Radio Passagers

La voix des migrants

A propos

Radio Passagers est une agence de production de programmes radiophoniques à destination des migrants, réfugiés et demandeurs d'asile.

C'est une radio libre d'un nouveau genre, associative et joyeuse, pour tenir compagnie, informer, rassurer et fédérer "ceux qui passent", en Afrique, en Europe et ailleurs, grâce à un outil universel : le téléphone portable.

Simplement, gratuitement, elle entend répondre à l'appel de ces hommes et des femmes qui, sur les routes, sont "coupés du monde", comme ils le disent eux-mêmes ici :

 

 

 

J'ai constaté, à l'occasion de mes nombreux reportages sur leurs routes d'exil, que la plupart des migrants croisés en Afrique et en Europe s'ennuient.

Laissés seuls, à l'écart des sociétés qu'ils traversent ou dans lesquelles ils patientent, ils vivent souvent dans un état de détresse et de vide psychique. Seule la compagnie de quelques « frères » et « sœurs », et parfois un livre, parfois la radio, parfois la télévision, leur permet d'accéder à un peu d'ailleurs, un peu d'imagination, un peu de lumière.

Personne ne s'adresse à eux, ne parle pour eux, de leurs problèmes, leurs expériences, du passé et de l'avenir, du présent pénible qui se perpétue. Personne ne vient occuper la place laissée vide par la dureté de l'exil.

Personne ou presque — car il arrive que ceux qui disent élever les consciences des migrants soient surtout les pasteurs de différents cultes, de sectes, ou de mafias...

 

 

« Notre seule distraction, c'est d'aller au cyber-café de temps en temps, m'a dit l'un d'eux au Maroc. C'est notre seule manière de rester connectés au monde. »

L'idée de Radio Passagers est donc de proposer à « ceux qui passent » une plate-forme gratuite de programmes radiophoniques en français (pour commencer), téléchargeables sur téléphone portable (ou lecteur mp3, ou tout autre outil mobile), à écouter et réécouter à volonté, seul ou en groupe, et à partager.

Fictions radiophoniques, interviews, lectures, auto-fictions, confessions, phone-in's, chroniques, débats... L'association Radio Passagers est un atelier radiophonique, un nouveau type de radio libre dont les programmes sont élaborés, animés et coordonnés par un producteur à plein temps à Paris.

Les reportages, ainsi certains programmes de terrain, sont fabriqués par les correspondants-pigistes de RFI ou d'autres médias francophones en poste dans les pays de transit ou de destination, ainsi que les migrants eux-mêmes.

 

 

L'objectif de Radio Passagers est avant tout de cultiver les migrants, fidèle au vieux maître Dostoïevski, selon lequel les paysans russes avaient besoin "de pain et de Shakespeare".

De les accompagner avec bienveillance et lucidité dans l'épreuve souvent douloureuse qu'ils traversent. De tromper l'ennui nécrosant des bidonvilles et des camps de tente, des appartements surpeuplés, des maisons squattées.

D'aider les migrants à mieux s'intégrer dans les pays où ils vivent en les éduquants sur leur environnement et le monde dans lequel ils évoluent.

De leur donner des pistes et des techniques pour apprendre un métier, une langue. De les informer sur les risques qu'ils courent, les espoirs qu'ils entretiennent.

De les maintenir liés les uns avec les autres, au-delà des frontières et des destins.

 

 Dernières nouvelles du projet, extraits d'interviews et quelques exemples de "jingles" 
 sur le blog de Radio Passagers : 

http://www.radiopassagers.com

 

Radio Passagers est aussi sur les réseaux sociaux

 

 

Les programmes sont classés en 4 grandes catégories :

Le passé : histoire des pays, des peuples, du présent, des phénomènes de migration...

Le présent : apprentissage des langues, des métiers, des traditions, des droits, des devoirs...

Les autres : dialogue entre migrants séparés, entre familles divisées, entre ceux qui sont partis et ceux qui ne le sont pas...

Soi-même : création des migrants, de leurs idoles, de leurs proches, de leurs soutiens...

L'absence d'une antenne « linéaire » permet de proposer des programmes selon leur rythme de fabrication, de n'être pas tenus par le remplissage d'une grille, de gérer la fourniture de l'antenne selon l'actualité, les opportunités, la créativité de l'équipe de production.

Passé présent— Une fois par mois, un grand entretien d'une heure avec un historien met en lumière un épisode célèbre ou oublié de l'histoire des pays de transit, d'accueil ou de destination.

Grand témoin— Une fois par mois, un grand entretien d'une heure avec un intellectuel, un écrivain ou universitaire autour de la migration aujourd'hui, hier et demain.

Flash— Selon l'actualité, un point journalistique sur l'actualité des migrants, réfugiés et demandeurs d'asile dans les pays où « ça bouge ». Avec éventuellement un invité commentant le sujet du flash en plateau.

Actualité des métiers — Un reportage sur un professionnel, quelque part sur la route des migrants, fait découvrir son quotidien, ses besoins et ses attentes.

La langue des autres— Une série de cours radiophoniques de l'une des langues des pays de transit et de destination : en plateau, un enseignant donne un cours d'une heure à un élève.

Messagerie vocale — Chaque semaine, une sélection des messages laissés par les migrants sur le répondeur de Radio Passagers.

Sur la route— Le récit en première personne d'un migrant, réfugié ou demandeur d'asile sur les jours qu'il vient de passer et l'expérience qu'il vient de traverser.

Atelier dramatique— Un feuilleton radiophonique écrit sur la base des récits et témoignages des migrants, lu par une troupe d'acteurs professionnels.

Sous la tente— Lectures de textes, récits, poèmes, lettres écrits par les migrants et sélectionnés par Radio Passagers.

Playlist— Un programme de dédicaces musicales, proposées par des migrants.

 

 

A quoi va servir le financement ?

Le financement initial permet de lancer la radio et de la faire fonctionner à plein régime pendant 6 mois, le temps de faire connaître les programmes par les migrants, de lancer la dynamique de la radio, de prouver la validité de l'entreprise, de recruter les membres de l'association et de convaincre des partenaires (entreprises, sponsors, médias...) de se joindre à elle.

Le budget prévisionnel comprend l'élaboration du site de l'agence, bien entendu (environ 2000 € hébergement compris), mais aussi le paiement du salaire du producteur (2000 € par mois) et les piges des correspondants (un reportage de 2'30 par semaine au tarif Radio France, soit environ 150 €), l'achat du matériel de production, mais aussi la fabrication de la première vague de "merchandising" (t-shirts, carnets, etc.) qui assurera des rentrées financières à l'association.

Un système de « vases communicants » financier soutient le budget de fonctionnement, qui s'appuie par ailleurs le sponsoring de certains programmes et les cotisations des membres de l'association : les visiteurs du site peuvent acheter, pour la somme de leur choix, du temps d'antenne. Par exemple : lors de la phase initiale de financement, un don de 40 euros finance 1 minutes d'antenne. Ce tarif sera réduit après la phase initiale. Les donateurs ont le choix de fabriquer à leur guise, avec l'équipe de Radio Passagers, le temps d'antenne acheté ou de l'offrir à la radio. « Ceux qui ont un peu » payent ainsi pour « ceux qui n'ont rien », et disposent d'une visibilité concrète de leur don. Sur le site, un histogramme actualisé en temps réel matérialise ce système de « sponsoring citoyen ».

A propos du porteur de projet

Journaliste professionnel depuis 1999, je suis actuellement correspondant de RFI et Radio France au Maroc.

Je suis l’auteur d’un récit sur Les Erythréens (Rivages, janvier 2012) et d’un roman intitulé Athènes ne donne rien (Equateurs, janvier 2014).

J’ai également réalisé pour RFI et France Culture de nombreux reportages et documentaires sur les migrants, dont les grands formats "Biniam, la voix de la liberté" (France Culture, Sur les docks, mai 2013) et "Maroc: rencontre avec le gouvernement des migrants" (RFI, Grands reportages, décembre 2013).

Entre 2004 et 2008, j’étais le responsable du bureau Afrique de l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières, puis de son département de la Recherche entre 2008 et 2009. Avant de quitter l'organisation, j'ai créé avec mon ami Biniam Simon la seule station indépendante émettant en Erythrée, Radio Erena.