Walang Ilaw Sa Bahay

enfants de l'émigration

A propos

 

Walang Ilaw Sa Bahay

une maison sans lumière

 

Moyen-métrage documentaire sur l'absence

des mères aux Philippines

 

 

 

RESUME

Walang Ilaw Sa Bahay est un moyen-métrage documentaire qui se déroule aux Philippines.

Ce film a pour sujet plusieurs enfants dont les mères travaillent à Paris en tant que domestique.

Premier pays exportateur de main d’oeuvre, les Philippines connaissent depuis les années 80 un phénomène nouveau et qui s’accélère : ce sont de plus en plus de femmes qui partent, bien souvent des mères, qui, pour assurer le futur de leurs enfants, décident de devenir domestiques au Moyen-Orient, en Asie ou encore en Europe.

Ces enfants qui n’ont pas vu leurs mères depuis parfois plus de dix ans nous parlent de cette relation particulière qu’ils entretiennent avec cette femme qu’ils ne connaissent qu’à travers les conversations téléphoniques ou les chats internet.

Le film alterne entre le quotidien de ces enfants et jeunes adultes et les images de lettres-vidéos que leurs mères leur ont réalisées à Paris.

 

 

SYNOPSIS

« Le père est le toit de la maison. La mère, la lumière. Vivre sans sa mère, c'est comme lorsque que tu avances dans le noir. C'est laborieux, tu te cognes, mais tu y arrives. »

Erwin a vingt-­sept ans, lorsqu’il était adolescent, sa mère est partie en France, grâce à un visa touristique pour être embauchée comme domestique dans une famille aisée de la capitale. C’était le début de dix longues années de séparation, dix années nécessaires à Daylee, sa mère, pour demander sa régularisation.

Dans une lettre-­vidéo que j’ai emporté avec moi, Daylee lui parle, lui montre Paris, lui fait part de ses espoirs pour son avenir et de ses regrets liés à sont absence.

Parfois, ma caméra semble être l’œil de la mère et Erwin lui parle comme si elle s’était substituée à elle. Puis, elle redevient l’objet et en le suivant dans son quotidien, il me confie peu à peu son désir d’émigrer à son tour et de prendre le relais de sa mère.

Comme Erwin, John Dave et Denise Althea vivent sans leur mère, mais leur souvenir d’elle est plus lointain. Agés de huit et dix ans, Elena les a confiés à ses parents il y a cinq ans déjà. A l’intérieur de Tondo, le quartier des bidonvilles de Manille, leurs grands-parents font de leur mieux en attendant de pouvoir emménager dans la petite maison de province que leur fille a acheté avec l’argent qu’elle envoie tous les mois.

Et puis il y a aussi John Paul et ses soeurs Jennilyn et Princess. Lors d'un repas qui les réunit ils se questionnent l'un l'autre sur ce qu'est une mère et comment ils ont essayé de se construire en son absence.

A travers ces différentes rencontres, le film questionne le poids de cette séparation et la conscience que ces jeunes en ont.

 

LES PERSONNAGES

Erwin et sa soeur, Hannah, avec son mari et ses deux enfants.

 

John Dave et Althea, au centre, avec leurs grand-parents et leurs deux cousins.

 

John Paul, Jennilyn et Princess, et Prince Joshua, le fils de Princess.

 

EN SAVOIR PLUS SUR LE CONTEXTE

L'émigration

Aux Philippines, l’émigration fait partie intégrante de la société, de l’Histoire et de l’économie. L’Oversea Filipino Worker – OFW, comme ils sont appelés là-bas – est valorisé socialement alors même que l’émigration entraîne souvent une régression sociale. Figure du sacrifié, à la fois religieuse et culturelle. Dans l’Histoire de l’archipel, ce phénomène s’étend des jeunes métisses hispano-philippins qui allaient en Europe au XVIII siècle pour y étudier, jusqu’aux centaines de milliers de marins philippins sur les mers du globe, sans oublier les infirmières et médecins qui venaient compléter les effectifs européens et étasuniens. L’émigration, du fait de cette histoire, a toujours été valorisée et valorisante.

Il faut évoquer aussi un système politique qui encourage cette émigration depuis la présidence de Marcos, dans les années 1980. État gravement atteint par la corruption et endetté, l’argent envoyé par les OFW contribue significativement à l’économie nationale : l’apport de devises étrangères permet le remboursement de la dette extérieure. A la figure de sacrifiée, s’ajoute alors la figure de héros moderne façonnée quotidiennement par les médias et la télévision.

On estime que près d’un enfant sur cinq a au moins un de ses parents qui travaille à l’étranger. Dix pour cent de la population émigre pour envoyer de l’argent à sa famille.

En France et principalement à Paris, plusieurs dizaines de milliers de philippines travaillent en tant que domestiques pour des familles aisées.

Sans-papiers à quatre-vingt pour cent, elles sont condamnées à rester en France pendant dix à quinze ans (le temps nécessaire pour obtenir leur régularisation).


La famille

« La famille reste une des entités les plus valorisées du pays, étant donné son rôle central au niveau politique et économique. En quelque sorte, les Philippines sont «une société de famille» au sein de laquelle chaque individu apprend à connaître les valeurs sociales importantes pour exister et pour survivre socialement et économiquement. [...] Parmi les individus membres de la famille, la mère et l’enfant occupent une place particulière, à la fois privilégiée et remplie d’attentes concernant la dignité et l’honneur de la famille au sein de la société. »

Asuncion Fresnoza-Flot, Migration, genre et famille transnationale: l’exemple de mères migrantes philippines en France, Thèse dirigée par Maryse Tripier, Paris Diderot, septembre 2008, p119.


Pour en savoir plus

Liane Mozère , « Domestiques philippines entrepreneures d'elles-mêmes sur un marché mondial de la domesticité », Le Portique [En ligne], Archives des Carnets du Genre, Carnet 1-2005, mis en ligne le 10 novembre 2005, Consulté le 01 février 2013. URL : http://leportique.revues.org/index711.html

Jackson Richard T., Huang Shirlena, Yeoh Brenda S. A., Guillon Michelle, Noin Daniel , Les migrations internationales des domestiques philippines. Contextes et expériences aux Philippines et à Singapour. In: Revue européenne de migrations internationales. Vol. 15 N°2. Emploi, genre et migration. pp. 37-67. URL : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/remi_0765-0752_1999_num_15_2_1678

A quoi va servir le financement ?

Ce projet que je porte seule depuis presque trois ans n'a reçu aucun financement. Aujourd'hui il arrive à l'étape du montage et le recul des quelques mois qui me séparent de la fin du tournage m'a apporté la certitude de la nécessité de travailler avec quelqu'un. A ce stade, il est capital pour le film qu'un nouveau regard, extérieur, se pose sur lui.

Ce budget servirait alors à dédommager le monteur du film et a payer un traducteur pour les rushes que mon niveau de tagalog ne me permet pas de déchiffrer.

L'objectif si la somme est dépassée à 150 %, c'est que le film puisse bénéficier d'un montage son, d'un mixage et d'un étalonnage, indispensables pour une projection dans des conditions professionnelles.

A propos du porteur de projet

Je m'appelle Justine Meignan, je suis étudiante en Master 2 réalisation à l'Université de Paris 8, c'est là mon premier film, mon projet de fin d'étude.

Passionnée par le cinéma documentaire, je me spécialise rapidement pendant mon cursus universitaire. Lors de la réalisation d'un exercice, je rencontre plusieurs femmes philippines dont les enfants sont restés là-bas. A l'époque, je suis stupéfaite par ces récits et je décide de les filmer m'expliquer leur situation et leur sacrifice.

Rapidement, le désir naît en moi d'aller de l'autre côté, celui des enfants et de comprendre comment un tel sacrifice est possible et à quel prix. En même temps que je commence mon Master 1 qui consiste en l'écriture du projet, je suis une licence de Filipino (la langue nationale) à l'INaLCO pour pouvoir communiquer sur place et en savoir plus sur cette partie du monde.

Grâce à mes économies et à l'aide de ma famille, et parce que je mets en place un dispositif peu couteux (l'équipe technique de tournage est réduit à moi et à un jeune philippin qui prendra le son), je réussis à partir trois mois sur place (de janvier à mars 2012).

Vous pouvez consulter le blog que j'ai tenu pendant le tournage ici : http://familleimaginee.blogspot.fr/