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Les orphelins de Ceaucescu, 20 ans après

Que sont devenus les enfants de l'orphelinat de Popricani ?

À propos du projet

C'était il y a un peu plus de 20 ans, le mur de Berlin venait de tomber et le rideau de fer s'écroulait.

De la Roumanie, l'Occident garde en tête les images choquantes d'enfants parqués dans des lits à barreaux, au regard hagard, balançant leurs corps maltraités dans un mouvement continu d'avant en arrière. Ils étaient plusieurs centaines de milliers, abandonnés par leurs familles démunies, livrés aux mains de l’État.

Fruits d'une politique ultra-nataliste, très peu étaient de "vrais" orphelins. Ceaucescu avait une obsession : faire de la Roumanie une nation jeune. Chaque foyer n'était autorisé à utiliser la contraception qu'une fois avoir eu 4 enfants. Et l'avortement était bien entendu proscrit. C'est ainsi que la Roumanie est devenue tristement célèbre pour ses orphelinats, les "casa de copii" (maisons d'enfants).

Entre 1993 et 2000, je me suis rendue de nombreuses fois en Roumanie dans un contexte humanitaire. J'étais bénévole pour une association que des amis et moi avions créée, Action Orphelins.

Nous nous sommes particulièrement occupés d'un orphelinat, celui de Popricani en Moldavie roumaine. J'ai tissé des liens très serrés avec les enfants de l'orphelinat. Je les ai pris en photo et ai aussi documenté leur vie et leur environnement quotidiens au cours de nombreux voyages. 

A la veille de l'entrée de la Roumanie dans l'Union Européenne en décembre 2006, je me suis replongée dans mes archives des années 90 : des centaines d'images d'enfants, la plupart en noir et blanc. Des photos oubliées mais des visages et des enfants à jamais gravés dans ma mémoire. 

La question de savoir ce qu'ils étaient devenus m'est tout de suite venue à l'esprit. Je voulais les retrouver. Je suis donc partie à leur recherche, d'abord à Popricani, puis ailleurs en Roumanie et en Europe...

C'est grâce à mon ami roumain, Dan, ancien éducateur à l'orphelinat de Popricani (ce dernier a fermé ses portes en 2002 et est aujourd'hui une institution pour adultes handicapés mentaux) que j'ai pu entreprendre cette aventure extraordinaire. 

Après plusieurs voyages réalisés depuis 2006, j'ai retrouvé près de 30 jeunes.

Parmi eux, Daniel, 28 ans qui vit toujours au village et est devenu - ironie du sort - homme à tout faire dans l'ex-orphelinat, Liliana, 29 ans, mère de 3 enfants, mariée à un homme du village, Ramona, 25 ans, qui vit avec son fils et son mari à Iasi dans une chambre minuscule qu'ils doivent partager avec 3 autres adultes, B et A, 25 ans, qui vivent en Suisse où elles sont baby-sitters chez des Kosovars...

En 2012, l'Institut Roumain à Paris exposera mon projet sous la forme de diptyques avant/après. C'est un pas immense pour moi dans la reconnaissance de mon travail. Dans cette perspective et également dans celle de réaliser un livre qui racontera l'histoire de ces enfants à travers leurs portraits et leurs témoignages, je souhaite partir à la recherche de quelques anciens de l'orphelinat que je n'ai pas encore eu ni le temps ni l'opportunité de retrouver.

Je prévois encore au moins deux voyages en Roumanie et un en Italie - ou quelques uns ont émigré - d'ici le printemps 2012. Avec Dan et en me basant sur mes photos d'archive, j'ai identifié plusieurs jeunes que j'ai l'intention de retrouver et photographier en octobre prochain. Parmi eux, notamment, Dragos, devenu moine dans un magnifique monastère de Bucovine, et Adriana, fille mère de trois enfants qui vit plus ou moins dans la rue et dont les deux filles aînées vivent dans des familles d'accueil. 

A quoi va servir le financement ?

Le financement de ce projet servira à réaliser un des trois voyages que je compte faire pour terminer mon travail sur les orphelins de Popricani.

Ce dernier sera finalisé sous la forme d'une exposition et d'un livre qui, racontera, à travers leurs portraits les histoires des orphelins de Popricani : que sont-ils devenus ? Quels sont leurs souvenirs des années Ceaucescu et post-Ceaucescu ? Que leur reste-t-il de leur vie à l'orphelinat ? Et aujourd'hui, comment s'en sont-ils sortis ?

De Popricani à Londres, en passant par l'Italie et la Suisse, les destins de ces enfants nous en disent long sur 20 ans d'histoire de la Roumanie et aussi sur la fuite du pays vers des eldorados qui parfois sont synonymes de cauchemars...

J'évalue les frais de ce prochain voyage à 900 € (220 € pour l'aller-retour en avion, 130 € de frais de déplacements sur place, 280 € de frais d'hébergement et 200 € de frais de traduction/fixeur, 5% de commission Ulule et frais paypal).

À propos du porteur de projet

Après avoir étudié les maths et les avoir enseignées pendant 9 ans, j'ai radicalement changé de cap il y a 8 ans pour me consacrer à mes passions : la photographie et l'écriture.

Depuis l'âge de 10 ans et l'acquisition de mon premier appareil-photo, j'ai pratiquement toujours eu sur moi une des ces petites machines extraordinaires à capturer les images... On ne sait jamais !

Après avoir vécu au Togo pendant 4 ans, je me suis installée à Londres en 2001. En Afrique, parallèlement à mon travail de prof, j'ai commencé à travailler sur des sujets de société comme "Les Filles Portefaix de Lomé", à faire des expositions et à vendre des sujets texte et photos à des magazines français.

En Grande-Bretagne, j'ai poursuivi mon activité de freelance en travaillant sur des sujets également de société, tels que les Gitans en Grande-Bretagne et j'ai démarché les rédactions. J'ai eu la chance de commencer très vite une collaboration fructueuse avec le magazine Time Out et j'ai pu quitter l'enseignement en 2003. En plus de Time Out, je travaille régulièrement pour des magazines français (notamment la gamme anglaise de Bayard-Presse, l'Agefi, Marie-Claire...).

Je travaille aussi régulièrement pour les guides de voyage américains Frommer's. Un premier volet de mon travail sur les orphelins de Ceaucescu a été publié en 2009 dans le Times Magazine

Frappés par les images insoutenables des orphelinats roumains que la télévision nous montre au début des années 90, nous décidons avec des amis de monter une association et d'agir pour améliorer les conditions de vie des orphelins d'une institution de Moldavie roumaine à une quinzaine de kilomètres de Iasi. C'est le début d'un grand voyage humanitaire, humain, et photographique, qui, vingt ans plus tard, tient toujours une grande place dans ma vie.

Pour tout complément d'information, n'hésitez pas à me contacter :

[email protected]

www.elisabethblanchet.com