Oubliés

Création de la Compagnie des Lucioles

A propos

Un jour de printemps, en Pologne, une jeune lycéenne est oubliée sur une aire d'autoroute, en pleine campagne, alors qu’elle se rend avec sa classe au camp d’Auschwitz pour un voyage scolaire. Elle est québécoise mais vit à Paris. Seule et perdue, condamnée à attendre le retour du bus, elle fera la connaissance de trois étranges personnages : un panneau de direction, une vieille pièce de métal rouillé et un loup…

Cette création théâtrale est née de la collaboration fructueuse entre le metteur en scène de la Compagnie des Lucioles, Jérôme Wacquiez, et l’auteur québécois Jean-Rock Gaudreault, lauréats en 2011 pour ce projet du programme du ministère de la Culture « Rencontre entre un auteur émergent et un metteur en scène ». Ces deux artistes se connaissent bien. Ils ont déjà travaillé ensemble sur deux autres projets de la compagnie, Comment parler à un enfant pendant que le monde pleure en 2010 et Deux pas vers les étoiles, lauréat du Fonds SACD théâtre 2011.

L’idée de la pièce est venue à Jean-Rock Gaudreault après un voyage en Pologne où il visite le camp d’Auschwitz, pour, lui aussi, témoigner : témoigner de ce qu’il a vu, compris, ressenti mais il décide de le faire de façon différente, qui sera la forme d’un poème dramatique, un conte pour adultes. Jérôme Wacquiez transcendera le texte par une mise en scène inspirée du théâtre Nô et Kyôgen japonais dont il est un des plus fins connaisseurs en France. Il en ressort un spectacle universel, multiculturel, puissant, profond, d’une beauté étrange et inquiétante.

La guerre, si présente dans notre société jusqu’au XXe siècle, est maintenant une notion abstraite, éloignée de notre quotidien, masquée par le concert harmonieux des nations européennes… presque oubliée. Alors que la plupart des témoins des grands conflits mondiaux du siècle dernier ont disparu, les nouvelles générations, ici symbolisées par la jeune fille, se montrent bien souvent indifférentes envers ce passé grave et pesant, plus occupées à se construire un avenir. Pourquoi encore vouloir se souvenir ? Qu’est-ce que se souvenir ? Et surtout comment ?

Ce spectacle n’a pas peur d’aborder un des sujets les plus tragiques du XXe siècle en s’adressant aux nouvelles générations. La jeune fille ne veut pas se souvenir, ne veut pas savoir, car son smartphone sait tout pour elle. Les rencontres qu’elle va faire vont bousculer ses certitudes et ses croyances. Elle va petit à petit comprendre que l’histoire n’est jamais écrite, qu’elle est en perpétuelle évolution, qu’elle se construit et se reconstruit avec le temps grâce à ceux qui refusent d’oublier et que ce que l’on croyait certain à une époque ne l’est plus forcément à une autre. La légèreté apparente de ce conte, inspiré entre autre du Magicien d’Oz de L. Frank Baum, cache une réalité historique grave et ambiguë. Jean-Rock Gaudreault traite indirectement le thème de la Shoah et du devoir de mémoire par la place que tient l’Histoire dans notre société contemporaine et la façon nouvelle que nous avons de la traiter. Est-ce que « tout savoir » est « bien savoir » ? Les personnages-objets de ce conte mettront la lycéenne en face de certaines réalités historiques encore dérangeantes aujourd’hui comme par exemple le rôle et l’état des connaissances des Alliés vis-à-vis des camps d’exterminations nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

Que va-t-elle décider à la fin ? Nier et donc reproduire les fautes des générations précédentes et, par conséquent, perpétuer l'héritage alors qu'elle prétendait pouvoir vivre sans ? Ou bien les « digérer », les accepter, pour mieux tourner la page ensuite vers une nouvelle Histoire ?

Si le sujet de la pièce est grave, le traitement l’est beaucoup moins. Elle est régulièrement jouée devant des scolaires qui ne restent jamais indifférents. Elle les interpelle sur des sujets qui leur semblent complètement étrangers mais qui ont contribué de manière décisive à fonder le monde dans lequel ils vivent aujourd’hui.

L’humanité tire son existence même de l’histoire des peuples et des civilisations. L’offre exponentielle des moyens d’information et la facilité d’accès aux archives complexifient de plus en plus notre compréhension du passé et l’éloigne paradoxalement de plus en plus des jeunes générations. Le passé est présent tous les jours, autour de nous, mais ne s’adresse plus à nous sans un effort d’analyse de plus en plus savant. Alors, ne vaut-il mieux pas oublier ?

La pièce Oubliés bouscule les idées reçues, faciles et convenues. Elle décortique le mécanisme du souvenir et sa transmission. Elle nous montre toute l’ambiguïté du devoir de mémoire sous la forme d’un conte fantastique moderne, avec ses objets vivants et son loup.

Comme tous les contes, elle ne nous rassure pas, ni sur nous, ni sur les autres, mais nous aide à exorciser la peur du passé, des origines, car il n’y a que comme cela qu’une société se construit et progresse.

 

 

 

La presse a parlé d’Oubliés :

« La mise en scène de Jérôme Wacquiez s’accorde à merveille au texte de Gaudreault »

Mon(théâtre).qc.ca

« La mise en scène tient l’oeil en étonnement et le cerveau en questionnement »

La Provence

« Oubliés dans le top 10 des spectacles soutenus par le Off »

La Provence

« Les quatre comédien(ne)s, très à leur fait, convaincus et convaincants, nous emmèneraient

avec eux jusqu’au bout de l’arc-en-ciel, s’il en était »

Revue-spectacles.com

« La dernière partie d’Oubliés, plus proche du spectateur dans l’espace scénique, est à couper le souffle... On décolle vraiment avec eux »

Avinews

« Une pièce sur l’acceptation des différences et la découverte de l’autre. Immanquable »

L’Aisne nouvelle

A quoi va servir le financement ?

Le financement va servir à payer la création d’une affiche pour ce spectacle.

La pièce, qui a été créée à la Maison des Arts et Loisirs de Laon en mai 2012, a été jouée depuis au Festival d’Avignon et principalement diffusée en Picardie. Mais malgré cela, nous n’avons pas encore pu trouver les financements nécessaires à la réalisation d’une affiche digne de ce nom…

Voilà pourquoi nous vous proposons de participer financièrement à la création de cet organe essentiel de communication et de diffusion qui nous permettra enfin de rendre notre spectacle « visible » ! L'idée d'engager un projet destiné à être soumis au regard de tous, selon un mode de financement participatif, nous plait bien.

 

A propos du porteur de projet

La Compagnie des Lucioles est une compagnie de théâtre professionnelle créée en 2002, établie et travaillant à Compiègne en Picardie. Elle produit, crée et diffuse en région, sur le territoire national et à l’étranger, ses créations théâtrales. Jouant des codes du théâtre oriental et occidental, Jérôme Wacquiez insuffle une démarche artistique donnant naissance à des spectacles confrontant tradition et modernité.

Elle diffuse en France et au Japon ses créations Kakushidanuki – Le Blaireau caché depuis 2004 et Camélia depuis 2006. Jérôme Wacquiez met en scène, en 2008, Molière et son dernier sursaut. En 2009, la compagnie bénéficie d’une convention au Ziquodrome de Compiègne et d’une convention de résidence de trois ans au Forum de Chauny, signée entre le Conseil régional de Picardie, le Conseil général de l’Aisne, la DRAC Picardie et la Ville de Chauny. La compagnie met en scène Embrassons-nous Folleville et un spectacle jeune public, Deux pas vers les étoiles. Cette dernière pièce sera présentée au Festival d’Avignon avant de bénéficier du Fonds de soutien SACD en 2011.

Les résidences au Forum de Chauny et à Compiègne sont reconduites pour la saison 2009-2010 avec une nouvelle création, Comment parler à un enfant pendant que le monde pleure, de Jean-Rock Gaudreault.

En 2010, Jérôme Wacquiez et Jean-Rock Gaudreault sont lauréats du programme du ministère de la Culture, «Rencontre entre un auteur émergent et un metteur en scène». L’auteur québécois écrit ainsi un texte intitulé Oubliés, mis en scène par Jérôme Wacquiez. La pièce est présentée au Forum de Chauny en mai 2011 et jouée au Festival d’Avignon 2012.

En parallèle, la compagnie continue son travail autour du langage avec l’auteur Laurent Colomb, initié en 2010 avec la pièce Kyotonomatopée. Un nouveau spectacle, Opéra langue, est sélectionné dans le cadre du programme Rousseau 2012 mené par le Conseil général de l’Oise. La pièce est jouée à plusieurs reprises sur le territoire isarien et part également sur les traces du philosophe à Genève.

Actuellement, la compagnie travaille sur deux nouveaux projets pour les prochaines saisons : 5 jours en mars, écrit par le Japonais Toshiki Okada, qui abordera l’histoire de deux jeunes issus de la « génération Y » qui s’isolent du chaos quotidien en plein déclanchement de la guerre d’Irak, pour s’enfermer durant cinq jours dans un « love hôtel ». Cette création est un retour aux sources de la compagnie, un retour vers son inspiration asiatique. C’est un projet  ambitieux car nous envisageons une collaboration avec un studio de création d’images, ainsi que des collaborations internationales.

Notre second projet, J’aime le monde tel qu’il est, est une nouvelle collaboration avec l’auteur québécois Jean-Rock Gaudreault. C’est un véritable challenge à la fois pour l’auteur et la compagnie car il sera en partie inspiré des écrits des élèves des établissements scolaires du territoire picard avec qui nous travaillons sur ce projet dans le cadre d’un blog communautaire.

Le site de la Compagnie des Lucioles

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Le projet d’Oubliés a déjà été soutenu par le ministère de la Culture - Direction Générale de la Création Artis­tique - DGCA - dans le cadre du dispositif “Rencontre entre un metteur en scène et un auteur émergent”. Création dans le cadre d’une résidence d’artiste de trois ans / Coproduction Forum de Chauny.

Distribution

Mise en scène: Jérôme Wacquiez

Avec : Charlotte Baglan, Justine Barthélémy, Christophe Brocheret, Cédric Veschambre

Création lumière et régie générale : Guillaume Fournier, Emilien Grèze, Benoit Szymanski

Scénographie : Anne Guénand

Costumes : José Gomez

Collaborateur artistique : Jean-Christophe Barbaud

Créateurs son : André Dion, Léandre Vaucher

Montage du projet

  • Mars 2010 : Ecriture du synopsis
  • Été 2010 : Premières ébauches d’écriture de la pièce
  • Décembre 2010 à mars 2011 : Ecriture de la pièce
  • Novembre 2010 à mai 2011 : Résidence de création théâtrale au Forum, centre culturel de Chauny
  • Mai 2011 : Présentations du chantier de création au Forum de Chauny
  • Octobre 2011 : l’auteur Jean-Rock Gaudreault transmet la version définitive de la pièce à la compagnie
  • Résidence au Centre culturel de Jouy-le-Moutier
  • Mai 2012 : Résidence à la Maison des Arts et Loisirs de Laon et présentation publique le 7 mai 2012.

Production

Coproduction avec le Forum - Centre Culturel de Chauny, la Ville de Chauny, le Ziquodrome de Compiègne, la Ville de Compiègne, Centre culturel de Jouy-le-Moutier, Maison des Arts et Loisirs de Laon.

Partenariats

Direction Générale de la Création Artistique - Dispositif auteur / metteur en scène, DRAC de Picardie, Conseil régional de Picardie, Conseil général de l’Aisne, Conseil général de l’Oise, la Ville de Compiègne, le Forum de Chauny, la Spedidam.