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CARNETS DE SOLIDARITE

Financer une Web Série Documentaire sur la solidarité & la fraternité

À propos du projet

   

L’individualisme et la tentation du repli sur soi gagnent du terrain. Et si pourtant nous étions tous solidaires ? Et si nous avions tous cette capacité en nous ? Qu'est ce qui fait que, parfois, cette solidarité innée peut être éteinte par notre indifférence ou par nos peurs ? A 36 ans, je n’avais jamais ralenti mon rythme de vie pour tendre la main. Jusqu’à une rencontre qui a bouleversé mon quotidien. C'est le point de départ de ma web série documentaire: "CARNETS de Solidarité". Une exploration des ressorts de l'empathie et de l'entraide.

 

   
Je vis en banlieue parisienne avec mon mari Cédric. Nous hébergeons Abdelhaq, un jeune demandeur d'asile. Cette cohabitation a commencé il y a un an. A l’époque, je ne savais rien de lui, si ce n'est qu'il a fui le Tchad et passé 5 ans en Libye. Le jour de son arrivée, mon mari était en reportage. J’étais seule avec cet inconnu et je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je me suis posée beaucoup de questions. Certaines étaient totalement irraisonnées.
Les mois ont passé. Nous avons appris à nous connaitre tous les trois. Abdelhaq dort dans notre chambre d’amis, nous partageons nos repas et depuis qu’il suit des cours de français, nous en apprenons un peu plus sur l'enfer qu'il a traversé. Cette rencontre a bouleversé nos vies. J'ai envie de comprendre les ressorts de l'empathie et de l'entraide. Quelles sont les peurs qui nous freinent alors que la solidarité fait du bien ? Qu'il suffit de tendre la main pour donner envie d'aider... Pourquoi n'ai-je pas ouvert ma porte avant lui ? Qu'est ce qui m'a poussée à le faire cette fois ci ? J'ai réalisé que notre histoire n'est pas isolée. Il existe une France invisible, une communauté solidaire qui agit. Je vais rencontrer ces femmes et ces hommes pour comprendre leurs motivations. Entendre ceux qui bénéficient de mains tendues qu'ils soient exilés ou parmi les français les plus précaires. Ils racontent une autre réalité, celle d'une France chaleureuse, accueillante, consciente de l’urgence sociale en cours.

 

 

Quelles sont les peurs qui nous freinent alors que la solidarité fait du bien ?

Quels sont les ressorts de l'empathie ?

La solidarité est-elle un penchant instinctif ?

Porte-t-on secours pour se donner bonne conscience?

Qu'est-ce qui inhibe notre empathie ?

Aide au passage de la frontière: passeurs-citoyens ou délinquants ?

Comment se reconstruire après l'exil ?

 

“CARNETS de Solidarité” est un carnet de route qui se décline sous forme d'épisodes. J'ai auto-produit les 3 premiers épisodes de la saison 1. Je vous propose de financer les 7 suivants. Ils seront disponibles gratuitement sur ma chaine Youtube et mis à disposition pour organiser des projections débats autour de la solidarité, de l'hospitalité et de la fraternité.

 

 

Un jour de juin, l’année dernière, j'ai ouvert ma porte à l'inconnu.Abdelhaq ne savait rien de nous, nous ne savions presque rien de lui. C'est le point de départ de mes réflexions sur les freins et les ressorts de la solidarité. Accueillir un étranger chambouille tout: son mode de vie, ses habitudes... Avec Cédric, nous avons totalement improvisé.Nous ne parlons pas la même langue et nous n’avons pas la même culture. Pourtant, quand toutes les barrières sont franchies, l’accueil redonne du sens à nos vies. Il réveille notre humanisme, enfoui parfois sous les routines journalières. Peu à peu, nous avons réalisé qu’héberger, ce n’est pas simplement partager le même espace. C’est une porte ouverte sur un destin, une histoire et une sensibilité.Abdelhaq a quitté sa famille car sa vie était en danger. Il a survécu à la traversée de la Méditerranée et tente de se reconstruire en France. Rapidement,  nous avons réalisé que nous ne pouvions pas le laisser repartir sans lui trouver des solutions pour construire sa demande d'asile. Nous l’accompagnions au delà de ce que ce que nous avions imaginé. Au fil des mois, je  prends ma caméra pour témoigner.

Très vite,j'ai commencé à enquêter sur l’imaginaireque nous nous sommes parfois forgé autour de la figure de l’étranger. Les discours politiques, la presse et le cinéma nous ont souvent montré un visage inculte et inquiétant. On s’attarde peu sur la difficulté de sa situation et on l’imagine appartenant à un tout, à un flot qui ne cesse de croitre. Ces étrangers si différents peuvent faire peur et c’est peut être parce que leur vulnérabilité nous renvoie à la nôtre. Je prends l’exemple du démantèlement de la jungle de Calais en 2016. Après la destruction de ce gigantesque bidonville, près de 7400 demandeurs d’asile ont été répartis dans 310 C.A.O, des centres d’accueil et d’orientation dans tout le pays. Cela signifie que 310 villes et villages ont été choisis par les préfets pour accueillir des migrants. A l’annonce de cette décision, les réactions furent mitigées. On se souvient que de nombreux citoyens ont manifesté leur mécontentement et leurs craintes de voir ces inconnus venus de loin parachutés dans leurs villes. Ils craignaient pour leur tranquillité et la population était très divisée sur le sujet. Nous avons tous des frontières psychiques : la crainte d’être souillé par l’autre est ancestrale, comme celle d’être « dévoré » par l’autre, que nous révèlent les mythes d’anthropophagie. Deux ans plus tard, quel bilan peut-on tirer de cette expérience ? Les peurs ont-elles laissé la place à des gestes d’hospitalité ?

 

ENTRETIEN AVEC GUILLAUME LEBLANC, PHILOSOPHE

Je rencontre Guillaume Leblanc. Il enseigne la philosophie. Il analyse le panel d’émotions que cette crise migratoire suscite et en quoi certaines peuvent nous aider à nous relier les uns, aux autres. Dans son manifeste: "Vaincre nos peurs et tendre la main", il appelle à la mobilisation pour les exclus. Pour lui une politique de l’hospitalité réduirait le nombre de SDF et permettrait d’accueillir ceux qui ont fuit leur pays non seulement parce qu’ils étaient réfugiés politiques mais aussi parce qu’ils étaient en situation de famine.

En faisant quelques recherches, j’ai découvert que mon histoire d’accueil à domicile n’est pas isolée. Il existe une France invisible, une communauté solidaire qui agit et incarne les solidarités au quotidien. A l'heure du repli sur soi, du règne de la compétition et de l'individualisme, j'ai choisi de donner une visibilité à cette société là. Je réalise que pour beaucoup, la solidarité est un devoir et non une option. Je prépare mon voyage pour dénicher des histoires singulières. Je contacte les réseaux associatifs mais aussi les mairies des petites et grandes villes françaises. Un matin, je reçois le témoignage d'une mère de famille: Amandine.


From: Amandine
Subject:
To: <[email protected]>


"Bonjour, 
Je m'appelle Amandine, j'ai 40 ans, je suis mariée et j'ai 3 enfants + 2 depuis presque 1an. Nous accueillons 2 jeunes Guinéens au sein de notre famille depuis fin 2017. Tout d'abord, merci pour votre projet. Qu'il est bon de se sentir appartenir à quelque chose de plus grand, de plus collectif que notre seul engagement. Je me retrouve complètement dans vos questionnements post accueil, et réfléchis depuis quelques temps à ce qu'il m'a fallu lâcher pour que ce soit possible, au déclic... Quoi qu'il en soit quelle expérience extraordinaire, pas un long fleuve tranquille non, des vagues plutôt, des inquiétudes, de l'engagement, mais au final quelle joie.

Sans doute une des expériences les plus belles de ma vie."

                

Amandine et son mari ont trois enfants. Depuis un an, ils ont laissé leur chambre à coucher à deux adolescents guinéens. Dans sa lettre, Amandine parle de "déclic". Existerait t'il un déclic solidaire où bien a-t'on naturellement un penchant à l'entraide? Je me demande plus largement si l'individualisme et la compétition dans notre société ne nous radicalisent pas au point de tolérer la souffrance de l'autre ?  Sur ce cliché, je suis frappée par les sourires sur leurs visages, comme s’ils avaient trouvé en la solidarité, un antidote contre la déprime.

Dans mon histoire, l’empathie fut le principal déclencheur et je veux en connaîtreles ressorts.Je n’ignore pas que l’empathie peut être sélective. Je n’ai jamais ouvert ma porte avant l’arrivée d'Abdelhaq pour différentes raisons. Je cherche à comprendre quels traits doit revêtir la souffrance de l’autre pour que l’on s’identifie ou non et que l’on ait envie d’agir. Et si l’empathie élargissait notre sens de la communauté, celle d’un ensemble d’être humains aux destins liés ? Pour d’autres, c’est d’abord une éducation, culturelle ou religieuse qui ordonne d’aider son prochain. Ici nous aborderons la question de la solidarité comme valeur morale. Dans ce cadre d’entraide suggérée, agit-on en somme, pour se donner bonne conscience ? A travers mon expérience, j’ai réalisé très vite que la solidarité fait du bien. Est ce un mal ? Je me penche sur le rôle des émotions dans les mécanismes solidaires.

 

TOUTES A L'ABRI

A Bordeaux, Marie et Berthille ont choisi d'agir en faveur des femmes sans domicile fixe. Elles ont créé l’association Toutes à l’abri pour leur offrir un refuge bienveillant et recréer du lien. Je découvre que l’entraide est également un rempart contre la solitude et ses méfaits. Au fil de mes rencontres, je prends conscience de l’impact social d’attitudes et de valeurs telles que la confiance, la coopération, le respect et la solidarité. 

ENTRETIEN AVEC JACQUES LECOMTE, PSYCHOLOGUE

Dans cet épisode, le psychologue Jacques Lecomte m'aidera à comprendre quels ressorts physiologiques s’activent dans des moments de coopération. Ses travaux portent sur les multiples facettes de la psychologie positive. 

 

Juste avant l'arrivée d'Abdelhaq, j'ai informé mes voisins. Ce jeune étant hors la loi, sa présence aurait pu déranger certains, qui sait ?  J'étais loin d'imaginer l'élan de solidarité qui allait naitre autour de lui. Les gestes d’entraide se sont multipliés sous des formes très variées.C’est une paire de chaussures neuves déposée sur mon paillasson, quelques billets trouvés dans la boite aux lettres pour parer aux dépenses urgentes. Des dizaines d’amis lui ont apporté des vêtements. Ma copropriété est mon petit laboratoire d'intégration. Ensemble nous avons réalisé que la solidarité est contagieuse.  Accueillir Abdelhaq a permis à mon entourage de percevoir les bienfaits personnels et physiologiques de la solidarité.

 

Je réunis certains voisins et amis chez moi, autour de la table pour échanger autour de l'arrivée d'Abdelhaq, de l'entraide, de la coopération.Si mes proches sont dans l’ensemble sensibles à la situation d’Abdelhaq, certains m'ont confiés qu’ils n’accueilleraient pas quelqu’un chez eux. Les raisons sont multiples et défendables. Certaines furent les miennent jusqu'à aujourd'hui: Peur de voir son espace vital envahi, de ne pas être à la hauteur de la souffrance psychologique de leur hôte, ou simplement par manque de temps, d'argent... 

ENTRETIEN AVEC GAUTHIER CHAPELLE

Gauthier Chapelle est ingénieur agronome et docteur en biologie. Il  explique que la solidarité et l'altruisme sont les ciments d'une société humaine. Dans cette arène impitoyable qu'est la vie, nous sommes tous soumis à la "loi du plus fort", la loi de la jungle. Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. Il nous révèle que, de tout temps, les humains, les animaux, les plantes, les champignons et les microorganismes ont pratiqué l'entraide. Qui plus est, ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s'entraident le plus.

Jusqu'où peut-on aller par solidarité ? Il y a un an, lorsqu'Abdelhaq est arrivé à la maison, il était en situation irrégulière. Hors la loi sur le sol français. En l'accueillant sous notre toit, nous l'étions aussi. Nous le savions et avons fait ce choix. Notre cas est loin d'être isolé. Des milliers de citoyens en ont fait de même. Ces derniers mois, il y a eu du changement. Le Conseil Constitutionnel a introduit le principe de "fraternité", assouplissant le "délit de solidarité". L'occasion de faire le point car il reste une zone grise. Comment est-il défini dans la loi ? Que change la loi asile et immigration ? Les procès sont-ils fréquents ? Où s'arrête la solidarité ? Je pars à Briançon où des Alpins portent secours aux migrants qui traversent le col enneigé de l'Echelle. Je rencontre Lisa, Benoit, Mathieu et Juan.  Tous les 4 sont attendus le lendemain au tribunal de Gap. Ils comparaissent pour "aide à l'entrée irrégulière de migrants en France, en bande organisée". Ils risquent 10 ans de prison et 750 000Euros d'amende. Les faits se sont déroulés en avril dernier. En réponse à la manifestation anti migrants organisée dans les Hautes-Alpes par Génération Identitaire, des militants engagés dans le soutien aux réfugiés ont formé une chaine humaine pour les aider à entrer sur le territoire français.

Dans la région, la solidarité s'est organisée et persiste. Je rencontre Cédric Herrou dans sa ferme de la Vallée de la Roya. Puis je fais route vers le refuge d'accueil d'urgence des Migrants à Briançon. Ils sont instituteurs, chirurgiens, retraités et secourent des centaines de migrants chaque année. Tous craignent l'arrivée de l'hiver. Il fut meurtrier l'année dernière. Jusqu'où peut-on aller pour un geste d'humanité ? Existe t'il un devoir d'hospitalité ?

ENTRETIEN AVEC LEILA SLIMANI, ROMANCIERE - PRIX GONCOURT 2016

Leila Slimani a rédigé une tribune, parue dans ELLE: "Ces enfants qui crient nous jugeront". L'auteure de « Chanson Douce » s'indigne du sort des réfugiés et "d'un monde qui n'accomplit pas son devoir". Elle regrette la façon le sujet de la migration est abordé en politique et appelle à lutter en choisissant les bons mots, avec davantage d'humanité. "Cette façon de parler de la politique migratoire avec une grande froideur, avec un pragmatisme, en ne parlant que de chiffres, ça déshumanise les gens", défend-elle.

Dans cette actualité migratoire,  c'est notamment au niveau des villes que se pose aussi la question de l'accueil.A l'heure de la montée du populisme en Europe et des crispations sécuritaires, les villes peuvent fonctionner comme des espaces intermédiaires entre l'Etat et les citoyens pour affirmer l'hospitalité. Comment les villes accueillent-elles les demandeurs d'asile et les réfugiés ? Quelles sont les politiques mises en place par les maires pour les intégrer ? De quelle manière les communes font-elles face à ces flux de population et à l’hostilité de certains de ses habitants ?

A Grenoble, je rencontre le Maire, Eric Piolle. L'un des premiers membres de L'ASSOCIATION NATIONALE DES VILLES ET TERRITOIRES ACCUEILLANTS. Aux côtés de Damien Carême, Maire de Grande Synthe, il demande à l'Etat d'assumer ses missions et d'assurer les moyens pour créer des solutions d'accueil, d'hébergement et d'accompagnement plus nombreuses et plus qualitatives que celles existantes aujourd'hui.

 

Si l'accueil s'organise de Grenoble à Grande Synthe, l'arrivée de demandeurs d'asile provoque parfois des remous. Il y a quelques mois, au Luc en Provence, dans le Var, l'annonce de l'ouverture d'un centre d'accueil pour demandeurs d'asile a provoqué une levée de boucliers. Pétitions, manifestations, interventions dans la presse locale et nationale avaient fait raisonner les craintes de la populations vis à vis de ces étrangers. Cet exemple m'intéresse car si le maire reste vent debout contre le C.A.O, la ville semble réconciliée avec les migrants. Au centre d'accueil, des villageois ont même offert leurs services et donnent des cours de français à la trentaine d'hommes, venus du Soudan ou d'AfghanistanTous reconnaissent que tout se passe bien. Qu'en est-il a l'échelle nationale ?

J'ai en tête la tribune signée par Christiane Taubira dans le JDD: "Il n'est pas question de dire ici qu'il est simple d'accueillir. Il ne s'agit ni d'enjoliver, ni de banaliser, ni même de dédramatiser. Ce n'est pas un conte. La population augmenta par pics et il en résulta sans doute des pressions sur les services publics, il fallut partager, il y eut des tensions. Mais le fait est : la société ne s'est ni effondrée ni même affaiblie. Elle absorba une part du monde et s'en épanouit, dans sa langue, sa gastronomie, ses arts, ses artisanats, sa littérature…"

ENTRETIEN AVEC MICHEL AGIER, ANTHROPOLOGUE ET ETHNOLOGUE

Michel Agier est ethnologue et anthropologue. Directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement et Directeur d'Études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Nous réflechissons à la diversité et la complexité des formes de l’accueil des migrantssur notre continent. A la manière dont cet enjeu refaçonne les liens sociaux, les valeurs et les émotions collectives. Nous réfléchissons au rôle des villes dans l'accueil des migrants et dans la gestion des plus démunis.

Comment se reconstruire après l'exil ? Qu'ils soient syriens, soudanais ou guinéens, les réfugiés sont souvent confrontés à la difficulté de cette nouvelle vie loin de chez soi.Je vais raconter l'histoire d'Ibrahim Karout, réfugié syrien. Chaque semaine, à Bobigny, il enseigne l'apiculture à un groupe de réfugiés et de demandeurs d'asile. Parmi ses apprentis, il y a Abdelhaq, notre colocataire. Lorsqu'il est arrivé à Paris, Ibrahim vivait de « quelques travaux » pour subsister. Un jour, Maya Persaud, directrice de l'association Espero lui propose de devenir formateur. Ibrahim nous parle du processus d'intégration, de sa vie loin de sien dans ce pays où il faut repartir à zéro.

L'aspect psychologique est incontournable. C’est un sujet dont on ne parle que très rarement voire jamais : les souffrances psychologiques que connaissent les migrants sur la route de l’exil mais aussi une fois arrivés à destination. En janvier dernier, un jeune malien de 16 ans s'est suicidé en sautant du huitième étage de son foyer. Ce n'est malheureusement pas un cas isolé. La prise en charge est primordiale mais les structures d’accueil pour ce type de consultations et de suivi manquent. Celles qui existent déjà se disent saturées. Je choisis de m'immerger dans un centre médical d'accueil. J'y rencontre les soignants et les exilés. La souffrance psychique constitue un très lourd fardeau.  Lorsque la précarité et l’hostilité redoublent les effets des traumatismes, voire en créent de nouveaux, ces personnes entrent dans un cercle vicieux dont il devient très compliqué de sortir.

Il arrive parfois que l’expérience de l’accueil ne se passe pas comme on l’aurait espéré. Je redoutais moi même cet échec. Cela n’a pas été le cas chez nous maisje me mets en quête d’un récit de ce type car il est nécessaire de raconter aussi les difficultés et les écueils. Dans le cas de Marc, l’échec est dû à une incompréhension. Ce quadragénaire normand a décidé d’ouvrir sa porte à une famille de 4 personnes. Ibrahim et sa femme Jasmine sont arrivés chez lui avec leurs jumeaux de 7 ans. Ce couple syrien est arrivé extrêmement marqué par les années de guerre. Le père souffrait d’un syndrome de stress post traumatique non diagnostiqué. Cela le rendait très irritable et imprévisible. Lorsque je le rencontre, il a choisi de mettre fin à cette expérience qui, dit-il : « a fait de son quotidien un enfer ». Cette histoire est un contre champ nécessaire à celles que je raconte dans ce film qui se veut sans angélisme. Combien d’expériences d’accueil comme celle-ci ont échoué en France ?

 

 

 INTERVIEW EN DIRECT AU JT DE FRANCE INFO TV (17 août 2018)

LE  PARISIEN - 12/10/2018  - LIRE L'ARTICLE 

MR MONDIALISATION: "Cette solidarité qui s’organise partout en France avec humilité et discrétion" (18/10/2018)

           

 

 

LA REVUE WE DEMAIN A PUBLIE NOTRE TRIBUNE: "5 raisons de ne pas héberger un migrant chez soi. Vraiment?".

A quoi va servir le financement ?

 

                    

On ne l'imagine pas toujours mais pour fabriquer un documentaire, il y a de nombreuses dépenses incontournables: location du matériel vidéo et son,  déplacements, hébergements, frais de montage et de post production. Un épisode coûte en moyenne: 2500Euros. J'ai détaillé ci dessous les postes et les pourcentages de dépenses sur un épisode standard.  

J'ai auto-produit 3 épisodes.Si nous parvenons à boucler cette levée de fonds, je peux tourner 7 épisodes supplémentairesgrâce à votre soutien. Je tiens compte de la commission Ulule qui correspond à 8% de la collecte, soit 1600Euros.

 


 

 

 

 

Les épisodes des CARNETS de Solidarité seront mis disposition gratuitement sur Youtube et disponible pour organiser des projections débats. La série est conçue comme un outil pédagogique et offrira aux enseignants, associatifs, citoyens qui le souhaitent, une ressource pour sensibiliser à la thématique de la solidarité, de la coopération et aux questions d'accueil.

CONTACTER NOUS POUR PLANIFIER UNE PROJECTION DEBAT : [email protected]

 

 

À propos du porteur de projet

Cette web série documentaire est réalisée par Julia Montfort. Depuis 15 ans, elle travaille pour la télévision (TF1, M6, PUBLIC SENAT). Elle a réalisé plusieurs documentaires ayant traits aux droits humains dont: "Poussière d'or" & "Birmanie: l'éveil au monde", dans le cadre des "Dessous de la mondialisation". Les "CARNETS de Solidarité" accompagnent le lancement de sa chaine YouTube destinée à diffuser un travail journalistique totalement indépendant et financé uniquement par les spectateurs. Julia fait un pas de côté et se lance dans le journalisme et le documentaire en circuit court.

 

 

                   

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