Un Monde Ordinaire

Documentaire de création / Long-métrage / Vidéo.

A propos

 

Synopsis


Thierry vit à Crémeaux, un petit village agricole de la Loire. Naviguant entre des espaces clos, d’un monde à un autre sur sa mobylette, il confie à la réalisatrice son angoisse de ne pas être comme les autres. Chacune des impossibilités dues à son handicap encadrées par une mère dévouée, un travail adapté, un village sensibilisé.
C’est à travers ses mots et les témoignages de sa famille, que cet homme s’égare et se raccroche à des repères, constamment en recherche d’une fuite, imaginaire, sombre parfois. Il se construit victime d’un monde et bourreau d’un autre qu’il fabrique de toute pièce.
Plumeur de tête dans un abattoir de volailles,Thierry exécute sa tâche avec délicatesse, ses mains frôlent minutieusement le corps mort, l’étreignent presque. Le bruit sourd de la plumeuse et le râle métallique des rails planent, violents, comme une empreinte inconsciente sur son existence. Le personnel pédagogique rend compte d’une réalité répétée qui sauve et annihile. Des liens se créent entre des personnalités soumises à leurs contradictions.
Il confie à sa petite nièce, son angoisse de ne pas être comme les autres. Ses mots finissent par trahir le désir impérieux de fonder une famille, de tomber amoureux d’une femme... Somme toute, se réaliser en tant qu’homme.

Charles - Musique Originale : Aurélien Delamour :

 

Avec l'autorisation de l'ESAT "La Blégnière" de Crémeaux.
La participation de Laure Garrivier et du personnel pédagogique.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

A quoi va servir le financement ?

Les premiers repérages ont eu lieu en avril, août et en novembre 2011- sans caméra, ni techniciens- au cours desquels j’ai pu présenter à ma famille ma démarche documentaire, m’intégrer au quotidien de Thierry et ainsi rencontrer le personnel de l’ESAT (Etablissement et Services d’Aide par le Travail). 

Mon travail d’immersion a pris la forme d’entretiens enregistrés, de photographies et de prises de notes afin d’établir une première matière de réflexion. 

Ce soutien me permettrait de réaliser des repérages accompagnée d'une équipe technique afin de continuer mon travail d'écriture.


Le soutien sollicité assurera :

  • La location du matériel. 
  • Les déplacements/défraiements. 
  • L’animation d’ateliers participatifs.
  • La location d'un hébergement.

    Les ateliers 

    La rencontre avec le personnel éducatif et les ouvriers de l’ESAT a ouvert une dynamique nouvelle au projet. J'ai donc mis en place différents ateliers participatifs sur la base du volontariat durant les temps réservés aux « ateliers récréatifs » (mis en place par l’ESAT et la MSA) afin de redynamiser les acquis et les connaissances de chacun ainsi que les liens de sociabilité.

    L’objectif de ces ateliers étant de couvrir l’enseignement des différentes techniques de prises de sons et de prises de vues afin de permettre aux ouvriers de créer un court-métrage autour d’un thème choisi par eux : « le film policier » (ouvriers de l’ESAT La Blégnière). 

     

    A propos du porteur de projet

    "Un Monde Ordinaire" est un premier projet documentaire né de ma relation avec mon oncle. Sa honte parasite « de ne pas être comme les autres » confiée à demi-mots, ma rencontre avec la directrice de l’établissement et service d’aide par le travail (ESAT) dans lequel il travaille et les soutiens de la famille de mon oncle ont permis au film de trouver une place et d’ouvrir les territoires de pensées ainsi que les possibilités de recherches.

    Ce projet est mis en œuvre dans une économie restreinte et s’enrichit des participations de chacun dans la durée. Les personnes qui prennent part à l’existence du film œuvrent de concours afin de mettre en avant un encadrement pédagogique, humain et sensible autour du projet. Le film est devenu une entité centralisant un projet plus large de discussions, de mise en relation des connaissances et des acquis mais surtout d’une expérience humaine.


     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Note d’intention 

    Mes souvenirs d’enfance sont habités par la présence de Mon Oncle, par nos jeux, nos confidences assis sur le petit mur de pierre qui jouxte la route et sépare la maison de mes grands- parents du reste du monde. J’avais huit ans, lorsqu’il m’avoua sa honte parasite de ne pas être comme les autres. Vingt années nous séparaient. Ses traits ont mûri mais il reste ce même petit garçon avec l’amertume d’avoir le sentiment que le temps passe mais que son monde reste le même. 

    Vingt ans nous séparent toujours. Nos univers ne se touchent presque plus.

    Mon Oncle est né en avril 1969. Il a 42 ans. Il vit à Crémeaux, une petite commune de la Loire peuplée de ses quelques 900 habitants. Il est handicapé mental.

    L’inconscient culturel occidental pose sans cesse la question de la totalité́. Celle des individus. Quelles sont les impossibilités de Mon Oncle ? Peut-il se réaliser en tant qu’homme ? Je me pose ces questions insolubles à chaque rencontre. Toujours en comparaison avec le monde ordinaire, il ne parvient pas à trouver sa place.

    Dans ce film, Mon Oncle se raconte et aborde ces questions. Mon lien familial me permet de l’effleurer de façon sensible. Même si Mon Oncle constitue le centre de conscience du film, je veux donner de l’importance à l’environnement avec une volonté́ claire de constamment le perdre et le retrouver dans les divers témoignages.

    Le spectateur plonge dans l’univers de Mon Oncle par une déambulation autour de trois ensembles: son foyer familial, son lieu de travail ainsi que son appartement. Planent différentes figures, toutes issues de son environnement familial et professionnel, témoignant parfois de leur expérience, trahissant leurs doutes et leurs certitudes à travers leurs gestes. Chacun partie d’une vérité́. Tous parcelle de l’autre.