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Boca de Rua : le Doc' !

Quotidien d'une révolution marginale

À propos du projet

"Boca de Rua - quotidien d'une révolution marginale" est unprojet de documentaire sur l'expérience d'un journal de Porto Alegre, unique au monde pour être intégralement écrit par des sans-abris. Le film prétend accompagner parallèlement et pendant six mois les différentes étapes de son élaboration et de sa vente, ainsi que la vie quotidienne de ses rédacteurs : une vie faite d'oppressions et de révoltes, de déceptions et de petites victoires, dans les rues de la plus grande métropole du sud du Brésil.

 

S'il existe, dans le monde entier, de nombreux périodiques vendus par des sans-domicile-fixe, mais signés par des journalistes professionnels, le Boca de Rua de Porto Alegre se distingue des autres pour être intégralement rédigé par ses vendeurs. En 18 ans d'existence, primé nationalement et internationalement, il a déjà été l'objet de diverses publications universitaires.

Le journal est écrit et pensé par un groupe flexible et hétérogène d'une trentaine "d'habitants de la rue" ["moradores de rua" en portugais] – qui se réunit une fois par semaine avec des membres de l'ONG ALICE, idéalisatrice du projet. Parmi ces journalistes très particuliers, on trouve aussi bien des hommes que des femmes, représentant diverses générations. Certains vivent sous un toit, d'autres en rêveraient, d'autres pas. Certains ont des enfants. D'autres sont des enfants de la rue. Beaucoup sont porteurs une maladie grave et sont vus comme « dépendants » d'un ou plusieurs types de drogue. Mais tous savent qu'ils faut arriver sobre et ponctuel aux réunions du journal sous peine de ne pas y être admis - une règle qui, comme toutes les autres, a été définie par le groupe lui-même.

Car Boca de Rua est bien plus qu'un journal. C'est avant tout une expérience humaine, une rencontre improbable d'histoires et de caractères, donnant lieu à autant de situations exceptionnelles. Le projet est bien sûr loin d’être parfait : il commet parfois des erreurs qu'il s'attache à réparer tant bien que mal. Mais il réalise, sur un chemin truffé d'obstacles et dans l'un des pays les plus inégalitaires du monde, une véritable révolution marginale.


L'équipe du journal, au salon du livre de Porto Alegre, en novembre 2015.

 

"Un journal parle et c'est pour ça que le nôtre s'appelle Boca [Bouche]. Mais il écoute aussi le peuple de la rue, comme il écoute d'autres mouvements. Les gens nous écoutent quand ils achètent notre journal, l'université nous écoute quand elle nous invite pour parler de notre travail. L'autre côté de la ville nous voit car elle nous lit. Voir, parler et écouter. C'est comme ça que la communication se fait."

"Le Boca a commencé inconnu alors qu'il est aujourd'hui bien reçu partout. Cela est dû au fait qu'il fonctionne complètement différemment des autres journaux, et même de ceux qui sont vendus par des sans-domiciles-fixes dans le reste du monde. De tout le réseau International Network Street Papers - qui compte plus de 120 publications en 24 langues et dans 40 pays - il est le seul à être entièrement fait par ses vendeurs. C'est très important. On ne peut pas planter un oranger et cueillir des citrons.Personne ne parle mieux que nous de la vie de la rue.Nous, nous sommes les orangers et quiconque parlant sur le sujet serait un citron dans l'orangerie. Ça se ressemble mais ce n'est pas pareil. Nous, on vit ce qu'on dit. On sent ce qu'on dit. C'est un journal vécu."


Jackson, rédacteur du journal, en janvier 2018.

 

L'idée de ce documentaire est née au sein même des réunions de rédaction du Boca, auxquelles la réalisatrice participe depuis bientôt dix ans. Le tournage s'inspirera ainsi de la méthodologie du journal, fondée sur le dialogue, l'intégration et la libre participation, devenant ainsi une expérience audiovisuelle inédite au sein d'un groupe habituellement privé de son accès aux moyens de communication.

La narration, construite à partir d'entretiens filmés et d'images de terrain, jonglera donc avec une multiplicité de langages, donnant à chaque participant la possibilité de filmer, interroger et proposer librement. Quant à la réalisatrice, elle se dirigera le projet en suivant son intention première, qui émerge d'un besoin viscéral de s'exprimer et de partager des moments sincères de vie et d'humanité, afin de rompre les barrières d’un monde qui abrite des réalités sociales si différentes et malheureusement si hermétiques.

A quoi va servir le financement ?

Pour mieux comprendre les frais liés à la réalisation d'un film, on peut diviser celle-ci en quatre étapes:
- la pré-production (écriture du projet, préparation du tournage)
- la production (tournage)
- la post-production (montage, finalisation des images et du son, fabrication des DVD)
- la distribution (vente et circulation du film en festival)

En pratique, la pré-production n'a géré que peu de frais et s'est faite bénévolement.

Le financement Ulule (c'est-à-dire : vous, maintenant!) financera en priorité la PRODUCTION : achat des équipements de tournage, alimentation et transport des équipes et défraiement des professionnels les plus impliqués (je n'ose pas parler ici de "salaire" parce qu'en pratique, on est très, très en-dessous de ce qui serait un cachet conventionnel).
Le coût minimal de la production est évalué à 3800 euros.

Si la collecte dépasse l'objectif défini, le surplus pourra être reversé sur la phase de POST-PRODUCTION qui fera également l'objet d'une recherche de financement participatif coté Brésil et comptera sur la participation volontaire de la plupart des professionnels.
Le coût estimé de la post-production s'élève à 2400 euros.

Quant à la distribution, elle dépendra d'un partenariat avec un "distributeur" (entreprise spécialisée) et ses frais seront autofinancés par les porteurs du projet.

En résumé, 3800 euros est le montant minimal requis pour commencer à faire le film mais 6200 euros permettrait de couvrir toutes les étapes et de le terminer... sachant que chaque euro en plus nous donnera de meilleurs équipements et de meilleures conditions de travail.

NB: Un bilan des dépenses sera présenté une fois le projet réalisé.

 

À propos du porteur de projet

Née à Paris il y a une trentaine d’année, diplômée d’Histoire et autodidacte en audiovisuel, je vis au Brésil depuis 2013, au rythme de projets sociaux, culturels et militants.

À Porto Alegre, à l'extrême sud du pays, j'ai collaboré pendant trois ans avec le collectif Cooperativa Catarse, producteur de documentaires, courts-métrages et reportages de journalisme alternatif, et partenaire militant de nombreux mouvements sociaux de la ville. En outre, je suis membre jusqu'à aujourd'hui de l'ONG Alice, fondatrice du journal Boca de Rua en 2000, et qui travaille sur le droit à la parole de groupes marginaux, exclus des médias traditionnels – SDF, prostituées, personnes âgées isolées, prisonniers…

En dehors de mes activités dans l'audiovisuel, je me consacre principalement à la musique et à la photographie, ainsi qu'au développement d'espaces culturels axés sur l’éducation, la permaculture et l’art de la rue.

http://www.opidafol.eu

 

L'Agence Libre pour l'Information, la Citoyenneté et l'Éducation (ALICE) défend le droit à la communication, garanti par l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Fondée en 1999, elle est une organisation non gouvernementale, non assistancielle et non lucrative. Ses objectifs sont multiples : développer des projets de communication alternatifs et autogérés ; débattre le comportement, l'éthique et les tendances des grands médias ; former des lecteurs critiques ; contribuer à la démocratisation et à la qualité de l'information au Brésil. Elle est aussi l'idéalisatrice du journal Boca de Rua, dont elle assume jusqu'à aujourd'hui la coordination et l'édition.

Site en portugais - http://www.alice.org.br