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No Limit

Un livre disque en hommage à Art Pepper

À propos du projet

  Jazz West coast & Littérature noire

Art Pepper est un immense saxophoniste. Sa discographie prolifique est un voyage à travers le jazz : swing, bop, free, latin, funk, ballades, il a (presque) tout joué, sans jamais rien perdre de son style. La marque des plus grands. Sa musique a évolué au gré de ses influences et de ses rencontres. L’inventivité et le lyrisme de ses improvisations pourraient presque faire oublier qu’il est aussi un technicien hors pair.

   S’il était hanté par la musique et l’idée qu’il se faisait de la perfection, il a souvent sombré dans de nombreuses addictions qui ont en partie ruiné sa carrière. Impossible de faire la part des choses entre l’insatiable quête musicale de l’artiste et les chaos de sa vie personnelle. Dans les deux cas, les expériences extrêmes l’ont toujours irrémédiablement attiré. La mise en danger permanente, comme mode de vie.

   Jazz et roman noir, l’idée n’est pas neuve. Mais peut-être jamais leur rencontre n’a été aussi légitime que dans Straight life, la biographie qu’il a écrite à quatre mains avec sa femme Laurie.

  C’est la lecture de ce texte magnifique autant que l’écoute de ses fantastiques enregistrements, qui nous ont donné envie de nous lancer dans l’aventure de ce livre/disque en hommage à ce grand du saxophone alto. À travers les textes et les arrangements des titres que nous avons choisis, nous voulons montrer l’étonnante modernité de la musique et de l’écriture d’Art Pepper.

LES TITRES

Nous avons sélectionné douze compositions d’Art Pepper. Le swing se taille la part du lion, mais on trouve aussi de la musique latine, du funk du blues et du jazz plus contemporain.  Un éventail que nous avons voulu varié à l’image de son répertoire de musicien et de compositeur :

  • Art’s Opus 1956 (Pepper returns)
  • Brown gold 1952 (Discovery Sessions)
  • Make a list 1979 (Straight life)
  • Mambo de la pinta 1977 (No limit)
  • Mambo Koyama 1979 (Neon art)
  • Minority 1980 (The all star sessions)
  • Minor Yours 1956 (Playboys)
  • Mr.Yohe 1975 (Living legend)
  • Red car 1979 (Neon art)
  • Rita-San 1977 (No limit)
  • The trip 1952 (The trip)
  • Winter moon 1980 (Winter moon)

Ecouter des extraits :

 

Pour concrétiser ce beau projet artistique, nous avons besoin de votre soutien.

C'est pourquoi nous vous proposons des cadeaux exclusifs qui seront fabriqués en édition limitée, uniquement pour vous, chers contributeurs !  Les frais de port vous sont bien évidemment offerts.

 

 

LES AUTEURS

Douze auteurs ont accepté de mettre leur talent au service de cette aventure. Chacun devra imaginer une nouvelle, à partir d’un des titres de la liste. Peu de contraintes : le nom d’Art Pepper sera cité, le texte aura d’une manière ou d’une autre à voir avec le jazz, et l’intrigue se déroulera l’année où le titre a été enregistré.

  Ils et elles sont tous et toutes des plumes de la littérature noire : Laurence Biberfeld, Anne Celine Dartevel, Dominique Delahaye, Pascale Dietrich, Sylvie Granotier, Patrick Pécherot, Dominique Sylvain, Jean Bernard Pouy, Christian Roux, Gérard Streiff, Emmanuelle Urien, Marc Villard.

 

Découvrez une extrait de la nouvelle de Gérard Streiff, Mambo de la pinta

" « (La musique) montait, montait si vite, si fort, qu’on avait envie de lever les yeux pour voir si elle ne faisait pas des trous dans le plafond. » David Goodis, « Vendredi 13 »

Il ne se passait jamais rien Via Fani. Beppe en savait quelque chose. Depuis qu’il était à la retraite, depuis pas mal d’années maintenant, Beppe Borselli passait le plus clair de son temps, quand il faisait beau, et Dieu merci il faisait souvent beau à Rome, dans le minuscule jardinet en bas de son appartement, à observer la rue. Son poste d’observation ? Une table et un fauteuil légèrement défoncé au pied d’un acacia interminable.

Beppe habitait l’immeuble qui faisait l’angle de la Via Fani et de la petite Via Stresa. Le quartier, résidentiel, était calme. Et vert. Ancien carabinier, Beppe était à l’écoute des moindres faits et gestes du voisinage. Question d’habitude. Il aurait aussi pu faire un excellent concierge. Ce sera peut-être le cas dans une autre vie. La rue, très légèrement pentue, n’avait plus de secret pour lui. Beppe en connaissait tous les petits rites, l’heure où une voisine du quatrième ouvrait ses volets, le bruit du camion de ramassage des ordures, le couinement de la vespa du fils Grimaldi. Le seul incident qu’il signala un jour au commissariat du quartier fut le déménagement « à la cloche de bois », comme disent les Français, d’un locataire dont les autorités n’avaient jamais retrouvé la trace, soit dit en passant.

Les flics de l’arrondissement le charriaient volontiers. « Alors, Beppino della Fani, tout est sous contrôle aujourd’hui ? » Oui tout était sous contrôle, assurait-il. Il n’y avait vraiment rien à signaler. Ou alors, peut-être, le passage répété d’un jeune homme, cette semaine, sur le trottoir d’en face. Il était là assez tôt dans la matinée. Ce « ragazzo » n’était manifestement pas du coin, mais bon, on est dans pays libre, pensait Beppe, on ne pouvait tout de même pas empêcher les gens qui n’étaient pas d’ici de parcourir la Via Fani. On ne pouvait pas non plus signaler aux pandores les allées et venues de tous les inconnus, de tous les passants. Encore que ce jeune homme faisait plus que passer, il traînait, il s’attardait. Comme s’il prenait des notes. Sans doute un type d’une agence immobilière à la recherche d’une bonne occase. Bref, R.A.S.

Beppe occupait ainsi son temps. Ses matinées plus exactement. Car ses après-midi, Beppino della Fani, qui était un homme d’habitudes, ses après-midi, donc, il les réservait à sa passion secrète, et sa passion, c’était la danse. Il s’y était mis sur le tard à la danse, avec Graziella, son épouse. Leur couple avait fait, un temps, l’admiration des fidèles du « Capricio », un dancing prisé par les anciens romains. Et pas très éloignée de la rue Fani.

Beppe, à présent veuf, avait l’impression d’entretenir le culte de sa Graziella en continuant de fréquenter le « Capricio », non seulement le dimanche, jour du seigneur et du grand bal, mais tous les après-midi, assidument : dans une petite salle annexe de l’établissement, il perfectionnait sa technique. Une ancienne prof de danse, Madame Moreno, sexa encore pétulante, lui faisait, bénévolement, travailler ses pas. Il s’entraînait avec méthode. Et avec soin. Pas question de danser en tenue négligée. Beppe mettait son costume de bal, pour ainsi dire, un pantalon noir, ample, une chemise blanche, bouffante et des mocassins crème.

Il comprenait bien que c’était complètement ridicule, à son âge, cet acharnement à bien faire. Il s’était bien gardé d’ailleurs d’en parler à son fils Carlo mais ces deux-là se voyaient si peu que ce n’était guère difficile de garder le secret.

Beppe aimait le tango, bien sûr, et puis tout ce qui venait d’Amérique de sud, de Cuba. Le merengue, la rumba, le bachata, le cha cha cha. Ces dernières semaines, sur l’insistance de sa monitrice, comme il appelait Madame Romero, il s’était attaqué au mambo, qui n’est pas très loin de la salsa finalement.

Son disquaire, près du Colisée lui avait fait découvrir une petite merveille qui venait juste d'arriver d'Amérique. Le dernier album d'Art Pepper, qui comportait "Mambo de la pinta", enregistré à Los Angeles l'année précédente. 

Le tempo était très rapide mais ils avaient décidé, Mme Romero et lui, de faire avec.

Le morceau s’ouvrait sur des petits coups secs de baguettes, comme pour inviter le public à prendre place. Tac tac tac.

Puis une ritournelle très latino se répétait une demi douzaine de fois avant que le saxo ne s’envole, monte, monte, sans que l’on ne perde jamais le rythme de base du mambo. La mélodie se terminait avec l’air inaugural, la boucle était bouclée.

Un jour, exceptionnellement, on était à la mi mars, Mme Romero, prise par divers rendez-vous et ne pouvant se rendre au « Capricio », lui proposa de passer chez lui, un matin. Cela bousculait ses petites habitudes mais il accepta sans trop barguigner. Tant pis pour le jardinet et la garde de la Via Fani.

Ce matin-là, Mme Romero portait une robe légère, blanche avec des dessins bizaroïdes et ses traditionnels hauts talons roses. Elle refusa le café que Beppe lui offrait et proposa de passer tout de suite aux choses sérieuses. Il revêtit son habit de danse, on repoussa les rares meubles contre les murs, la cérémonie pouvait commencer.

Beppe mit la musique  à fond, Mme Romero laissa faire.

Juste avant l’entrée en scène, l’ex carabinier, très concentré, mima les gestes qu’il devrait faire. Il  connaissait le protocole par coeur. Le mambo se dansait sur un rythme musical 4/4 et le pas de base se faisait sur 8 temps, correspondant à 12 mouvements. 1 et 2, 3 et 4, 5 et 6, 7 et 8, avec un petit arrêt dans les mouvements sur les comptes pairs. Mais Mme Romero était adepte de la séquence 1, 2, 3, pause, puis 5, 6, 7, pause."

 

            

Mambo de la Pinta
Illustration de I.Pouy

LES ILLUSTRATEURS ET ILLUSTRATRICES

Les nouvelles seront toutes illustrées par un dessin original en noir & blanc. Douze illustrateurs et illustratrices nous apporteront leur imaginaire et  leur univers graphique particuliers. Ils et elles sont connus dans le monde de l’illustration et de la BD : Léonie Bischoff, Nathalie Bodin, Jean Christophe Chauzy, Laurence Clement, Kokor, Mako, Chantal Montellier, Anthony Pastor, Jeff Pourquié, Iris Pouy, Aude Samama, Silex

Rita San
Illustration de Mako

 

                                          

 

A.P.Project

Les musiciens

  M.Minelli et D.Delahaye, ont joué ensemble dans divers projets musicaux et théâtraux, mêlant jazz, chanson, musique africaine, musique électronique. Ils ont invité F.Duval, F. Jauvain  et A.Lécrivain pour travailler à des versions inédites, sous influence électro-jazz, tout en respectant l’esprit de la musique d’Art Pepper.

                                                            

A quoi va servir le financement ?

Les fonds vont d’abord servir à lancer la fabrication du livre et à rétribuer modestement tous les artistes participant à l’ouvrage. 

Autour de ce livre, nous comptons proposer toute une série d’initiatives artistiques et culturelles : des concerts bien sûr, mais aussi une exposition d’agrandissements des dessins, des lectures musicales, une pièce de théâtre et une conférence.

Nous partons sur une fabrication à mille exemplaires qui seront vendus à 30 euros en librairie après l’opération de financement participatif et sur lesquels nous toucheront à peu près 16 €. Si nous vendons les 350 restants après cette opération, nous envisageons de rétribuer le travail d’arrangement musical, une captation vidéo de deux titres, un retirage et le financement d‘une aide à la diffusion des initiatives que nous préparons.

À propos du porteur de projet

 Dominique Delahaye s'intéresse dès son plus jeune âge à la littérature, à la musique et au dessin. Nommé instituteur en 1976, il a mené parallèlement à sa vie professionnelle, des activités de musicien et d'auteur. Il s’est par ailleurs engagé dans la vie sociale et a occupé pendant un temps des responsabilités syndicales. Il est marié, aujourd’hui retraité, a deux enfants. Il vit et navigue sur une péniche avec laquelle il parcourt la France et l’Europe. Ses escales hivernales lui fournissent le cadre de ses derniers romans « L’année des fers chauds » Le Poulpe / Baleine 2014, « Si près d’Amsterdam » IN8 2015  et « Bombes »  2017 La Manufacture des livres. Il est l’auteur d’une dizaine de romans pour adultes et jeunesse, de scénarios de BD, et de spectacles théâtraux. Il est saxophoniste de jazz et anime le groupe « Swing-gum & bubble-jazz » avec lequel il a enregistré ses deux derniers CD. Il est le fondateur du collectif « Polaroids rock » et de la compilation du même nom, qui mêlent des textes d’auteurs de noir et la musique de groupes rock.