Rosans, miel amer

Documentaire sur l'arrivée de familles de harkis dans un village des Hautes-Alpes

A propos

“Rosans, miel amer” est un documentaire de 52 minutes sur un petit village des Hautes-Alpes qui a accueilli des familles de harkis dans les années 60. Ce projet a reçu le prix “Coup de Pouce” au Festival International du Grand Reportage d'Actualité et du Documentaire de Société (FIGRA). Grâce à ce prix et au soutien de plusieurs amis (merci Ranima, Delphine, Jérémie, Victor et les autres !) ce film est aujourd'hui sur le point d'être terminé et sera projeté lors de l'édition 2012 du FIGRA. Certaines des dernières étapes de production nécessitent néanmoins quelques subsides ; c'est pourquoi je vous propose de soutenir ce projet.

Des nouvelles sur l'avancement du film seront postées régulièrement et des contenus exclusifs (vidéos et photos) seront mis à disposition des contributeurs.

Le camps de Rosans encore en construction

Résumé du film.   Au début des années 60, un petit village entre Alpes et Provence se propose d'accueillir des harkis contraints à l'exil à la fin de la guerre d'Algérie. Une trentaine de familles est installée dans un camp en contrebas de Rosans. C'est le début d'une cohabitation chaotique entre deux cultures que rien ne disposait à se rencontrer. Il faudra aux habitants du camp dépasser bien des frustrations pour être pleinement acceptés. C'est de cette trajectoire sinueuse et de leur ressenti que témoignent aujourd'hui ces Rosanais d'adoption.

La classe de Christian Brun, année 73-74

La genèse du film.   Mon premier contact avec l'histoire des harkis de Rosans remonte à avril 2005. Journaliste, je me rends alors dans ce petit village pour écrire un article sur Fatima Besnaci-Lancou. Après “Fille de harki”, un premier livre autobiographique, cet écrivain recueille alors à travers toute la France les témoignages des femmes de la première génération de cette communauté. Lors de son passage à Rosans, quelques-unes des habitantes lui livrent leurs souvenirs.

Une jeune fille de 15 ans me fait alors prendre conscience de l'épaisseur du voile que la plupart des harkis ont jeté sur l'histoire de leur arrivée en France. Cette petite-fille de harki assiste aux entretiens, et ce n'est qu'à cet occasion qu'elle apprend de la bouche de sa grand-mère que sa famille a été hébergée dans des camps. Ce jour-là, une idée s'impose à moi : je vais raconter l'histoire algérienne de Rosans.

M. Bouihi au sommet de la tour carrée, lors du tournage

L'esprit du film.   Bien qu'il aborde un pan méconnu, voire tabou, de l'histoire franco-algérienne, “Rosans, miel amer” n'est pas un film historique. Pas uniquement en tout cas… Si le rappel du contexte historique et le recours aux archives sont nécessaires pour comprendre et éclairer ce qui s'est passé à Rosans, le cœur du film est ailleurs, dans les mots des personnes qui témoignent, dans leurs silences aussi.

Ce film n'a aucune vocation à tenter d'établir une vérité historique. Il s'attache à retranscrire les émotions des personnages qui rapportent, non pas des faits objectifs, mais la façon dont ils les ont vécus. Heureux ou douloureux, leurs souvenirs sensoriels dessinent le portrait “impressionniste” de l'histoire algérienne de Rosans.

Rosans dans la brume

Quelques mots sur l'Algérie, la France et les harkis.   Certains en ont entendu parler, d'autres savent qu'ils sont venus d'Algérie. Mais l'histoire des harkis est encore si étouffée, si douloureuse, que peu de gens la connaissent vraiment, en dehors de ceux qui en font partie. Voici donc quelques repères…

En 1962, la France et l'Algérie signent les accords d'Évian mettant officiellement fin à une guerre qui ne dit pas son nom. Pour beaucoup d'Algériens, c'est la joie d'accéder à l'indépendance. Mais pour d'autres, c'est la peur qui domine. Qu'ils se soient battus dans les rangs de l'armée française pour nourrir leur famille, en réaction à une descente du FLN dans leur village ou sous la contrainte, les harkis ont rarement choisi leur camp par idéologie. Il leur faudra pourtant payer un lourd tribut : la crainte des représailles, les règlements de comptes… Et pour certains, l'exil.

Dans la précipitation, au péril de leurs vies, des familles rejoignent la Méditerranée et embarquent pour un pays qu'ils pensent accueillant. Mais à leur arrivée en France, ils sont logés dans des camps insalubres. Contraints à de nouvelles démarches pour obtenir la nationalité française qu'ils croyaient déjà avoir, ils vont devoir vivre à l'écart, en marge d'une société dont certaines composantes font tout pour les rendre invisibles.

Pris dans le tourbillon de l'histoire, les harkis incarnent bien malgré eux la mauvaise conscience de la France.

Rosans en noir et blanc

A quoi va servir le financement ?

Rosans, miel amer” est actuellement en cours de post-production. J'en réalise la plus grande partie moi-même, notamment le montage, mais certaines dépenses sont inévitables. La somme collectée servira donc à payer une partie des frais suivants…

  • Achat des droits pour l'utilisation des images d'archives
  • Droits d'auteur pour la musique utilisée dans le film
  • Location du matériel et cachet des techniciens pour le mixage et l'étalonnage
  • Édition des DVD et des affiches du film

Après plus de trois ans de travail, je souhaite aujourd'hui terminer mon film pour qu'il puisse exister auprès du public. J'espère qu'il contribuera à lever un coin du voile sur ce passé douloureux qui doit pourtant être accepté pour être dépassé.

Mais pour donner sa forme la plus aboutie à cette œuvre et lui offrir la meilleure visibilité possible, j'ai besoin d'un coup de pouce financier. Alors merci pour votre soutien et/ou pour faire suivre le message. Et pour ceux qui seraient réticents aux paiements sur la toile, vous pouvez soutenir le projet sans passer par Paypal.

A propos du porteur de projet

J'ai toujours été passionné par l'image et le cinéma ; c'est donc tout naturellement que j'ai passé un Bac Cinéma/Audiovisuel. Un milieu duquel je me suis néanmoins éloigné sans vraiment le perdre de vue. En 2004, je me suis remis dans le bain en intégrant l'Institut International de l'Image et du Son. Dans le cadre de cette formation, j'ai co-réalisé plusieurs reportages et un documentaire sur la diaspora tchétchène à Paris.

De retour dans le monde merveilleux du travail, j'ai troqué un temps ma caméra contre un stylo pour officier en presse écrite. Bonne pioche puisque le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir. C'est ce que j'ai fait en 2007 pour renouer avec mes premières amours et me lancer dans mon projet “Rosans, miel amer”.

Depuis, j'ai réalisé un autre documentaire. “Robert, cœur de forge” est le portrait d'un forgeron coutelier du Champsaur (Les Hautes-Alpes encore…) aussi passionné par son métier que par la montagne.

J'ai également signé plusieurs films de commande et je travaille actuellement à d'autres projets, dont “Mia, la rage d'un clown”. Ce film retrace l'histoire d'une artiste de cirque roumaine qui a passé près de 20 ans dans les rues de Bucarest et tente aujourd'hui de construire sa vie en France.

Et comme il n'y a pas que le boulot dans la vie, je peux aussi vous dire que j'ai 35 ans, une compagne admirable qui me soutient dans tout ce que je fais et cinq enfants resplendissants.