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AHIMSÂ l'instant neige

Roman graphique de BD de 240 pages

  • Carnet de BorD n°4 - Juin 2017

    Une fois n’est pas coutume c’est le président des Dessin’Acteurs qui prend la plume (électronique) pour ce 4e opus du Carnet de BorD. Car si vous avez fais connaissance avec nos 2 “capitaines” nous n’avons pas beaucoup parlé de l’association qui porte le projet « Ahimsa l'instant neige ». Notre petite association est actuellement pilotée par un bureau de 3 personnes, Dominique la trésorière, Etienne, le secrétaire et moi même, Lionel, président depuis quelques années et bien entendu nous pouvons compter sur quelques bénévoles, comme dans toutes associations.

    En tant que président j’ai pu, à l’époque, découvrir la création de A à Z d’un album comme « Faucheurs Volontaires » que certains d’entre vous ont reçu comme contribution. Pour cet ouvrage paru en 2010, le fil conducteur était de montrer un panorama des actions et de la vie des faucheurs volontaires, un album conçu comme pouvant servir de passeport pour comprendre pourquoi eux ils ont choisi de dire non ! Cela aura été une longue aventure où nous (association) avons pris des risques : financiers en empruntant de l’argent, mais aussi créatifs en proposant à un collectif d’auteurs de dessiner, d’illustrer ou d’écrire sur ce sujet. Mais nous sommes fiers du résultat !  

    Alors quand nos 2 “capitaines” sont venus nous présenter ce nouveau projet « Ahimsa l'instant neige » nous avons décidé de le soutenir. Nous savions que cela serait compliqué, long, éprouvant même, mais au final nous sommes convaincu que le résultat sera, là aussi, à la hauteur de nos espérances.

    Mais la vie sur un navire n’est pas simple, nous nous en doutions ... et après quelques semaines sans trop de nouvelles de nos 2 comparses, nous avons appris que des divergences faisaient jour dans le projet. Cela aura été l’occasion de faire le point et de signaler que vous, les contributeurs de ce projet, aviez besoin de savoir vers où voguait le “navire” Ahimsa. En effet le dernier carnet de BorD remonte à Décembre 2016 ce qui fait beaucoup … et en même temps peu dans la vie de la création d’ouvrage.

    Toujours est-il que le “navire” aura dû traverser une zone de fortes tempêtes qui aura mené nos 2 “capitaines” à nous signaler que le projet n’allait plus se faire à deux … Ils vous expliquent cela dans cette première partie du Carnet de BorD.

    La parole à Etienne pour commencer :

    Chers contributeurs, chères contributrices, bonjour à toutes et tous,

    Aujourd'hui est un jour particulier car je vous annonce mon départ du projet « Ahimsa l'instant neige » et laisse Dominique seul à la barre éditoriale. Soyez rassuré : cette décision mûrie et maintenant sereine n'engage pas son avenir, il y aura bien un roman graphique de bande dessinée sur le thème de la non-violence comme vous l'avez plébiscité en soutenant financièrement cette aventure.

    J'en suis d'ailleurs encore personnellement très touché et j'ai beaucoup de gratitude pour cet élan collectif qui a permit de mettre sur les rails sa réalisation. Nonobstant notre approche du thème central qui s'est révélée petit à petit différente, et des problématiques humaines entre nous qui se sont déclarées pour l'heure insolubles, j'ai donc décidé de me retirer.

    L'histoire poursuit dorénavant son chemin sous les crayons de Dominique comme vous pouvez le constater régulièrement dans les carnets de bords. Je souhaite à « Ahimsa l'instant neige » un bel avenir.

    A vous toutes et tous je vous remercie de votre compréhension et, une nouvelle fois, de votre soutien.

    Etienne

    Etienne n’était pas que l’un de ces 2 “capitaines” à la barre du navire, il était aussi secrétaire de l’association. Et sa décision concernant le projet « Ahimsa l'instant neige » se sera accompagné de sa décision de démissionner de ce poste. Merci à lui d’avoir accompagné la vie des Dessin’Acteurs depuis « Faucheurs Volontaires », d’avoir apporté son énergie, ses envies, ses idées, ses compétences pour que le projet de notre association puisse se poursuivre. Bonne route pour ton nouveau projet de vie et à très bientôt !

    Comme l’indique Etienne, Dom’ est maintenant seul … mais pour l’avoir rencontré et discuté avec lui il y a quelques jours, je peux vous assurer que le projet « Ahimsa l'instant neige » se poursuit (avec un peu de retard sur ce que nous avions prévu) mais qu’il se transforme aussi en quelque chose de beaucoup plus grand que ce que nous avions imaginé au départ (enfin moi je m’en doutais un peu connaissant plutôt bien l’ami Dom’, mais chut faut pas lui dire …).

    Nous lui laissons la plume pour la suite de ce Carnet de BorD n°4 !

    Voilà déjà cinq ans que le projet « AHIMSÂ l’instant neige » a débuté et un peu plus de deux ans que vous en êtes contributeur.

    Les trois premières années, avec des moyens limités par rapport à l’étendue du sujet, le travail d’Etienne et le mien fût celui de l’introspection et des recherches, celui des rencontres et des voyages, celui des nombreuses pistes et hypothèses, l’exploration de la non-violence dans ses aspects les plus connus mais aussi les plus surprenants, certains doutes ou certitudes venant bousculer nos propres convictions.

    En matière de création les choses sont toujours incertaines quand il s’agit d’imagination et de recherches, de gestations et de maturations, de mise au point d’une œuvre originale qui au final devra être compréhensible et abordable par tous.

    Plus encore lorsqu’il s’agit d’une création inédite comme c’est le cas pour AHIMSÂ l’instant neige, car il s’agit de mettre à jour un thème et une approche narrative jamais traités et réalisés en bande dessiné! Les délais projetés en souffrent et nous pouvons seulement vous assurer de l’obstination et de la constance de notre travail pour ne pas dévier de l’ambition promise.

    2 tômes pour « Ahimsa l'instant neige » !

    De fait, raconter une histoire chorale avec une douzaine de personnages principaux qui ont chacun leur parcours de vie, qui se croisent, se rencontrent pour enfin faire vivre ensemble la non-violence, demandait de prendre le temps, donc des pages supplémentaires, pour installer le cheminement de chaque trajectoire individuelle et collective. Faire l’impasse sur leurs destinées pour aller directement aux aspects les plus spectaculaires du livre en laissant de côté leurs vies intimes et privées n’aurait pas permis de les connaître vraiment et de comprendre toutes les sources de leurs évolutions respectives.

    C’est ce que permet la coupure du récit en deux tomes : offrir « deux temps » à chaque personnage. Le premier plus personnel, le second plus collectif, l’un et l’autre étant devenu indissociables. L’histoire a imposé son rythme et sa distance, les personnages se sont étoffés et ont demandé à s’installer sur la longueur! L’histoire s’est considérablement enrichie de par les thèmes qu’elle porte et notre collaboration entre Etienne et moi a permis cela.

    A plus d’un titre, la part de chemin à deux auteurs, puis chacun de son côté, a fait ressembler nos itinéraires dans la vraie vie à ceux de personnages dans l’histoire d’AHIMSÂ : les routes sont faites pour se suivre, parfois s‘écarter pour mieux se recroiser ou se rejoindre plus loin. L’important est qu’elles ne s’opposent pas mais se complètent.

    Ainsi je poursuis donc AHIMSÂ l’instant neige, plus résolu que jamais.

    Dom

    Story-board

    Comment passe-t-on des 250 pages annoncées à un peu plus de 500, d’un seul album à deux tomes ? 500 pages, c’est l’équivalent de 11 albums BD cartonnés classiques ou l’équivalent de deux à trois romans graphiques. Soit une histoire qui s’installe sur une longue distance, multipliant d’autant le temps et les moyens de travail nécessaire. Pour illustrer l’ambition d’AHIMSÂ l’instant neige, le plus simple est de vous livrer l’exemple de la création d’une séquence.

    Il y a au moins cinq étapes pour la réalisation d’une histoire en bande dessinée. D’abord celle abstraire et théorique des envies et des idées. Puis vient l’étape consistant à les rendre incarnées en les nourrissant d’explorations, de recherches et documentations diverses. Ensuite ce sera l’écriture d’un script plus ou moins détaillé pour construire la logique d’une histoire et établir les choix qui lui sont propres. S’en suit un story-board plus fourni qui met en place les personnages, l’ambiance, le rythme, les cadrages, le peaufinage des dialogues. En quelque sorte tout ce qui donnera « le style ». Enfin seulement peuvent exister les pages définitives « au propre ». Toutes ces étapes se nourrissent mutuellement, s’interpellent et enrichissent l’histoire en apportant des nouvelles idées, des améliorations, des bouleversements, des renoncements ou des avancées. Elles sont toutes importantes pour ciseler ce que deviendra le récit en définitive.

    Il n’est pas facile de présenter toutes ces étapes car la plupart du temps elles sont un langage interne, c'est-à-dire qu’elles ne sont pas élaborées pour être montrées. Parce qu’elles sont le plus souvent « techniques » et pas toujours compréhensibles ou montrables en dehors du contexte général du récit. Il y a aussi que les révéler à l’avance tue la surprise alors qu’il s’agit d’aspects de l’histoire qu’on réserve pour la lecture du livre à découvrir.

    Malgré tout, voici une courte séquence de cinq pages de story-board qui peut être partagée parce qu’elle s’articule autour d’une unité d’action, à savoir un jeu de société, et qu’elle peut en partie se lire indépendamment du reste de l’histoire :

    Dans le premier script, juste avant la phase du story-board, il y avait seulement écrit « Brigitte est chez elle et reçoit un appel téléphonique important. » En texte, c’est court, ça va à l’essentiel, ça ne prend qu’une seule ligne. Traduit en pagination BD, cela n’aurait dû faire que cinq ou six cases, soit une demi-page dessinée. Mais voilà : dans la phrase il y a « est chez elle ».

    Brigitte est présente dans toute l’histoire en tant que militante non-violente, très engagée dans les luttes contre le nucléaire ou les OGM. La plupart du temps nous la voyions sur le terrain et dans le cadre d’actions collective, le plus souvent spectaculaires. Mais, un moment, il devint important que nous fassions connaissance avec elle également dans le cadre de sa vie privée afin de comprendre l’origine de son histoire et de ses engagements : chez elle, en couple, avec sa famille, à son travail ou dans ses diverses occupations. Dès lors sont apparus sa fille, son petit fils et sa petite fille. Cette dernière ayant certains comportements d’autisme, l’occasion de présenter également l’investissement de Brigitte auprès des enfants répondait à plusieurs thèmes et exigences déjà existants à d’autres endroits de l‘histoire. L’idée d’une tablée autour d’un jeu s’est progressivement imposée comme un prétexte idéal pour réunir sa famille.

    Seulement voilà, dans « jeu de société », il y a aussi le mot « société ». Explorer les divers sens que recouvraient cet intitulé - « être en société », « faire société », « la famille comme société en minuscule » - donnait des perspectives nouvelles à cette séquence.

    Dès lors, quel jeu de société choisir pour incarner une métaphore sociétale? Il aurait été plus simple de choisir un jeu déjà existant et connu de tous (et cela aurait pris moins de temps et de travail) : « Le mille bornes » : un jeu de bagnoles polluantes? Bof ! « Le Monopoly » : une compétition sur l’argent spéculatif, sans conflits mais où chacun roule pour sa grosse pomme ? (savez-vous qu’à ce jour il a été imprimé dans le monde plus de billets factices pour le jeu du Monopoly que d’authentiques billets par la banque centrale des Etats-Unis ?).

    Les jeux de société disent effectivement beaucoup sur nos sociétés et ce dernier comme beaucoup d’autres ne pouvaient pas coller avec Brigitte et ses velléités pédagogiques.

    Dès lors il était trop tentant d’inventer spécialement pour la BD un jeu inédit et original, qui suscite curiosité et réflexions pour les joueurs comme pour les lecteurs. Un jeu qui ne serait pas parfait lui non plus mais qui serait à l’image de la période que traverse Brigitte. Ainsi est né le jeu « DAHU ». Encore fallait-il concevoir ce jeu, qu’il soit crédible et tienne la route, qu’on ait envie d’y jouer!

    Ainsi, se sont mis en place, petit à petit, pour une séquence qui ne devait originellement être qu’un simple raccord, des développements et des enjeux latéraux (rapport mère-fille, éducation, couple lesbien, enfant « différent», tensions latentes dues à la fatigue au quotidien,…) qui ont peu à peu grossi la petite phrase du début pour devenir une séquence à part entière avec de multiples développements et corrélations entre elle et d’autres passages du livre. Ainsi ce qui devait ne prendre qu’une demi-page du livre prend désormais quatre à cinq pages de plus. Voilà comment une petite phrase du scénario devient plusieurs jours de travail supplémentaires !

    Beaucoup de films ou de romans très connus et appréciés ont ainsi pris beaucoup plus de volume et de temps que prévu, parfois des années, et explosé délais et budget avant d’aboutir. Mais le plus souvent nous l’ignorons car nous, public, nous les avons découvert seulement une fois terminés, comme tombant à l’instant du ciel : il n’y a pas eu d’attente, seulement la surprise du résultat présenté.

    Avec AHIMSÂ nous sommes dans la situation particulière où nous vous avons invités à suivre en amont le cheminement d’une création. En découvrant les coulisses de ce travail, vous découvrez les gestations et implications que sont les cheminements, parfois les errements et les incertitudes, d’une histoire qui s’installe, d’une histoire lorsqu’elle prend corps et organise sa logique et ses impératifs narratifs; l’histoire invente ses thèmes et ses passerelles pour s’en retrouver enrichie et renforcée. Ficeler tout cela jusqu’à son point d’équilibre est incertain jusqu’au bout et le résultat, subjectif, a l’obligation de satisfaire à toutes les attentes qu’elle a suscité.

    C’est ce long travail de création qui est en cours, toujours en cours, avec patience, résolution et pertinence, il faut espérer.

    Personnages

    Thomas et Côme sont deux des personnages principaux d’AHIMSÂ l’instant neige. Ils ont l’un et l’autre à peu près le même âge. Le premier est un jeune paysan bio qui fait pousser ses céréales et ses légumes sur un lieu de vie collectif où il vit dans une yourte avec sa compagne et leurs trois enfants. Le second est éducateur spécialisé auprès d’enfants autistes mais, baladin solitaire, il prend tous les sept ans une année sabbatique pour aller au hasard sur les routes à la rencontre des autres, de leurs vies et de leurs histoires. Tous deux ont en commun d’être clown amateur : le premier en tant que militant activiste, le second en intervenant comme clown dans les services hospitaliers. Tous deux se rencontrent en début d’histoire… autour d’un nez rouge !

    Très vite, leur amitié nouvelle les poussera à imaginer un spectacle en duo. Très vite également ils découvriront que derrière leurs nez rouges respectifs se cachent de raisons très différentes de prendre le masque de clown : faire rire les autres pour exprimer ses propres colères ou se grimer pour laisser couler pudiquement ses larmes !

    Les mots qui disent la non-violence

    Joyeux printemps

    Merci Dom’ ! Ce nouveau Carnet de BorD aura permis, je pense, de prendre conscience de ce que sera Ahimsa, l’instant neige. Et nous entrons un peu plus dans cet univers si particuliers qui est le vôtre, artistes !

    Je profite d’avoir la plume pour vous indiquer que vous pouvez nous contacter par email (contact@lesdessinacteurs.org). Nous vous apporterons les réponses aux questions que vous vous posez …  mais soyez indulgents pour les délais de réponses car nous sommes bénévoles !

    Lionel

  • Carnet de BorD n°3 - Décembre 2016

     

    A l’origine, tendre sa main paume ouverte vers quelqu’un pour lui donner le bonjour avait comme sens de montrer à l’autre que l’on n’avait pas de couteau dans la main et donc que l’on avait, sinon des intentions bienveillantes, en tout cas celle de vouloir faire une trêve ou mettre momentanément de côté toute intention hostile. « A l’origine » n’est sans doute pas le terme exact puisque « avant » il y avait sans doute des pratiques moins sociales, voir plus rudes, que chacun peut aisément imaginer. Toujours est-il que cela sous entend que les hommes ont, avec le temps, fait quelques progrès de civilité ou, en tout cas, sont parvenus à établir un code désormais reconnu de tous. Chacun peut avec son libre arbitre proposer à son prochain l’espoir que le pire n’est jamais écrit d’avance et que le meilleur est ou sera possible.

    Aujourd’hui le geste peut être devenu une politesse machinale ayant parfois perdu toute signification de fond. Dès lors, peut-on le considérer comme une intention « non-violente » ? Il y a quelques semaines, un sportif olympique refusait de serrer la main de son adversaire au terme de l’épreuve qui venait de les opposer. Pour des raisons politiques et religieuses semble-t-il. Cela nous a donné l’envie de poser la question de savoir si refuser de donner une poignée de main à une personne qui vous a fait du tort ou qui a eu un comportement détestable envers vous, voir pire, était une attitude violente ou non-violente.

    On peut juger légitime d’affirmer un sentiment envers quelqu’un en lui refusant sa main tendue tout comme on peut estimer devoir dépasser ses ressentiments et l’accorder tout de même. Dans la position inverse, on peut souffrir terriblement de s’être vu refuser la main qu’on tendait, tout comme on peut avoir apprécié de se l’être vu tendue et ainsi s’être vu accordé un retour de confiance faisant évoluer une situation bloquée!

    Peut-être avez-vous fait l’expérience heureuse ou amère de ces quatre situations – donner ou refuser une poignée de main, s’en voir accorder ou refuser une - et nous serions ravi que vous nous fassiez la narration de vos vécus personnels afin de nous puissions nous en inspirer dans le cadre de notre roman BD de fiction « AHIMSÂ l’instant neige »… notamment si l’un de ces cas de figure vous a semblé débloquer un conflit ou offrir la possibilité d’une évolution par rapport à la situation qui présidait « avant ». En d’autres termes, si le fait d’avoir opté pour tel ou tel parti pris aura changé quelque chose ou aura laissé la situation figée ? Nous vous remercions par avance pour vos envois.

    Bonne lecture de ce nouveau CARNET DE BorD et « bise » pour tous en ces fêtes de fin d’année!  

    FARINE

    En cette période de Noël, nos pensées vont aux habitants d’Alep et aux victimes des attentats de Berlin. Les violences n’ont pas de trêve et il est parfois difficile de garder le cap de ses convictions non violentes là où certaines âmes cèdent aux replis primaires ou aux harangues belliqueuses.

    AHIMSÂ l’instant neige naviguera dans ces eaux périlleuses et traitera par la fiction de nos doutes, de nos espoirs et surtout de l’utopie réaliste et concrète que propose la non violence.

    A cette fin, le graphisme de notre bande dessinée sera traité dans un style réaliste et concret, parfois sec et sombre - comment faire autrement - mais aussi lumineux et généreux, nous l’espérons!

    Cependant, l’un de nos personnages sera tout à fait atypique dans le fil de notre récit : il s’agit de Farine et c’est elle que nous avons choisi de vous présenter pour ce CARNET DE BorD des fêtes.

    Sorte de petit prince au féminin, elle est « une esquisse ayant pris vie », qui s’invitera en contrepoint dans la réalité de certains de nos personnages et apportera sa candeur et sa poésie là où les mots ne sauront pas toujours dire l’indicible. Pas question de vous en révéler plus dès à présent - qui elle est, où elle vie, et quel sera son cheminement dans l’histoire - mais nous avons pensé que sa silhouette fragile et paisible serait douce à nos états d’âmes présents.

    Farine est née il y a déjà quelques année sous le crayon de Dom et, avec la complicité du scénariste Gégé, a vécu pendant un an de petites histoires dans les pages du journal « Moi je lis » de éditions MILAN jeunesse. Depuis, elle réapparut spontanément au cours d’une séance d’écriture d’AHIMSÂ et a pris une place singulière au fil des pages de notre histoire. En attendant de découvrir ses aventures à la parution d’AHIMSÂ, nous espérons que vous lui ferez bon accueil avec les quelques strips suivants parut initialement en 2008.

    Jeûne ou grève de la faim ?

    AHIMSÂ l’instant neige ne peut aborder la non-violence active sans aborder la question de « la grève de la faim », qui est l’un des « outils » parfois choisi par des personnes engagées afin de mener leur lutte. Pour la première fois sans doute dans une BD, au travers de l’un de ses personnages, les lecteurs pourront vivre ce que représente le fait de faire un jeûne ou une grève de la faim : la prise de décision, le ressenti physique et psychologique, la préparation individuelle et collective, l’impact public (« Moi, je ne pourrai jamais sauter un repas ! » est la phrase que la majorité des jeûneurs entendent en premier), les stratégies politiques et sociales que cela implique, les conséquences et réactions que cela provoque !

    Du 6 au 9 août dernier, pour la commémoration des catastrophes d’Hiroshima et Nagasaki, cinq jeûneurs ont manifesté leur opposition aux armes atomiques à la presqu’Ile de Crozon dans le Finistère, à quelques kilomètres de la base de sous-marins atomiques français, en cessant de s’alimenter pour exiger un désarmement unilatéral. Bonne occasion pour nous de vivre les choses et les événements « de l’intérieur » afin de les restituer ensuite dans l’une des séquences du livre !

    Les jeûneurs ont rejoint « La marche pour la Paix » le 8 août. Où l’on réalise avec surprise que l’on peut être pour la paix… mais pas contre les armes de dissuasion nucléaire !

    Minute de silence à la mémoire des victimes des bombes atomiques devant le monument aux morts de Brest.

    Visite de trois motards de la gendarmerie nationale. Le commandant nous explique aimablement « Ici, à Crozon, une bonne partie de la population vit du nucléaire et il se peut que certains se montrent agressifs ou violents avec vous : ne cédez pas à la provocation et ne leur répondez pas ! » Merci qui, pour les bons conseils ?

    Discussion passionnante avec Jean, qui a travaillé 8 ans dans l’industrie nucléaire et sait parfaitement expliquer pourquoi il en a démissionné.

    Détente et repos pour les jeûneurs.

    Rupture de jeûne, après quatre jours uniquement à l’eau, avec une merveilleuse soupe de légumes préparée tous ensemble.

    « Mourir pour des idées, d’accord mais de mort lente ! »

    Il y a des thèmes particulièrement délicats à aborder. Par exemple celui de la notion de sacrifice. Le terme est à la fois banalisé (se sacrifier pour ses enfants, pour son travail), édifiant (se sacrifier sa vie pour la patrie) ou sacralisé (le sacrifice du Christ). Pour les uns, le sacrifice est légitimé s’ils y voient de l’héroïsme, pour d’autres s’ils y trouvent un martyr.

    La non-violence active pose nécessairement la question du don de sa vie pour défendre un idéal ou une cause. Dans les combats non-violents, elle a cette particularité d’être un choix intime qui peut s’incarner là où par ailleurs l’action collective est essentielle. Nous commençons seulement à aborder la question car le sujet semble tabou et plusieurs fois nous avons du la retarder tant les discussions que nous tentions de mener étaient difficiles. A suivre…

    Dom a retrouvé dans ses archives l’un de ses dessins (vieux de 36 ans) réalisé lorsqu’il avait seulement 21 ans. Certains thèmes semblent avoir la vie dure car déjà celui du sacrifice était présent… tout comme son goût (incurable) pour les jeux de mots puisqu’il l’avait intitulé « Martyr, c’est mourir un peu ! ».

    Sur le pont

    Nous étions invités à Lorient aux journées d’été d’EUROPE ECOLOGIE LES VERTS avec le stand des Dessin’Acteurs : très bonne ambiance et quelques nouveaux contributeurs AHIMS ! Pour l’occasion, plusieurs tirages de tee-shirts ont été réalisés : le barman du Palais des congrès a fièrement arboré celui de notre livre durant les trois jours !

    A l’invitation du PEUPLE DES DUNES (collectif contre l’extraction de sable en baie de Lannion) nous avons tenu le stand de l’association et l’exposition « Tout va de traviole ! » … au milieu des sables ! L’occasion pour Hélène de partager son enthousiasme et son sourire avec les nombreux participants à cette rencontre Convergences des luttes.

    Agenda

    Etienne et Dom étaient, avec des dizaines de milliers d’autres, à Notre Dame Des landes le 8 octobre dernier pour manifester mais aussi faire des repérages photos et des prises de vues pour une séquence d’AHIMSÂ. Chacun était invité à venir avec un bâton personnalisé et à le planter sur un talus de cent mètres de long : une magnifique œuvre collective que les autorités oseront-elles détruire ?

    Le lendemain, dimanche 9, ils étaient à le foire bio de Guichen (35) sur le stand de l’association LES DESSIN’ACTEURS qui était tenu par Dohina et Nathanaël. Pour l’occasion, nous proposions pour la première fois des tee-shirts « AHIMSÂ l’instant neige » !

    Tribunal Monsanto de La Haye

    Du 14 au 16 octobre 2016 s’est déroulé l’INTERNATINAL MONSANTO TRIBUNAL dans la ville de La Haye aux Pays-Bas : ce vrai-faux procès de Monsanto (l’agent orange, les ogms,…) a été filmé par Marie-Monique ROBIN. Dom a réalisé plusieurs dessins pour cette occasion.

    Le 17 janvier 2017 aura lieu au Mémorial de la Shoah de Paris l’inauguration d’une grande exposition « La Shoah dans la bande dessinée ». Plus de deux cents planches de BD originales seront présentées au public dont une histoire de sept pages, « Le gâteau de Robert », réalisée il y a huit ans par Serge LETENDRE au scénario et DOM aux dessins (Lidwine à l’époque).

    « Les fils de l’Homme » d’Alfonso CUARÔN, film anglo-américain

    Film inclassable et à la fois totalement, absolument, au plus proche de chacun de nous, pour le pire ou le meilleur, c’est selon !

    Parler d’un film suppose de raconter son histoire, d’évoquer le jeu de ses acteurs, de commenter les intentions de sa réalisation! Ici, un seul mot (enfin, neuf !): à voir et revoir, dans toute l’urgence de l’actualité (pourtant le film date « déjà » de 2005)!

    Dire seulement l’incroyable et éblouissante virtuosité de la mise en scène (on se demande comment certaines séquences ont pu être tournées, notamment un long plan séquence dans le dernier tiers du film) et la terrible justesse de situations!...

    Mais foin de phrases exclamatives : ne serait-ce que pour la beauté unique de « l’instant neige » : la femme descendant l’escalier d’un immeuble avec son bébé en pleurs dans les bras, et l’ambivalence que suggère ce passage (les pleurs du bébé n’arrêteront pas le combat mais sauveront la mère et l’enfant), vous ne pouvez passer à côté de la puissance narrative de cette histoire (!).

  • Carnet de BorD n°2 - Juin 2016

    Vous avez été nombreux à nous avoir donné des retours enthousiastes concernant notre premier CARNET DE BorD en mars dernier et cela nous encourage à poursuivre ce lien avec vous.

    Nous vous avions promis un envoi tous les deux mois et là, ça va faire deux mois et demi que nous ne vous avions pas donné de nouvelles. Rhaaa, les délais, les délais !

    Nous tâcherons donc de mieux tenir nos échéances afin d’alimenter ce précieux rendez-vous ensemble tous les deux mois et demi, ce qui fera le troisième CARNET DE BorD pour la rentrée de septembre.  

    Mais d’ici là nous avons un problème à régler avec vous : qu’est-ce que nous devons vous montrer ou pas? Il va y avoir encore un long temps à attendre d’ici la parution du livre et votre intérêt vis-à-vis de notre travail ira sans doute croissant. Cela est bien normal mais pour autant… devons nous vous révéler à l’avance toutes nos réflexions sur la non-violence, tous les développements du scénario et toutes les surprises des dessins que seule la lecture d’AHIMS–le livre à sa sortie devrait vous faire découvrir ?

    Devons-nous prendre le risque de dévoiler « à l’avance » nos intentions narratives, nos rebondissements ou nos inventions graphiques émaillant la mise en scène ? Rien ? Tout ou une partie seulement ?

    Devons-nous peu ou prou vous décrire et détailler nos personnages au risque qu’ils ne vous surprennent plus à la lecture du roman graphique ?

    Quels passages choisir : des séquences entières ? Quelques pages de-ci de-là ? Choisir de partager avec vous uniquement quelques détails qui ne dévoilent pas trop « notre cuisine », qui ne lève pas trop le voile sur ce qui vous attend ? …tout en attisant votre légitime curiosité !

    Ceci encore : vos imaginations galopantes faisant bon train, n’allez-vous pas imaginer vos propres visions AHIMSÂ au risque qu’elles soient différentes de la notre et qu’il y ait des déceptions ?

    Allez, pour cette fois, nous vous montrons ci-après quelques petits passages extraits du story-board et nous verrons bien d’ici la prochaine lettre ! Vous ne manquerez pas de nous le dire.

    Bonne lecture et à bientôt !

    Story-board

    Comme nous vous l’expliquions dans la précédente lettre, le story-board n’est qu’une étape avant le passage au dessin définitif. Il est généralement sommaire et dessiné rapidement, les couleurs ne sont que des repaires indicatifs, les visages sont encore approximatifs, l’important à ce stade étant de caller tout ce qui concerne la pagination, le nombre de cases par page, les angles de vues ou les dialogues.

    L’aspect graphique sera travaillé et fouillé plus tard. Pour le moment, on étalonne, on multiplie les possibilités de mise en scène, on voit ce qui fonctionne ou pas, on retranche, on découpe, on suit de nouvelles pistes, on explore les meilleures options visuelles… Au total, la lecture doit être claire, fluide et prenante avant de passer à la planche à dessin.

    Ce travail avance bien et est d’autant plus important que notre sujet traite de toute la richesse et de toute la complexité de notre monde (les violences et la non-violence n’étant le plus souvent que les parties visibles de cette richesse et de cette complexité) et qu’à son image notre récit se doit de les traduire et de les rendre de manières les plus accessibles possibles au travers de personnages et de situations multiples et plurielles : pour dire simplement les choses, le fond est compliqué mais la forme doit être évidente à la lecture.

    C’est sans doute pour cela que le story-board est souvent la part la plus stimulante et la plus dynamique de la création d’une BD et que nous prenons un réel plaisir à voir se déployer notre histoire : on y voit peu à peu vivre et parler les personnages, ILS EXISTENT ENFIN ET ON SE MET A LES AIMER !

    Voici, partiellement, quelques uns de nos nombreux personnages, en espérant que vous les aimerez vous aussi :

    Marie est une petite femme discrète qui approche la soixantaine. Elle est secrétaire de direction dans une petite entreprise locale, conseillère municipale et investie dans toutes les associations de sa ville. Elle vit seule et son problème est d’être transparente aux yeux de tous : on se sert de sa bonne volonté mais on n’écoute jamais vraiment ce qu’elle a à dire.

    Cette séquence, qui la montre victime d’une méprise, est un bon exemple de l’utilité d’un story-board avant de passer à la réalisation finale et définitive des pages : notre intention est de montrer qu’elle se voit redevenir la petite fille (qu’elle est restée ?) chaque fois qu’elle se retrouve dans une situation où le ton monte et qu’elle est en prise avec de la violence verbale. Instantanément, ça la tétanise et elle ne peut plus ouvrir la bouche. Nous aurons donc plusieurs séquences où elle apparaît « gamine » dans une situation « d’aujourd’hui » afin de bien faire comprendre ce retour en enfance dont certains souvenirs la traumatisent toujours cinquante ans plus tard.

    Peut-être ici, au stade de brouillon, est-ce représenté trop rapidement et manque-il quelques cases intermédiaires (notamment entre les cases 1 et 2 de la deuxième page) afin qu’on comprenne bien ce que ressent Marie ?????

    Il y a aussi que Mr Berger semble un peu trop caricatural alors qu’il est plutôt sympa et apprécié dans son quartier : il est juste en colère le temps de cette séquence, comme ça peut arriver à tout le monde. Dans les pages au propre, le style graphique sera moins exagéré et la nature avenante du boucher devra être évidente dans ce passage comme dans les autres où nous le suivrons.

    … C’était la séquence « Les milles questions que doivent se poser les scénaristes » à chaque case, à chaque bulle, à chaque découpage : comment exprimer le plus clairement et le plus lisiblement possible les intentions que l’on veut rendre. Habituellement, le lecteur n’a pas connaissance de ces coulisses, mais il ressent si une histoire fonctionne ou pas et donc s’il est « dans » l’histoire ou s’il passe à côté.

     

    Les arbres sont l’un des liens qui rassembleront tous les personnages du livre au fur et à mesure du récit. Côme, comme tous les autres, est associé à un arbre en particulier : ici, il s’agit de l’instant où il découvre le sien, un Hêtre. 

    Chemin de vie. Eloïne fait la route depuis deux ans. Elle va de festival en festival, de ZAD en ZAD, au fil des jours, partout où elle peut éprouver ses extrêmes, parfois avec violence.

    Pour autant elle n’est pas tout à fait une « punkette à chien » ou une « zadiste » : les tags qu’elle laisse sur les bords des routes de France dessineront la carte de son l’itinéraire et traceront le parcours de sa quête, une errance qui l’amènera à se découvrir elle-même au travers des autres. Les lecteurs d’AHIMSÂ apprendront peut-être à ne pas (trop) la juger puis à l’aimer au-delà de ses apparences…

    Marc est un invétéré amateur de jeux de mots et son entourage ne manque pas de lui faire remarquer qu’ils ne sont pas toujours de bon goût, parfois gratuits et souvent au ras des pâquerettes (niveau qu’il aime bien par ailleurs, étant militant écologiste). Mais c’est plus fort que lui et, même si son plaisir n’est pas toujours partagé, il n’en loupe jamais un.

    Vous n’y échapperez pas dans AHIMSÂ,… jusqu’à son dernier calembour, qui sera peut-être l’un de ses meilleurs ?!

     

    Notre financement participatif se poursuit…

    Grâce à vous nous pouvons sereinement travailler depuis un peu plus d’un an et nous vous en sommes infiniment reconnaissants. Le succès du financement participatif ULULE nous permet d’être autonome et indépendant le temps de la création de l’histoire et c’est un confort précieux que nous vous devons.

    Pour autant la somme que nous avons atteint ne pourra pas couvrir à elle seule la totalité des moyens qui nous seront nécessaires afin de jouir de cette liberté singulière et originale jusqu’au moment attendu de l’édition.

    C’est pourquoi nous poursuivons nos offres de souscriptions sur le site de l’association LES DESSIN’ACTEURS : n’hésitez pas à en parler autour de vous car nous avions édité le livret et les cartes postales en quantités suffisantes et il en reste encore quelques centaines d’exemplaires à faire découvrir.

    Il s’agit d’argent, bien sûr, mais aussi et surtout de partager notre aventure éditoriale avec le plus grand nombre de personnes tout comme, avec vous, de préparer le plus largement possible l’accueil public qui pourra être fait au livre lorsque celui-ci paraîtra… Et tout cela sans l’aide d’aucun sponsor ni d’aucune multinationale, vous vous en doutez bien !

    Pages originales

    Afin de poursuivre notre financement autonome de la création d’AHIMSÂ, nous proposons toujours aux amateurs et collectionneurs de BD d’acheter à l’avance l’une des pages originales de notre roman graphique. Lorsque le livre sera terminé, les souscripteurs pourront choisir la page de leur choix.

    Cette acquisition pourra sembler onéreuse mais, par rapport aux prix pratiqués dans les ventes en galerie ou aux enchères, reste très abordable d’autant qu’avec la planche originale signée nous donneront également la page de story-board correspondante ainsi que sa version couleur, soit trois versions d’une même page qui offriront le plaisir d’accrocher à son mur les trois étapes de sa réalisation.

    Rappel pour tous ceux qui ont déjà choisi (ou qui choisiront encore) l’option où ils apparaîtront eux-mêmes dessinés en tant que personnage secondaire dans l’histoire, nous rappelons qu’il sera bientôt nécessaire de nos envoyer des photos de vous afin que nous puissions vous trouver une bonne place dans le récit. Une dizaine de cliché devrait suffire : vous de plein pied sous différents angles mais aussi, important, quelques gros plans de votre visage avec, si possible, des expressions diverses et variées (sérieux, souriant, en train de parler, etc).

    A envoyer à l’adresse postale des DESSIN’ACTEURS, « projet AHIMS », Kergadoret 22160 CALANHEL. Nous avons déjà reçu les photos d’Hervé et celles de Thomas.

    Merci par avance aux autres d’inscrire dès cet été à leur agenda de ne pas oublier de faire cette petite séance « d’autoportraits » (encore que l’un des acquéreurs, dont nous tairons le nom, a choisi de nous envoyer des photos de son fils afin de lui faire une surprise à la sortie du livre) et nous les faire parvenir !

    Les Bordées des DESSIN’ACTEURS

    L’association était présente à la manifestation contre la centrale nucléaire de Brennilis à l’occasion des trente ans de l’explosion de celle de Tchernobyl ainsi qu’à Paris le 14 mai pour la journée de débats, rencontres et concerts du NVday organisé par NON VOILENCE XXI.

    Le stand des Dessin’Acteurs et surtout les panneaux d’exposition d’Ahimsâ et des dessins du livre « Tout va de traviole ! » de Dom attirent beaucoup de monde et remportent un beau succès : ils sont autant d’occasions pour échanger sur notre album à venir ainsi que pour rencontrer les nouveaux contributeurs (plus de 800 à ce jour) qui nous rejoignent et décident de soutenir la poursuite notre campagne de financement participatif grâce aux flyers que nous avons édités.

    Ces deux dates furent également l’occasion d’évoquer la mise en place de l’organisation du jeûne international qui aura lieu du 6 au 9 août prochain pour l’anniversaire des soixante ans d’Hiroshima et Nagasaki.

    Dom, sauf empêchement de dernière minute, devrait rejoindre le groupe de l’Ile Longue, face à la base de sous-marins français de la Presqu’île de Crozon, et faire le jeûne de quatre jours : l’un des personnages d’AHIMSÂ faisant dans l’album un jeûne contre le nucléaire, il sera bien placé pour retranscrire ensuite dans l’histoire ce qu’est un jeûne non-violent « in situ » et en « live ».

    Date également à retenir si vous désirez nous rencontrer : L’ALTERTOUR 2016 (Tour de France en vélo des alternatives) fera le dimanche 24 juillet une étape à l’ECOCENTRE de PLEUMEUR-BODOU.

    L’association y sera présente avec stand et expositions, et bien sûr avec tout l’accueil et toute la disponibilité qui se prête à ce genre de moments partagés !

    Sur le chemin …

    Un contributeur d’AHIMSÂ, Philippe, nous a envoyé le petit mot suivant pour accompagner une photo qu’il a prise en novembre dernier aux étangs de Bassies :

    « Lors d’une randonnée dans les Pyrénées, sur le chemin du retour, nous décidons de photographier le reflet d’un sommet sur le lac… quand notre attention est captée par celui des herbes à la surface de l’eau : les lettres « BD » apparaissent distinctement dans une bulle. J’ai aussitôt pensé à vous, peut-être à cause des cartes postales sur mon bureau ou simplement pour la beauté de l’instant ? Ce message devait vous parvenir ». Réalisé sans trucages, bien sûr …

    Un film « non-violent »

    … ou comment la non-violence est inventée par une petite fille de douze ans !

    « LE SECRET DE TERABITHIA » est une création plutôt rare dans le flot des productions pour enfants et adolescents. Drame fantastique, adapté du roman « Le pont de Térabithia » de Katherine Paterson et adapté en film par Gabor CSUPO en 2007, l’histoire aborde avec finesse des sujets rarement évoqués dans les grosses machines holywoodiennes destinées à un large public.

    Le vrai « secret » de Térabithia est de donner à faire l’apprentissage de l’irréversabilité de la vie, du deuil ou du pouvoir de l’imagination. Une fraîche poésie et des effets spéciaux discrets (qui suggèrent plutôt qu’ils ne montrent) emportent enfants comme adultes sur les frontières (en l’occurrence les ponts) qui vont des dures réalités de la vie quotidienne jusqu’aux rives du merveilleux.

    L’histoire : deux jeunes adolescents, chacun rejeté par les autres pour des raisons différentes, se rencontrent et inventent ensemble un monde imaginaire, TERABITHIA, au sein duquel ils peuvent se protéger mutuellement tout en ouvrant leurs regards et leurs émotions sur le monde,… même si celui-ci peut parfois être terrible !

    A voir ou revoir car, si beaucoup de films savent nous époustoufler avec des tonnes de surenchères visuelles et des torrents de sensations préfabriquées, rarement ceux-ci savent inventer et nous surprendre avec une histoire qui a de l’esprit et du cœur comme celui-ci !

    Une image

    Et en attendant le prochain CARNET DE BorD, nous terminons celui-ci par une photo toute simple qui plairait sans doute à Marc (voir plus haut) : un jeu de mots et de calligraphie anonyme, fait pour les murs et pour donner le plaisir à chacun d’imaginer et de rêver le sens qu’il veut lui donner.

  • Carnet de BorD n°1 - Avril 2016

    « Divisés nous sommes KO, rassemblés nous sommes OK »

    Odile, une amie Dessin’Actrice, nous a envoyé cette phrase. L’année dernière, alors que nous venions tout juste de lancer notre financement participatif, survenaient les attentats de Charlie et de l’épicerie kacher.

    Cette semaine, à l’heure de rédiger ce premier numéro de notre CARNET DE BorD bimestriel, surviennent ceux de Bruxelles. Entre-temps il y a eu ceux de Paris, mais aussi ceux d’Istanbul, ceux de Beyrouth et tant d’autres que nous ne pouvons tout autant ignorer ou oublier.

    La stupeur, la sidération et l’effroi portent les uns vers des injonctions à l’amour et les autres vers des incantations à la peur ou à la guerre. Les mots nous dépassent mais traduisent la part en nous faite de l’amour ou des peurs que nous avons reçu depuis notre enfance et que nous transmettons à notre tour.

    Pas facile de trouver un dessin simple qui traduirait ce trouble complexe tapit au fond du crayon, qui bouleverserait la donne et transcenderait ce qui est parfois vécu comme une fatalité, qui dirait que la non-violence doit être active, plus que jamais !

    Livrets et cartes postales

    La majeure partie de nos chers contributeurs nous ont confirmé avoir bien reçu leurs contreparties et nous en sommes heureux et soulagés. Néanmoins, nous ne parvenons toujours pas à obtenir les adresses postales d’une trentaine d’entre vous: soit les adresses mails ne donnent pas de noms explicites soit nos tentatives de liaisons n’obtiennent pas de réponses.

    Si vous étiez dans ce cas ou si vous connaissiez des personnes en attente de notre courrier, merci à vous par avance de nous le signaler : il est toujours temps de faire plaisir !

    L’équipage

    Ce mois-ci une nouvelle personne, Isabelle, a rejoint notre équipe. Elle devient, pour la région Grenoble-Lyon, notre ambassadrice Ahimsâ. Les membres de l’association Les DESSIN’Acteurs vivent en Bretagne, en Anjou, en région Centre ou sur la région parisienne et nous vous proposerons dans un prochain CARNET DE BorD de devenir vous aussi si vous le désirez ambassadeur ou ambassadrice dans votre région afin de donner encore plus de voilure à notre bateau …

    Avec Isabelle, nous formions un trio au salon Primevère de Lyon fin février : trois jours riches et denses à présenter notre exposition « Tout va de traviole ! » ainsi que le projet AHIMSÂ. De belles rencontres et une quinzaine de nouveaux contributeurs nous ont fais confiance et sont montés avec nous à bord…

    Sur le pont

    Nous tâcherons de ne pas abuser des métaphores maritimes dans nos Carnet de BorD mais il faut bien dire que le vaste local qu’un ami nous a prêté depuis début septembre pour installer notre atelier d’écriture ressemble bel et bien au château arrière d’un trois mât du XVIII siècle.

    Vaste, boisé, lumineux, ce lieu hors du temps nous a permis d’afficher sur une vingtaine de panneaux mobiles tous nos documents et toutes nos notes accumulées depuis trois ans. Un coup d’œil nous permet de visualiser en temps réel la progression de notre scénario et de regrouper les informations et les éléments d’histoires se rapportant à chacun de nos personnages et à chacune de nos séquences. Etape par étape, nous réduisons notre surface en recoupant les faits qui constituent le squelette et la chair de notre récit, que nous affinons ensuite en l’habillant progressivement avec tous les ingrédients qui le rendront incarné.

    Textes, fiches, documents, crobars, photos, pièces de dialogues et éléments de langage se croisent, se superposent et nous permettent de trouver le ton et la justesse des scènes et des dialogues, de voir ce qui colle ou non, de lister les questions à résoudre et répertorier les recherches encore à faire.

    La phase du story-board (brouillons rapides des pages) permet de faire vivre les personnages, de les voir enfin bouger et parler, de choisir des cadrages et des découpages traduisant au mieux leurs personnalités et leurs parcours, de mettre en scène les situations et voir comment elles fonctionnent. Ce moment est le plus agréable et le plus stimulant : on corrige un détail, on découvre une passerelle entre deux éléments qui étaient là mais entre lesquels nous n’avions pas encore fait le lien nous permettant de créer soit un raccourci soit de faire naître une métaphore.

    C’est à ce stade également qu’on « entend » nos personnages, qu’on ressent comment ils parlent, que s’affirment les spécificités de langage de chacun d’eux, qu’on « sait » en somme s’ils sonnent « vrai » ou pas. C’est le moment où ils commencent à nous échapper, à exister selon leurs logiques propres : nous ne pouvons plus leur faire faire ou dire n’importe quoi !

    Alors relecture après relecture, la vie s’installe et avec elle la certitude que l’histoire est là, qu’elle tient la route, qu’elle a du sens et traduit bien notre propos.

    Parfois, le plus difficile est de parvenir à retirer une idée qui nous semblait bonne en théorie mais qui s’avère finalement en trop dans le déroulement de la trame: elle était soit hors-sujet, soit parachutée, sois redondante. C’est dur de sacrifier une idée que l’un trouvait « géniale » mais qui ne plaisait pas à l’autre ! Là, ce sont souvent les lectures des proches et l’écoute de leurs critiques qui, seules, parviennent à nous faire y renoncer et à les retirer du récit…

    De même il faut guetter les fausses bonnes pistes qui noient l’essentiel ou qui se révèlent incompréhensibles à la lecture.

    C’est enfin aussi sur le story-board que l’on traque les fautes de rythme, les fautes dortaugraffes, … voire les fautes de goût ! Evidement, rien n’empêche d’en faire volontairement pour s’imaginer titiller nos futurs lecteurs : après tout, « faire violence au lecteur» peut aussi faire partie de notre sujet …

    Ensuite seulement pourront être dessinées « au propre » les pages définitives.

    Salons et festivals

    Festival BD de Château-Gonthier en octobre de l’année dernière, forum social de Séné en janvier cette année, salon Primevère de Lyon en février : notre stand des Dessin’Acteurs nous permet de rencontrer quelques uns des contributeurs d’Ahimsâ, de partager notre démarche et de créer de nouveaux liens pour recueillir des témoignages sur la non-violence.

    En mai prochain, le 14, nous serons également présents à Paris pour le NV Day (voir l’appel à financement participatif un peu plus bas) ainsi qu’en juillet sur une ou deux étapes de l’Altertour lorsqu’il fera son passage en Bretagne. Nous vous invitons bien sûr à venir nombreux à ces occasions nous offrir un petit bonjour !

    Les bordées du mois

    Non-violence XXI, Le MAN et l’AFC ont lancé avec de nombreux partenaires une campagne de financement participatif sur le site Ulule, dans le but de financer le N-V Day 2016: un jour pour la Non-Violence, le 14 Mai à Paris. Pour soutenir le projet, vous pouvez vous rendre sur : https://fr.ulule.com/non-violence/

    Découvrez le programme de ce jour exceptionnel sur la non-violence et choisissez votre cadeau avec votre don. Surtout, n'oubliez-pas de partager l'information auprès de votre entourage!

    Merci pour votre engagement non-violent, rendez-vous le 14 Mai à Paris, pour participer aux tables rondes, aux ateliers et au concert final de NV-Day 2016 !

    Il y a quelques années, deux DESSIN’Acteurs se rendaient à Tchernobyl et rapportaient un témoignage graphique sur la vie dans un petit village ukrainien après la catastrophe nucléaire. Les illustrations de Gildas Chasseboeuf et d’Emmanuel Lepage firent l’objet de notre premier livre « Les fleurs de Tchernobyl » qui, vite épuisé, fut ensuite réédité par La BOITE à BULLES. Emmanuel en fit également un récit en bande dessinée, « Un printemps à Tchernobyl » édité chez Futuropolis, racontant l’histoire de ce voyage.

    Dans un mois, ce sera déjà le trentième anniversaire de cette catastrophe (l’explosion du réacteur Ukrainien, pas le livre !): nombreux seront ceux qui n’ont pas oublié, nombreux seront ceux qui témoigneront en divers lieux par des manifestations non-violence leur opposition à la folie nucléaire.  

     

     

    Nous, nous serons à Brennilis dans les monts d’Arrée où de nombreuses créations de divers auteurs seront reproduits sur des bâches et exposées face au scandale d’une centrale « qu’ils ne savent pas démanteler » !  

    Nous vous invitons également à découvrir « Revenge », un film dramatique Suédo-Danois écrit pas Anders THOMAS et réalisé en 2010 par Susanne BIER. Ce film a reçu de nombreux prix dont l’Oscar du meilleur film en langue étrangère et un Golden Globe… mais nous, nous venons seulement de le visionner !

    Depuis le début de notre entreprise, nous avions posé comme postulat que la non-violence constituerait les ressorts narratifs pour faire avancer notre histoire, mais c’est la première fois, à notre connaissance, que nous découvrons une fiction qui s’appuie effectivement et clairement sur ce même choix au travers de son personnage principal. Où l’on découvre que les choses ne sont jamais simples : dans ce film la non-violence, ou plutôt l’incompréhension et la non-culture de la non-violence génère … de la violence ! Troublant pour nous et nouveaux sujets de questionnements et de réflexions.

    Dans notre livret bande annonce Ahimsâ nous faisions la conclusion qu’à l’instar de la violence, la non-violence s’appuie elle aussi sur un passé, sur une culture en amont, afin de pouvoir exister et être opérante le moment venu : elle ne tombe pas spontanément du ciel quand advient une violence et ce film nous aide un peu plus encore à en décortiquer les mécanismes… et le chemin qu’il reste à faire.

    Cela nous confirme l’idée qu’une culture de la non-violence est la seule issue pour un présent et un futur bâtissant un autre rapport aux violences.

    Dessin cochon

    Prochain Carnet de BorD dans deux mois, puis le suivant deux mois après et ainsi de suite. Nous allons essayer désormais de vous donner des nouvelles plus régulièrement sur l’avancée des pages, nos recherches, les rendez-vous possibles pour nous rencontrer, nos sources d’inspirations…

    De même beaucoup de questions nous sont posées et nous ferons également notre possible pour y répondre. Une contributrice nous a par exemple demandé si nous aborderions dans notre fiction la violence faite aux animaux. Dom répond provisoirement par un petit dessin extrait de son précédent ouvrage « Tout va de traviole! ». A suivre !...

  • Un coup de main pour le N-V Day 2016

    Cette news est réservée aux contributeurs du projet. Vous savez ce qu'il vous reste à faire !