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AHIMSÂ l'instant neige

Roman graphique de BD de 240 pages

Carnet de BorD n°4 - Juin 2017

Une fois n’est pas coutume c’est le président des Dessin’Acteurs qui prend la plume (électronique) pour ce 4e opus du Carnet de BorD. Car si vous avez fais connaissance avec nos 2 “capitaines” nous n’avons pas beaucoup parlé de l’association qui porte le projet « Ahimsa l'instant neige ». Notre petite association est actuellement pilotée par un bureau de 3 personnes, Dominique la trésorière, Etienne, le secrétaire et moi même, Lionel, président depuis quelques années et bien entendu nous pouvons compter sur quelques bénévoles, comme dans toutes associations.

En tant que président j’ai pu, à l’époque, découvrir la création de A à Z d’un album comme « Faucheurs Volontaires » que certains d’entre vous ont reçu comme contribution. Pour cet ouvrage paru en 2010, le fil conducteur était de montrer un panorama des actions et de la vie des faucheurs volontaires, un album conçu comme pouvant servir de passeport pour comprendre pourquoi eux ils ont choisi de dire non ! Cela aura été une longue aventure où nous (association) avons pris des risques : financiers en empruntant de l’argent, mais aussi créatifs en proposant à un collectif d’auteurs de dessiner, d’illustrer ou d’écrire sur ce sujet. Mais nous sommes fiers du résultat !  

Alors quand nos 2 “capitaines” sont venus nous présenter ce nouveau projet « Ahimsa l'instant neige » nous avons décidé de le soutenir. Nous savions que cela serait compliqué, long, éprouvant même, mais au final nous sommes convaincu que le résultat sera, là aussi, à la hauteur de nos espérances.

Mais la vie sur un navire n’est pas simple, nous nous en doutions ... et après quelques semaines sans trop de nouvelles de nos 2 comparses, nous avons appris que des divergences faisaient jour dans le projet. Cela aura été l’occasion de faire le point et de signaler que vous, les contributeurs de ce projet, aviez besoin de savoir vers où voguait le “navire” Ahimsa. En effet le dernier carnet de BorD remonte à Décembre 2016 ce qui fait beaucoup … et en même temps peu dans la vie de la création d’ouvrage.

Toujours est-il que le “navire” aura dû traverser une zone de fortes tempêtes qui aura mené nos 2 “capitaines” à nous signaler que le projet n’allait plus se faire à deux … Ils vous expliquent cela dans cette première partie du Carnet de BorD.

La parole à Etienne pour commencer :

Chers contributeurs, chères contributrices, bonjour à toutes et tous,

Aujourd'hui est un jour particulier car je vous annonce mon départ du projet « Ahimsa l'instant neige » et laisse Dominique seul à la barre éditoriale. Soyez rassuré : cette décision mûrie et maintenant sereine n'engage pas son avenir, il y aura bien un roman graphique de bande dessinée sur le thème de la non-violence comme vous l'avez plébiscité en soutenant financièrement cette aventure.

J'en suis d'ailleurs encore personnellement très touché et j'ai beaucoup de gratitude pour cet élan collectif qui a permit de mettre sur les rails sa réalisation. Nonobstant notre approche du thème central qui s'est révélée petit à petit différente, et des problématiques humaines entre nous qui se sont déclarées pour l'heure insolubles, j'ai donc décidé de me retirer.

L'histoire poursuit dorénavant son chemin sous les crayons de Dominique comme vous pouvez le constater régulièrement dans les carnets de bords. Je souhaite à « Ahimsa l'instant neige » un bel avenir.

A vous toutes et tous je vous remercie de votre compréhension et, une nouvelle fois, de votre soutien.

Etienne

Etienne n’était pas que l’un de ces 2 “capitaines” à la barre du navire, il était aussi secrétaire de l’association. Et sa décision concernant le projet « Ahimsa l'instant neige » se sera accompagné de sa décision de démissionner de ce poste. Merci à lui d’avoir accompagné la vie des Dessin’Acteurs depuis « Faucheurs Volontaires », d’avoir apporté son énergie, ses envies, ses idées, ses compétences pour que le projet de notre association puisse se poursuivre. Bonne route pour ton nouveau projet de vie et à très bientôt !

Comme l’indique Etienne, Dom’ est maintenant seul … mais pour l’avoir rencontré et discuté avec lui il y a quelques jours, je peux vous assurer que le projet « Ahimsa l'instant neige » se poursuit (avec un peu de retard sur ce que nous avions prévu) mais qu’il se transforme aussi en quelque chose de beaucoup plus grand que ce que nous avions imaginé au départ (enfin moi je m’en doutais un peu connaissant plutôt bien l’ami Dom’, mais chut faut pas lui dire …).

Nous lui laissons la plume pour la suite de ce Carnet de BorD n°4 !

Voilà déjà cinq ans que le projet « AHIMSÂ l’instant neige » a débuté et un peu plus de deux ans que vous en êtes contributeur.

Les trois premières années, avec des moyens limités par rapport à l’étendue du sujet, le travail d’Etienne et le mien fût celui de l’introspection et des recherches, celui des rencontres et des voyages, celui des nombreuses pistes et hypothèses, l’exploration de la non-violence dans ses aspects les plus connus mais aussi les plus surprenants, certains doutes ou certitudes venant bousculer nos propres convictions.

En matière de création les choses sont toujours incertaines quand il s’agit d’imagination et de recherches, de gestations et de maturations, de mise au point d’une œuvre originale qui au final devra être compréhensible et abordable par tous.

Plus encore lorsqu’il s’agit d’une création inédite comme c’est le cas pour AHIMSÂ l’instant neige, car il s’agit de mettre à jour un thème et une approche narrative jamais traités et réalisés en bande dessiné! Les délais projetés en souffrent et nous pouvons seulement vous assurer de l’obstination et de la constance de notre travail pour ne pas dévier de l’ambition promise.

2 tômes pour « Ahimsa l'instant neige » !

De fait, raconter une histoire chorale avec une douzaine de personnages principaux qui ont chacun leur parcours de vie, qui se croisent, se rencontrent pour enfin faire vivre ensemble la non-violence, demandait de prendre le temps, donc des pages supplémentaires, pour installer le cheminement de chaque trajectoire individuelle et collective. Faire l’impasse sur leurs destinées pour aller directement aux aspects les plus spectaculaires du livre en laissant de côté leurs vies intimes et privées n’aurait pas permis de les connaître vraiment et de comprendre toutes les sources de leurs évolutions respectives.

C’est ce que permet la coupure du récit en deux tomes : offrir « deux temps » à chaque personnage. Le premier plus personnel, le second plus collectif, l’un et l’autre étant devenu indissociables. L’histoire a imposé son rythme et sa distance, les personnages se sont étoffés et ont demandé à s’installer sur la longueur! L’histoire s’est considérablement enrichie de par les thèmes qu’elle porte et notre collaboration entre Etienne et moi a permis cela.

A plus d’un titre, la part de chemin à deux auteurs, puis chacun de son côté, a fait ressembler nos itinéraires dans la vraie vie à ceux de personnages dans l’histoire d’AHIMSÂ : les routes sont faites pour se suivre, parfois s‘écarter pour mieux se recroiser ou se rejoindre plus loin. L’important est qu’elles ne s’opposent pas mais se complètent.

Ainsi je poursuis donc AHIMSÂ l’instant neige, plus résolu que jamais.

Dom

Story-board

Comment passe-t-on des 250 pages annoncées à un peu plus de 500, d’un seul album à deux tomes ? 500 pages, c’est l’équivalent de 11 albums BD cartonnés classiques ou l’équivalent de deux à trois romans graphiques. Soit une histoire qui s’installe sur une longue distance, multipliant d’autant le temps et les moyens de travail nécessaire. Pour illustrer l’ambition d’AHIMSÂ l’instant neige, le plus simple est de vous livrer l’exemple de la création d’une séquence.

Il y a au moins cinq étapes pour la réalisation d’une histoire en bande dessinée. D’abord celle abstraire et théorique des envies et des idées. Puis vient l’étape consistant à les rendre incarnées en les nourrissant d’explorations, de recherches et documentations diverses. Ensuite ce sera l’écriture d’un script plus ou moins détaillé pour construire la logique d’une histoire et établir les choix qui lui sont propres. S’en suit un story-board plus fourni qui met en place les personnages, l’ambiance, le rythme, les cadrages, le peaufinage des dialogues. En quelque sorte tout ce qui donnera « le style ». Enfin seulement peuvent exister les pages définitives « au propre ». Toutes ces étapes se nourrissent mutuellement, s’interpellent et enrichissent l’histoire en apportant des nouvelles idées, des améliorations, des bouleversements, des renoncements ou des avancées. Elles sont toutes importantes pour ciseler ce que deviendra le récit en définitive.

Il n’est pas facile de présenter toutes ces étapes car la plupart du temps elles sont un langage interne, c'est-à-dire qu’elles ne sont pas élaborées pour être montrées. Parce qu’elles sont le plus souvent « techniques » et pas toujours compréhensibles ou montrables en dehors du contexte général du récit. Il y a aussi que les révéler à l’avance tue la surprise alors qu’il s’agit d’aspects de l’histoire qu’on réserve pour la lecture du livre à découvrir.

Malgré tout, voici une courte séquence de cinq pages de story-board qui peut être partagée parce qu’elle s’articule autour d’une unité d’action, à savoir un jeu de société, et qu’elle peut en partie se lire indépendamment du reste de l’histoire :

Dans le premier script, juste avant la phase du story-board, il y avait seulement écrit « Brigitte est chez elle et reçoit un appel téléphonique important. » En texte, c’est court, ça va à l’essentiel, ça ne prend qu’une seule ligne. Traduit en pagination BD, cela n’aurait dû faire que cinq ou six cases, soit une demi-page dessinée. Mais voilà : dans la phrase il y a « est chez elle ».

Brigitte est présente dans toute l’histoire en tant que militante non-violente, très engagée dans les luttes contre le nucléaire ou les OGM. La plupart du temps nous la voyions sur le terrain et dans le cadre d’actions collective, le plus souvent spectaculaires. Mais, un moment, il devint important que nous fassions connaissance avec elle également dans le cadre de sa vie privée afin de comprendre l’origine de son histoire et de ses engagements : chez elle, en couple, avec sa famille, à son travail ou dans ses diverses occupations. Dès lors sont apparus sa fille, son petit fils et sa petite fille. Cette dernière ayant certains comportements d’autisme, l’occasion de présenter également l’investissement de Brigitte auprès des enfants répondait à plusieurs thèmes et exigences déjà existants à d’autres endroits de l‘histoire. L’idée d’une tablée autour d’un jeu s’est progressivement imposée comme un prétexte idéal pour réunir sa famille.

Seulement voilà, dans « jeu de société », il y a aussi le mot « société ». Explorer les divers sens que recouvraient cet intitulé - « être en société », « faire société », « la famille comme société en minuscule » - donnait des perspectives nouvelles à cette séquence.

Dès lors, quel jeu de société choisir pour incarner une métaphore sociétale? Il aurait été plus simple de choisir un jeu déjà existant et connu de tous (et cela aurait pris moins de temps et de travail) : « Le mille bornes » : un jeu de bagnoles polluantes? Bof ! « Le Monopoly » : une compétition sur l’argent spéculatif, sans conflits mais où chacun roule pour sa grosse pomme ? (savez-vous qu’à ce jour il a été imprimé dans le monde plus de billets factices pour le jeu du Monopoly que d’authentiques billets par la banque centrale des Etats-Unis ?).

Les jeux de société disent effectivement beaucoup sur nos sociétés et ce dernier comme beaucoup d’autres ne pouvaient pas coller avec Brigitte et ses velléités pédagogiques.

Dès lors il était trop tentant d’inventer spécialement pour la BD un jeu inédit et original, qui suscite curiosité et réflexions pour les joueurs comme pour les lecteurs. Un jeu qui ne serait pas parfait lui non plus mais qui serait à l’image de la période que traverse Brigitte. Ainsi est né le jeu « DAHU ». Encore fallait-il concevoir ce jeu, qu’il soit crédible et tienne la route, qu’on ait envie d’y jouer!

Ainsi, se sont mis en place, petit à petit, pour une séquence qui ne devait originellement être qu’un simple raccord, des développements et des enjeux latéraux (rapport mère-fille, éducation, couple lesbien, enfant « différent», tensions latentes dues à la fatigue au quotidien,…) qui ont peu à peu grossi la petite phrase du début pour devenir une séquence à part entière avec de multiples développements et corrélations entre elle et d’autres passages du livre. Ainsi ce qui devait ne prendre qu’une demi-page du livre prend désormais quatre à cinq pages de plus. Voilà comment une petite phrase du scénario devient plusieurs jours de travail supplémentaires !

Beaucoup de films ou de romans très connus et appréciés ont ainsi pris beaucoup plus de volume et de temps que prévu, parfois des années, et explosé délais et budget avant d’aboutir. Mais le plus souvent nous l’ignorons car nous, public, nous les avons découvert seulement une fois terminés, comme tombant à l’instant du ciel : il n’y a pas eu d’attente, seulement la surprise du résultat présenté.

Avec AHIMSÂ nous sommes dans la situation particulière où nous vous avons invités à suivre en amont le cheminement d’une création. En découvrant les coulisses de ce travail, vous découvrez les gestations et implications que sont les cheminements, parfois les errements et les incertitudes, d’une histoire qui s’installe, d’une histoire lorsqu’elle prend corps et organise sa logique et ses impératifs narratifs; l’histoire invente ses thèmes et ses passerelles pour s’en retrouver enrichie et renforcée. Ficeler tout cela jusqu’à son point d’équilibre est incertain jusqu’au bout et le résultat, subjectif, a l’obligation de satisfaire à toutes les attentes qu’elle a suscité.

C’est ce long travail de création qui est en cours, toujours en cours, avec patience, résolution et pertinence, il faut espérer.

Personnages

Thomas et Côme sont deux des personnages principaux d’AHIMSÂ l’instant neige. Ils ont l’un et l’autre à peu près le même âge. Le premier est un jeune paysan bio qui fait pousser ses céréales et ses légumes sur un lieu de vie collectif où il vit dans une yourte avec sa compagne et leurs trois enfants. Le second est éducateur spécialisé auprès d’enfants autistes mais, baladin solitaire, il prend tous les sept ans une année sabbatique pour aller au hasard sur les routes à la rencontre des autres, de leurs vies et de leurs histoires. Tous deux ont en commun d’être clown amateur : le premier en tant que militant activiste, le second en intervenant comme clown dans les services hospitaliers. Tous deux se rencontrent en début d’histoire… autour d’un nez rouge !

Très vite, leur amitié nouvelle les poussera à imaginer un spectacle en duo. Très vite également ils découvriront que derrière leurs nez rouges respectifs se cachent de raisons très différentes de prendre le masque de clown : faire rire les autres pour exprimer ses propres colères ou se grimer pour laisser couler pudiquement ses larmes !

Les mots qui disent la non-violence

Joyeux printemps

Merci Dom’ ! Ce nouveau Carnet de BorD aura permis, je pense, de prendre conscience de ce que sera Ahimsa, l’instant neige. Et nous entrons un peu plus dans cet univers si particuliers qui est le vôtre, artistes !

Je profite d’avoir la plume pour vous indiquer que vous pouvez nous contacter par email (contact@lesdessinacteurs.org). Nous vous apporterons les réponses aux questions que vous vous posez …  mais soyez indulgents pour les délais de réponses car nous sommes bénévoles !

Lionel

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  • Dragon Halluucinai

    Merci pour ces nouvelles !
    Je sais pas si on doit être triste (du départ d’Étienne) ou heureux (que deux tomes verront le jour) , peut-être un peu des deux ?

    J'ai eu un début de réponse à mon commentaire d'hier dans ce story-board, je suppose que j'aurai la surprise pour le reste ^^

    Si je peux suggérer l'idée de consulter l'équipage (les contributeurs) si jamais vous avez des divergences sur la destination navire (au moins pour savoir ce qu'il en pense ;)
    Après pour les relations entre capitaines, c'est une autre histoire ^^

    Forcément j'ai plein de questions : une idée des nouveaux délais ? Les deux tomes sont compris dans notre souscription ou il y aura une nouvelle campagne de financement ? Est-ce que les éléments qui nous ont déjà été présentés seront présent dans l'ouvrage malgré le départ d’Étienne ? ...

    Bon je me doute que vous n'avez sans doute pas toutes les réponses mais ça coûte rien de demander :)

    A bientôt