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AHIMSÂ l'instant neige

Roman graphique de BD de 240 pages

Carnet de BorD n°1 - Avril 2016

« Divisés nous sommes KO, rassemblés nous sommes OK »

Odile, une amie Dessin’Actrice, nous a envoyé cette phrase. L’année dernière, alors que nous venions tout juste de lancer notre financement participatif, survenaient les attentats de Charlie et de l’épicerie kacher.

Cette semaine, à l’heure de rédiger ce premier numéro de notre CARNET DE BorD bimestriel, surviennent ceux de Bruxelles. Entre-temps il y a eu ceux de Paris, mais aussi ceux d’Istanbul, ceux de Beyrouth et tant d’autres que nous ne pouvons tout autant ignorer ou oublier.

La stupeur, la sidération et l’effroi portent les uns vers des injonctions à l’amour et les autres vers des incantations à la peur ou à la guerre. Les mots nous dépassent mais traduisent la part en nous faite de l’amour ou des peurs que nous avons reçu depuis notre enfance et que nous transmettons à notre tour.

Pas facile de trouver un dessin simple qui traduirait ce trouble complexe tapit au fond du crayon, qui bouleverserait la donne et transcenderait ce qui est parfois vécu comme une fatalité, qui dirait que la non-violence doit être active, plus que jamais !

Livrets et cartes postales

La majeure partie de nos chers contributeurs nous ont confirmé avoir bien reçu leurs contreparties et nous en sommes heureux et soulagés. Néanmoins, nous ne parvenons toujours pas à obtenir les adresses postales d’une trentaine d’entre vous: soit les adresses mails ne donnent pas de noms explicites soit nos tentatives de liaisons n’obtiennent pas de réponses.

Si vous étiez dans ce cas ou si vous connaissiez des personnes en attente de notre courrier, merci à vous par avance de nous le signaler : il est toujours temps de faire plaisir !

L’équipage

Ce mois-ci une nouvelle personne, Isabelle, a rejoint notre équipe. Elle devient, pour la région Grenoble-Lyon, notre ambassadrice Ahimsâ. Les membres de l’association Les DESSIN’Acteurs vivent en Bretagne, en Anjou, en région Centre ou sur la région parisienne et nous vous proposerons dans un prochain CARNET DE BorD de devenir vous aussi si vous le désirez ambassadeur ou ambassadrice dans votre région afin de donner encore plus de voilure à notre bateau …

Avec Isabelle, nous formions un trio au salon Primevère de Lyon fin février : trois jours riches et denses à présenter notre exposition « Tout va de traviole ! » ainsi que le projet AHIMSÂ. De belles rencontres et une quinzaine de nouveaux contributeurs nous ont fais confiance et sont montés avec nous à bord…

Sur le pont

Nous tâcherons de ne pas abuser des métaphores maritimes dans nos Carnet de BorD mais il faut bien dire que le vaste local qu’un ami nous a prêté depuis début septembre pour installer notre atelier d’écriture ressemble bel et bien au château arrière d’un trois mât du XVIII siècle.

Vaste, boisé, lumineux, ce lieu hors du temps nous a permis d’afficher sur une vingtaine de panneaux mobiles tous nos documents et toutes nos notes accumulées depuis trois ans. Un coup d’œil nous permet de visualiser en temps réel la progression de notre scénario et de regrouper les informations et les éléments d’histoires se rapportant à chacun de nos personnages et à chacune de nos séquences. Etape par étape, nous réduisons notre surface en recoupant les faits qui constituent le squelette et la chair de notre récit, que nous affinons ensuite en l’habillant progressivement avec tous les ingrédients qui le rendront incarné.

Textes, fiches, documents, crobars, photos, pièces de dialogues et éléments de langage se croisent, se superposent et nous permettent de trouver le ton et la justesse des scènes et des dialogues, de voir ce qui colle ou non, de lister les questions à résoudre et répertorier les recherches encore à faire.

La phase du story-board (brouillons rapides des pages) permet de faire vivre les personnages, de les voir enfin bouger et parler, de choisir des cadrages et des découpages traduisant au mieux leurs personnalités et leurs parcours, de mettre en scène les situations et voir comment elles fonctionnent. Ce moment est le plus agréable et le plus stimulant : on corrige un détail, on découvre une passerelle entre deux éléments qui étaient là mais entre lesquels nous n’avions pas encore fait le lien nous permettant de créer soit un raccourci soit de faire naître une métaphore.

C’est à ce stade également qu’on « entend » nos personnages, qu’on ressent comment ils parlent, que s’affirment les spécificités de langage de chacun d’eux, qu’on « sait » en somme s’ils sonnent « vrai » ou pas. C’est le moment où ils commencent à nous échapper, à exister selon leurs logiques propres : nous ne pouvons plus leur faire faire ou dire n’importe quoi !

Alors relecture après relecture, la vie s’installe et avec elle la certitude que l’histoire est là, qu’elle tient la route, qu’elle a du sens et traduit bien notre propos.

Parfois, le plus difficile est de parvenir à retirer une idée qui nous semblait bonne en théorie mais qui s’avère finalement en trop dans le déroulement de la trame: elle était soit hors-sujet, soit parachutée, sois redondante. C’est dur de sacrifier une idée que l’un trouvait « géniale » mais qui ne plaisait pas à l’autre ! Là, ce sont souvent les lectures des proches et l’écoute de leurs critiques qui, seules, parviennent à nous faire y renoncer et à les retirer du récit…

De même il faut guetter les fausses bonnes pistes qui noient l’essentiel ou qui se révèlent incompréhensibles à la lecture.

C’est enfin aussi sur le story-board que l’on traque les fautes de rythme, les fautes dortaugraffes, … voire les fautes de goût ! Evidement, rien n’empêche d’en faire volontairement pour s’imaginer titiller nos futurs lecteurs : après tout, « faire violence au lecteur» peut aussi faire partie de notre sujet …

Ensuite seulement pourront être dessinées « au propre » les pages définitives.

Salons et festivals

Festival BD de Château-Gonthier en octobre de l’année dernière, forum social de Séné en janvier cette année, salon Primevère de Lyon en février : notre stand des Dessin’Acteurs nous permet de rencontrer quelques uns des contributeurs d’Ahimsâ, de partager notre démarche et de créer de nouveaux liens pour recueillir des témoignages sur la non-violence.

En mai prochain, le 14, nous serons également présents à Paris pour le NV Day (voir l’appel à financement participatif un peu plus bas) ainsi qu’en juillet sur une ou deux étapes de l’Altertour lorsqu’il fera son passage en Bretagne. Nous vous invitons bien sûr à venir nombreux à ces occasions nous offrir un petit bonjour !

Les bordées du mois

Non-violence XXI, Le MAN et l’AFC ont lancé avec de nombreux partenaires une campagne de financement participatif sur le site Ulule, dans le but de financer le N-V Day 2016: un jour pour la Non-Violence, le 14 Mai à Paris. Pour soutenir le projet, vous pouvez vous rendre sur : https://fr.ulule.com/non-violence/

Découvrez le programme de ce jour exceptionnel sur la non-violence et choisissez votre cadeau avec votre don. Surtout, n'oubliez-pas de partager l'information auprès de votre entourage!

Merci pour votre engagement non-violent, rendez-vous le 14 Mai à Paris, pour participer aux tables rondes, aux ateliers et au concert final de NV-Day 2016 !

Il y a quelques années, deux DESSIN’Acteurs se rendaient à Tchernobyl et rapportaient un témoignage graphique sur la vie dans un petit village ukrainien après la catastrophe nucléaire. Les illustrations de Gildas Chasseboeuf et d’Emmanuel Lepage firent l’objet de notre premier livre « Les fleurs de Tchernobyl » qui, vite épuisé, fut ensuite réédité par La BOITE à BULLES. Emmanuel en fit également un récit en bande dessinée, « Un printemps à Tchernobyl » édité chez Futuropolis, racontant l’histoire de ce voyage.

Dans un mois, ce sera déjà le trentième anniversaire de cette catastrophe (l’explosion du réacteur Ukrainien, pas le livre !): nombreux seront ceux qui n’ont pas oublié, nombreux seront ceux qui témoigneront en divers lieux par des manifestations non-violence leur opposition à la folie nucléaire.  

 

 

Nous, nous serons à Brennilis dans les monts d’Arrée où de nombreuses créations de divers auteurs seront reproduits sur des bâches et exposées face au scandale d’une centrale « qu’ils ne savent pas démanteler » !  

Nous vous invitons également à découvrir « Revenge », un film dramatique Suédo-Danois écrit pas Anders THOMAS et réalisé en 2010 par Susanne BIER. Ce film a reçu de nombreux prix dont l’Oscar du meilleur film en langue étrangère et un Golden Globe… mais nous, nous venons seulement de le visionner !

Depuis le début de notre entreprise, nous avions posé comme postulat que la non-violence constituerait les ressorts narratifs pour faire avancer notre histoire, mais c’est la première fois, à notre connaissance, que nous découvrons une fiction qui s’appuie effectivement et clairement sur ce même choix au travers de son personnage principal. Où l’on découvre que les choses ne sont jamais simples : dans ce film la non-violence, ou plutôt l’incompréhension et la non-culture de la non-violence génère … de la violence ! Troublant pour nous et nouveaux sujets de questionnements et de réflexions.

Dans notre livret bande annonce Ahimsâ nous faisions la conclusion qu’à l’instar de la violence, la non-violence s’appuie elle aussi sur un passé, sur une culture en amont, afin de pouvoir exister et être opérante le moment venu : elle ne tombe pas spontanément du ciel quand advient une violence et ce film nous aide un peu plus encore à en décortiquer les mécanismes… et le chemin qu’il reste à faire.

Cela nous confirme l’idée qu’une culture de la non-violence est la seule issue pour un présent et un futur bâtissant un autre rapport aux violences.

Dessin cochon

Prochain Carnet de BorD dans deux mois, puis le suivant deux mois après et ainsi de suite. Nous allons essayer désormais de vous donner des nouvelles plus régulièrement sur l’avancée des pages, nos recherches, les rendez-vous possibles pour nous rencontrer, nos sources d’inspirations…

De même beaucoup de questions nous sont posées et nous ferons également notre possible pour y répondre. Une contributrice nous a par exemple demandé si nous aborderions dans notre fiction la violence faite aux animaux. Dom répond provisoirement par un petit dessin extrait de son précédent ouvrage « Tout va de traviole! ». A suivre !...