WOMANHATTAN

New York amoureux

A propos

New York occupe le champ de mes expérimentations cinématographiques depuis ces vingt dernières années. WOMANHATTAN est un film documentaire hybride. Il est la synthèse de mes recherches formelles, introspections, de mes souvenirs amoureux, de mes obsessions filmiques et technologiques.

NEW YORK : CITY SYMPHONY AMOUREUSE

Depuis 20 ans (1993-2013), j'ai pris l’habitude de partir avec mes amies à New York, et de tenter de fixer sur la pellicule ces souvenirs amoureux... Je souhaite partager cette expérience cinématographique et amener le spectateur dans un passé incroyablement présent, incarner la présence de mes amies, et plonger au cœur de New York, de ces paysages urbains sur ces 20 dernières années. 

WOMANHATTAN est un mélange entre divers formats, entre le documentaire, l’autofiction, le film d’art vidéo et le film musical; un film sur toutes les histoires d’amour que j’ai vécues et filmées depuis plus de 20 ans, lors de mes nombreux voyages à New York. Ce film est l’expression visuelle de mon introspection, combinant mes réflexions à travers mes archives personnelles commençant dès mon enfance, jusqu’à mon travail filmique actuel en vidéo sur photo caméscope. Elles sont aussi un dialogue avec Manon T. cadreuse et monteuse de métier qui m’a accompagnée à New York en Avril 2013.

New York en cinémascope en 2013

CONSTRUCTION DU FILM :

WOMANHATTAN raconte ces histoires amoureuses qui se sont cristalisées dans mes lieux emblématiques de New York. Une vie amoureuse qui a évolué conjointement avec ma quête artistique et mes obsessions technologiques, du Konica au "photo cinemascope", en passant par le Super 8 et la vidéo analogique.

Cette aventure intime New Yorkaise évolue, des premiers amours à la paternité, dans le Manhattan de la fin des années 80 à celui de l'après 11 septembre. Elle est aussi la volonté commune de vouloir laisser une trace, en fixant l'instant présent, dans notre mémoire argentique puis numérique, pour sublimer l'amour afin de le rendre éternel.

CECILE AVEC UN KONICA POP en 1992

MARION AVEC UNE CAMÉRA SANKIO SUPER 8 en 1996

CHRISTINE AVEC UNE CAMÉRA MINI DV en 2001

SARAH AVEC UN PHOTOCAMESCOPE + objectif cinéma en 2010

MANON AVEC UN PHOTO CINÉMASCOPE en 2013

"Manon saisit le « photo cinémascope », filme le paysage et vient sur moi, je suis gêné, peu habitué à me retrouver de l’autre côté de la caméra. C’est la première fois qu’une femme me filme lors de ce séjour à New York. Je n’arrive pas à rester devant l’objectif et je ris de moi-même. Retournement de situation symbolique.  Peut-être le début d’une nouvelle ère pour moi ? Finalement c’est peut être une femme qui dois me filmer...

... Je me sens comme plongé dans une mise en abime, la métaphore de «l’arroseur arrosé » en quelque sorte. Cette expression « se faire des films » me fait alors sourire. Je me rends compte que la réalité est tout autre, mais jusqu’à présent elle était mélangée dans ma fiction, dans mon imaginaire. Je regarde Manon T. me filmer. Et là un doute m’envahit, une angoisse technique : « Est–ce qu’elle est en train d’utiliser le bon format ? » " 

A quoi va servir le financement ?

Le film durera au final 60 minutes environ sur support HD et sera terminé en 2014. Nous espérons le faire circuler le plus possible en festival, le télédiffuser et réaliser une édition DVD du film.

Le financement participera au montage de ces archives de 20 ans, à  la concrétisation de cette histoire d'amour plurielle, de mes recherches visuelles, narratives et sensitives.

Mais pour donner sa forme la plus aboutie à cette œuvre et lui offrir la meilleure visibilité possible, nous avons besoin d'un coup de pouce financier.

Vos soutiens nous aiderons à financer :

  • Finalisation du scénario du film (Ecriture du texte de ma voix off dans le film)
  • La post production (numérisation des archives, montage image, montage son, mixage et etalonnage) du film.
  • La création d'un dvd du film
  • Assurer la promotion du film (envoi dans les festivals, Tv, etc...) et organiser des projections evenementielles. 

Alors merci de votre soutien et/ou de faire suivre le message.

Et pour ceux qui seraient réticents aux paiements sur la toile, vous pouvez soutenir ce projet par chèque ou virement.

Voici un lien facebook pour suivre l'actualité du film et vous tenir au courant de l'évolution du film avec photos, vidéos et textes :

https://www.facebook.com/pages/Womanhattan/308092392578172

Je viens de passer 15 jours à New York en avril dernier. Et c’est la première fois que j’y suis en tant que célibataire. Je décide de retourner sur les lieux de mes souvenirs. Manon T. ma cadreuse en est le témoin. Il est sorti de ce tournage plusieurs dizaines d’heures de rush. Être filmé est également une nouveauté. Ces instants contemporains feront écho à mes archives, et ce séjour de 2013 à Manhattan a réservé bien des surprises !

J'ai utilisé un photo camescope et un objectif cinémascope pour donner toute la dimension cinématographique à cette ville…. 

Je travaille avec Novanima productions qui m'aide à trouver des partenaires pour mon film. Nous recherchons une chaîne de télévision pour diffuser le film ou autres partenaires pour participer à cette aventure cinématographique… Nous comptons beaucoup sur la communauté d'Ulule pour nous aider à financer le projet 

Womanhattan c’est tout cela, mais ça peut devenir encore beaucoup plus grâce à votre aide et votre soutien

Vous êtes les bienvenus !

A propos du porteur de projet

Seb Farges

Vidéaste, je publie régulièrement des films sur internet et mon blog :

vimeo.com/sebfarges

Il a été visité jusqu’ici par plus de 6 millions d’internautes en France et à l’étranger. Je mets  en ligne mes films personnels. Je partage sur ce site mes impressions visuelles sur Bordeaux ma ville et New York, mes réflexions sur les dernières évolutions technologiques en matière de photo caméscope et d’objectifs de caméra. J’accompagne en quelque sorte depuis 20 ans ce passage de l'analogique à la révolution numérique 2.0. 

Womanhattan a reçu le soutien de la Région Aquitaine et a intégré l'atelier d'écriture Archidoc (Archive et documentaire) de la Fémis.

La société de production : Novanima

www.novanima.fr

Novanima est une société de production cinématographique et audiovisuelle ayant pour objet de produire des films documentaires de création ; elle est animée par Marc FAYE qui travaille dans ce secteur depuis douze ans. Novanima met en avant les traitements originaux des films qu’elle propose en s’autorisant tous les genres. Novanima est membre du European Documentary Network (EDN), de l’AFCA (Association française du cinéma d’animation), de la Procirep Angoa, d’APC2A (Association des producteurs Aquitains) et accompagne ses films sur différentes chaînes de télévision, festivals et marchés du film en France et à l’International.

Vous nous connaissez peut-être déjà, puisque nous avons fait appel à Ulule pour un précédent projet, voyez la diversité de nos productions :

Benjamin Rabier :

http://fr.ulule.com/benjamin-rabier/

La montagne au goût de sel :

http://fr.ulule.com/montagne-sel/

Extrait du scénario de WOMANHATTAN, séquence 1 avec Cécile en 1992 :

          Je viens de passer toute la matinée à rassembler tout ce qui a trait à mon passé amoureux et à mes différents voyages à New York. Le sol de mon salon est jonché de souvenirs. Un appareil photo Konica rouge est placé au milieu de cet ensemble hétéroclite. Je feuillète un album où l’on peut voir toutes mes premières photos New Yorkaises.

C’était en 1992, j’avais passé mon bac l’année précédente, et j’étais maintenant étudiant en Arts Plastiques à L’université. C’était pour moi une période difficile, ces études étaient une suite logique de mes années Lycée, mais je n’arrivais pas à m’exprimer complètement à travers les arts graphiques. C’était aussi la fin de ma première histoire d’amour, j’ai emprunté à un ami un caméscope VHS afin d’immortaliser ces derniers moments. New York me trottait dans la tête depuis longtemps. J’éprouvais le désir irrésistible d’y aller, et par cela oublier cet amour fini, et m’enfuir de cette vie d’étudiant qui se cherche.

En feuilletant cet album je découvre les 16 photos rescapées de mon premier voyage à New York. C’était en 1992, au mois d’août. Après cette première déception amoureuse estudiantine, j’avais rencontré Cécile R. Une de ces rencontres en boite de nuit qui en général ne préfigure pas d’avenir. Nous sommes pourtant restés un an et demi ensemble. Et c’est avec Cécile R. que j’ai pu réaliser mon rêve américain. New York était toujours resté au niveau du fantasme. Avec elle j’entrais dans ma nouvelle réalité, une vie faite de voyages, une vie où je décide de traverser l’océan atlantique pour de vrai.

Ces 16 photos sont là, devant moi. J’ai utilisé l’appareil que mon père m’avait offert lors de mes 16 ans, un Konica Pop rouge.

Il avait tout déclenché en moi, le désir de fixer l’instant, d’immortaliser mes premiers amours. Il était maintenant le témoin de mon premier voyage.

10 photos. 10 photos plutôt banales. Les 4 premières photos ont été prises du toit de l’hôtel «Washington-Jefferson Hotel», situé dans le quartier « Hell’s Kitchen », non loin de la 8ème avenue. Je reviendrais souvent par la suite dans cet hôtel, avec Marion L. et également Christine V. Je ne pense pas qu’il existe dorénavant des hôtels comme cela dans Manhattan. Le prix de la chambre défiait toute concurrence.

       

C’était un de ces hôtels miteux, suranné, où le papier peint n’avait pas été changé depuis les années 60, et où les appareils de  kitchenette avaient plus d’un demi siècle.

Un toit terrasse typiquement lié à la ville américaine. Un toit où logiquement il est interdit d’aller, là où il faut bloquer l’issue de secours afin de ne pas se retrouver coincé dessus. Un toit recouvert de goudron, et du haut de cet immeuble de 6 étages, une vue imprenable sur les gratte-ciels de Midtown.

Je suis revenu tant de fois sur ce toit par la suite, qui est à la fois un panorama parfait pour filmer, mais également un refuge dans cette ville grouillante et bruyante. Je m’y sentais toujours comme au sommet d’une montagne, l’air oxygéné en moins.

  Les quatre dernières photos de ce voyage. Là je regarde le pont de Brooklyn du haut des Twin Towers. Ce pont est pour moi un symbole très fort de mon premier voyage à New York. Je me rappelle notre arrivée sur l’île de Manhattan. Arrivant de l’aéroport, nous avions décidé, Cécile R. et moi, de descendre à Brooklyn au dernier arrêt du métro, juste avant le pont. Ma première arrivée sur cette île s’est donc faite à pied, bagages à la main. Quand on a 20 ans, et que progressivement on chemine vers Manhattan, le son sourd de la ville finit à l’arrivée par nous envelopper, on vit là une expérience très forte. Ce pont de Brooklyn a été pour moi le premier symbole fort de cette ville. Je le traverserai par la suite plusieurs fois avec mes petites amies suivantes, mais cette première traversée en 1992 sera sûrement la plus forte de toute. Malgré le fait que j’ai filmé cette marche sur tous les supports, Super 8, HDV et photo caméscope, je n’avais pas de caméra en 1992 lors de ce premier voyage, mais ce souvenir de traversée est gravé dans ma tête, les images à venir ne seront que la tentative de montrer ce que j’ai pu vivre à ce moment là.

Et c’est alors que je repère une photo que j’avais oubliée, mais avec laquelle, je ne sais pas pourquoi, une émotion plus forte m’envahit. C’est un autoportrait fait dans le reflet d’une vitrine, où l’on nous distingue mal, Cécile R. et moi. La photo est plutôt de mauvaise qualité, sous exposée.

J’éprouve alors le désir d’essayer de la retravailler afin de pouvoir mieux percevoir cette image du passé. Je la sors de l’album pour la numériser et essayer de lui redonner vie par le biais d’un logiciel photo. C’est la seule photo où l’on nous voit ensemble. On semble si heureux dans ce reflet de la 5ème avenue, derrière on distingue à l’envers le chiffre 47. J’aimerais revenir à cet endroit exact pour voir comment la ville a pu changer en  20 ans. Je recadre la photo afin de mieux voir ces visages de la jeunesse.

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Ce gros plan me submerge, les klaxons de la ville m’envahissent. Un sentiment ambivalent m’étreint. Je ne suis pas nostalgique de cette époque, mais je regarde nos visages et le regard de Cécile R., que l’on devine amoureux. Le mien est occulté par l’appareil photo.

20 années viennent de passer depuis cette preuve du passé, et je comprends maintenant ma pensée : New York me manque.

 

BROOKLYN BRIDGE

         "La perspective du pont est saisissante. Les planches de bois de la promenade sont usées par les vents de  l’East River. On devine entre les interstices le vide surplombant la rivière. Des voitures passent en Dolby Surround de part et d’autre de notre cheminement piéton. J’attrape mon photo caméscope, ouvre son écran et visionne le pont que je viens de filmer. Ma vision contemporaine est en Cinémascope avec une profondeur de champ réglée sur l’infini. Je suis saisi d’un vertige. Mes souvenirs ne passent-ils que par mes archives filmées ? De mes nombreuses traversées de ce pont de Brooklyn, avec Cécile R. en 1992, Marion L. en 1996, Christine V. en 2000 et Sarah B. en 2010, seule cette première traversée avec Cécile R. en 1992 n’avait pas été filmée. Je me demandais si la force de ce souvenir ne tenait pas seulement au fait que c’était mon premier voyage à New York, mais également au fait  de ne pas avoir pu fixer ce moment de ma vie, et que seule ma mémoire en avait été témoin, ni bobine, cassette, ou carte mémoire n'était là pour en témoigner. Ce vide me rappelle le manque de photos de mon enfance. C’est pour cela que depuis 20 ans j’éprouve ce besoin irrésistible de filmer ma vie."