des participants = 1500€; Hébergement des participants = 375€; Nourriture = 2000€; Rémunération cuisinières = 635€; Rémunération musiciens = 1500€; Location salle = 500€; Communication, gestion et organisation = bénévole

*** Le cas échéant, tout excédent sera utilisé afin d'assurer la deuxième édition du festival.

À propos du porteur de projet

LES ORGANISATEURS : UNE AMITIÉ PLURICULTURELLE

Pour l’organisation du festival, Shanyika Mezei a fait appel à ses deux amies, Piroska Darvas, d’origine hongroise et Alina Turco, d’origine roumaine. Dans un pays ravagé par la haine triadique roumains - hongrois - rroms, voici une bel exemple de collaboration pluriculturelle.

Piroska Darvas, d'origine hongroise, est nonne catholique en Roumanie. Le domaine d'action de sa congrégation se dirige vers les minorités victimes de discrimination. Depuis qu'elle a découvert les musiciens de Ceuas il y a plusieurs années, elle les soutient dans la plupart de leur projets.

Sanyika Mezei, d'origine rromani, est le chef du groupe des jeunes musiciens de Ceuas, suivant la tradition transmise par son père, Sándor Csanyi. L'idée de créer ce festival lui appartient.

Alina Turco, d'origine roumaine, est étudiante en anthropologie à Paris et amatrice de musique traditionnelle rromani. Elle a plus de 10 ans d'expérience dans la production d'événements dans les milieux de l'art, de la mode et de l'humanitaire.  

**Les images fixes et en mouvement ont été enregistrées par Horia Rusu et Razvan Dima. Nous cherchons aussi un producteur pour réaliser un film documentaire sur cette expérience, dans le même but : partager la connaissance sur des beautés cachées.** 

Site officiel

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