Maison Albert Londres

Albert Londres... Sauvons sa maison natale à Vichy!

A propos

Le financement de 12 000 € est atteint ! la démarche d'acquisition va pouvoir s'engager.

Mais vos dons complémentaires nous seront très utiles pour sécuriser l'édifice !

Vous pouvez toujours contribuer à cette belle réalisation.

Très sincèrement merci !

Après 25 années d’abandon, il est grand temps de la faire revivre pour faire découvrir au delà du mythe Albert  LONDRES, l’homme qu’il était, pour réunir les éléments de compréhension de l’engagement du grand reporter et de son travail exceptionnel.

Quoi de plus évident pour redonner à cette maison une raison d’exister que d’en faire une maison d’écrivain qui soit une évocation de l’homme, de son univers et de son œuvre ; un lieu d’accueil de journalistes francophones en résidence et aussi un lieu de rencontres et d’échanges autour des grandes questions de société et du journalisme, dans l’esprit de celui qui y vit le jour.

«Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ». Cette phrase d'Albert Londres exprime son ethique de journaliste.

Toute sa vie, jusqu’à sa mort mystérieuse en 1932, dans l’incendie du navire qui le ramenait de Shanghai, grâce à ses articles pour les différents journaux auprès desquels il travailla en parcourant le monde, Albert Londres ne cessa de dénoncer les injustices et les excès, donnant la parole à ceux qui en étaient privés.

Albert Londres est aujourd’hui reconnu comme le père du journalisme moderne. Chaque année, le prestigieux Prix Albert Londres vient récompenser un journaliste de la presse écrite et audiovisuelle francophone.

 

 

A quoi va servir le financement ?

Votre participation va compléter la somme que nous avons déjà réunie et permettre ainsi de racheter cette historique maison.

Avec 12000 €, nous pourrons franchir la première et fondamentale étape : l’acquisition.

Avec 17000 €, nous pourrons  sécuriser le batiment..

Avec 23000 €, nous pourrons faire réaliser l’étude scénographique et le plan de réhabilitation.

Plus la somme collectée, maintenant, sera élevée, plus tôt sera l'ouverture de la Maison Albert Londres. Nous serons ravis, ce moment venu, d'offrir à chacun, une invitation pour la découvrir, car c'est vous qui aurez permis sa réalisation !

 

 

Grâce à vous, l’emblématique demeure aura été sauvée !

Pour la suite, avec l’aide de partenaires financiers institutionnels, de fondations et d’entreprises privées, le fonds de dotation « Sauvons la maison d’Albert Londres » restaurera ensuite le bâtiment.

Comme votre contribution va au fonds de dotation « Sauvons la maison natale d’Albert Londres », si vous le souhaitez, vous pouvez recevoir un reçu fiscal qui vous permettra de déduire de votre impôt sur le revenu 66% de la somme versée ; c’est quand même bien !

Pourquoi participer au projet ?

- Pour faire partie de ceux qui sauvent la maison d’Albert Londres, rejoignez-nous !

- Pour faire partie de ceux qui veulent qu’un lieu emblématique évoque sa vie et son œuvre !

  Pour récupérer 66% de votre don sur vos impôts !

Nous ferons une Maison d'écrivain !

Un lieu d’évocation d’un homme d’exception !

Un rendez-vous avec l’aventure du grand reportage !

Un lieu de prise de conscience de l'importance du grand reportage !

                                                                                                                      

Le lieu présentera des espaces d'expositions,  de projections, de documentations, de réunions et aussi, d'accueils en résidence de jeunes journalistes francophones.

Conférences, débats, ateliers d'écriture..., autant d'animations pour un public averti ou néophyte en feront un lieu d'échange dans l'esprit de celui qui y vit le jour.

                                                                                                           Plan d'un des quatre niveaux

 

A propos du porteur de projet

Les membres de l’association, « Regarder et agir », admiratifs d’Albert Londres et très sensibles à la conservation du patrimoine,  travaillent sans relâche pour sauvegarder la maison natale d’Albert Londres, à Vichy, au 2 rue Besse, organisant de nombreuses manifestations, pour vendre les cartes postales et la bande dessinée, que l’association a éditées. Ils ont créé le fonds de dotation « Sauvons la maison natale d’Albert Londres », qui a pris le relais de la collecte d’argent.

L’association, par les rencontres, expositions, conférences qu’elle organise depuis 5 ans, a reçu pour ce projet le soutien d’un nombreux public et de nombreux journalistes locaux et nationaux reconnus.

Véronique Auger, Rédactrice en chef à France Télévision et marraine du fonds de dotation, se mobilise avec toute la promotion 1981 du Centre de Fomation des Journalistes (CFJ Paris) pour faire vivre notre projet.

Parallèlement à notre action pour rassembler les fonds nécessaires, l’association travaille au  projet culturel qu’elle va présenter prochainement aux partenaires et collectivités qui la soutiennent dans l’organisation des Rencontres.

Nous vous remercions pour votre participation et votre générosité !

Et espérons votre venue dans quelques temps à la Maison Albert Londres !

Pour tout savoir sur nous et notre action : www.albert-londres-vichy.fr

Retrouvez-nous sur Facebook : www.facebook.com/RencontresAlbertLondres

 

FAQ

  • Pourquoi est-ce notre association qui mène cette action ?

    Parce que cela fait 25 ans que la maison attend qu’on s’intéresse à elle !

    Parce que, devant cette maison, nous n’entendions que des exclamations d’étonnement de la voir dans cet état, d’incompréhension que rien ne soit fait, ou la conclusion fatale qu’il n’y avait rien à faire.

    La Maison a fait l'objet en 1995 d'une vente judiciaire avec fol enchères, et depuis la Maison se dégrade à la vue des passants impuissants.

    Nous nous sommes assurés qu’il y avait bien une possibilité d’acquérir cette maison et nous sommes engagés dans cette action.

    Et maintenant le temps presse, car le créancier veut relancer la vente juridique. C’est pour cela que nous avons lancé cette collecte participative.

    Nous avons déjà collecté, une somme considérable, mais il nous manque 12000 € pour se porter adjudicataire lors de la prochaine vente judiciaire de la Maison..

    Notre solution est actuellement la seule pour garantir le bon usage de cette demeure emblématique. Notre projet est d'en faire une maison d'écrivain pour faire connaitre la vie et l'oeuvre d' Albert Londres, mais aussi de faire apprécier les valeurs du Grand reportage. 

     

     

     

    Dernière mise à jour : il y a 2 années, 9 mois

  • Qui était Albert LONDRES ?

    Biographie par Eric LABAYLE - Historien éd Anovi - DR

    Albert Londres est né le 1er novembre 1884 à Vichy. Il est issu d'un milieu modeste. L'un de ses grands-pères est chaudronnier, l'autre est colporteur et ses parents sont les tenanciers d'une pension de famille baptisée la "Villa Italienne". Très vite, l'enfant témoigne d'un goût prononcé pour les lettres. Fervent lecteur des grands auteurs du XIXe siècle, il a notamment un penchant pour les oeuvres de Victor Hugo et Charles Baudelaire. Toutefois, après des études secondaires au lycée de Moulins, il doit chercher du travail et quitte l'Allier pour Lyon en 1901. Il y trouve un emploi de commis aux écritures au service comptabilité de la Compagnie Asturienne des Mines. Consacrant le plus clair de son temps libre à l'écriture, il rédige à cette époque quelques poèmes de facture classique, ainsi qu'un chant tout en vers à la gloire de Léon Gambetta. Rien qui puisse le faire passer à la postérité...

    En 1903, Albert Londres "monte" à la capitale. Il y fréquente les milieux littéraires, en compagnie de ses deux amis venus de Lyon avec lui : Henri Béraud (futur journaliste) et Charles Dullin (qui se destine à une carrière de comédien). François Coppée, notamment, exerce une influence notable sur le jeune homme. Mais après la publication de quelques textes poétiques (dont La Marche aux Étoiles, une oeuvre en vers consacrée aux pionniers de l'aviation), celui-ci abandonne vite ses ambitions lyriques. Un nouvel emploi lui donne l'occasion de mettre à profit plus utilement son penchant pour l'écriture : en 1904, il devient correspondant à Paris du journal lyonnais Le Salut Public. Cette première expérience du journalisme éveille en lui une véritable vocation. Après deux ans, il est embauché par le grand quotidien Le Matin, pour lequel il rédige des chroniques politiques. Réformé du service militaire, il n'est pas mobilisé lorsque éclate la guerre en 1914. Il travaille alors comme reporter à la Chambre des députés.

    La première guerre mondiale constitue pour Albert Londres une aubaine inestimable, un véritable coup de pouce du destin. Mais cette chance, le journaliste sait la saisir au moment opportun. En septembre 1914, quittant Paris, il se rend de sa propre initiative dans la ville de Reims, qui vient juste d'être libérée à l'issue de la bataille de la Marne. Il y assiste au bombardement allemand sur la cathédrale. De cette expérience, il tire un article qui aura un énorme retentissement : "Ils bombardent Reims", paru dans Le Matin du 21 septembre 1914. Son style nouveau, alerte, vivant et enflammé, au service de l'un des grands symboles du patriotisme français (la cathédrale de Reims bombardée par des Allemands sans foi ni loi), lui vaut, contrairement aux usages du Matin, de signer l'article de son propre nom. C'est le début de la célébrité et Albert Londres devient ainsi le premier correspondant de guerre français.

    Après quelques mois passés entre le front, la rédaction du Matin et des démêlés avec le commandement militaire, il franchit une nouvelle étape en s'embarquant pour les Dardanelles, en 1915. Ce départ marque aussi sa rupture avec son ancien employeur. C'est pour le Petit Journal qu'il travaille désormais. Des Balkans aux tranchées de France, il passe le reste de la guerre au plus près du front, partageant avec les Poilus la misère des cantonnements et livrant ses expériences à ses lecteurs. Dans ses articles, le pittoresque côtoie le compte rendu objectif. L'éloquence est mise au service du récit. La réflexion est libre. Cette liberté de ton ne plait pas aux militaires, qui se méfient de celui dans lequel ils voient volontiers un personnage "insolent", difficilement contrôlable. Mais comme ses articles remportent un succès grandissant, l'autorité militaire est obligée de composer avec ce journaliste atypique et "insubordonné".

    "La Victoire, quel alcool !", écrit Londres après l'armistice de novembre 1918. Mais une fois dégrisé des joies de la paix recouvrée, le reporter doit se trouver de nouveaux terrains d'investigation. En septembre 1919, il "couvre" pour le magazine Excelsior le coup de force de Gabriele d'Annunzio sur Fiume. Il ne cache pas dans ses articles la sympathie que lui inspire le mouvement romantico-politique du poète italien, ce qui lui vaut l'inimitié de Georges Clemenceau, tenant des traités de paix, qui voyait d'un mauvais oeil de telles initiatives.

    Quittant l'Europe pour le Moyen-Orient, Albert Londres se rend ensuite en Syrie et au Liban, où le mandat français se met en place, non sans mal ni combats. Les articles qu'il y rédige tiennent à la fois de l'analyse de la domination franco-britannique sur les anciennes provinces ottomanes que du roman d'aventure.

    Mais le coup de Fiume comme les mandats orientaux ne sont que des sujets périphériques pour le grand reporter. La Russie, qui a basculé dans la révolution depuis 1917 lui offre d'autres espaces, à la mesure de ses ambitions. Les Bolcheviks ont quasiment coupé le pays du reste du monde et la guerre civile n'arrange rien. Albert Londres sait qu'il y a là un magnifique sujet d'investigation. Mais pour rendre compte à ses lecteurs de l'état de la Russie, encore faut-il pouvoir y entrer ! Après plusieurs démarches auprès du ministère des Affaires étrangères, l'aide financière dont il a besoin lui est refusée. Il avait bien proposé aux autorités françaises de jumeler son travail de journaliste à une activité clandestine de déstabilisation du régime bolchevique, mais rien n'y a fait. Lorsqu'il quitte Paris pour les pays baltes, il n'a pas un sou vaillant.

    Ce handicap matériel ne le freine pourtant pas. Passé d'Estonie en Finlande, il arrive à Petrograd après 52 jours de périple. Le voici à pied d'œuvre. Ce qu'il voit le révolte et ses comptes rendus sont dénués de toute nuance : l'ancienne capitale des Tzars n'est plus "qu'une sinistre cour des miracles" peuplée de mendiants affamés, le régime bolchevique est une "monarchie absolue. Seulement, le monarque, au lieu de s'appeler Louis XIV ou Nicolas II, se nomme Prolétariat Ier", Lénine est dépeint comme "un expérimentateur", une sorte de savant fou "vêtu d'une blouse de chercheur et une éprouvette (rouge, bien entendu) entre les mains" qui n'a que faire du peuple. "Les cobayes de Lénine, ce sont des hommes. Il en a tué déjà des centaines de mille". Le tableau que brosse Albert Londres de la Russie bolchevique est sans appel. Avec le recul, on est en droit de se demander si cette outrance dans le langage n'était pas, en fin de compte, que le reflet fidèle d'une époque outrancière... Car s'il s'enflamme, le journaliste sait également se faire l'observateur impartial de son temps, sans parti-pris politique ni social. Ainsi pourra-t-il passer pour un homme de droite à la lecture de ses articles sur la Russie, aussi bien que pour un homme de gauche à celle de ses récits du bagne de Cayenne...

    Après la Russie, Londres parcourt l'Europe orientale, puis il part pour l'Asie en 1922. Ses articles abordent alors tous les sujets : de l'émergence des mouvements indépendantistes en Inde à la description d'un Japon pittoresque où les femmes "ont des chaussettes à deux compartiments"... Une fois encore, le grand observateur qu'il est n'hésite pas à marier les genres les plus dissemblables, pour produire un témoignage d'une grande richesse.

    L'année 1922-23 est également celle d'un reportage qui fera grand bruit : celui sur le bagne de Cayenne. Avec l'aide du gouverneur général de la Guyane Canteau, Albert Londres fait découvrir aux lecteurs du Petit Parisien les rudes conditions de vie des bagnards dans cette "usine à malheur". Il n'est certes pas le premier journaliste à s'être intéressé au sujet, mais là où les autres se sont attachés à l'aspect folklorique des choses, il préfère se faire le témoin d'une certaine réalité. Avec sa verve habituelle, il brosse de saisissants portraits des condamnés, relate leur quotidien, évoque leurs rêves (et surtout celui de l'évasion) et compose même une chanson sur le sujet ! Prenant fait et cause pour Eugène Dieudonné, un bagnard évadé qui clame son innocence (ouvrier anarchiste, il avait été condamné lors du procès de la Bande à Bonnot), il plaide en sa faveur dans ses articles, avec une telle éloquence que l'opinion publique s'en émeut. Le dossier est rouvert. Un second procès a lieu, qui aboutit à la grâce de Dieudonné. Mais ce succès ne doit pas cacher la teneur réelle des écrits de Londres : au-delà des conditions carcérales, il dénonce le retard économique et social de la Guyane ("Peut-être dans 5.000 ans verra-t-on une deuxième statue à Cayenne : celle de l'homme qui aura construit le port") et amorce une réflexion sur le statut des condamnés. Une fois revenu en métropole, il écrit une lettre de doléances au ministre des Colonies Albert Sarraut, dans laquelle il réclame un salaire pour les bagnards, une assistance médicale plus sérieuse, la suppression des peines doublées, une réorganisation administrative du bagne, etc. Si cette démarche n'obtient pas de réponse concrète sur l'instant, elle laisse une empreinte profonde dans la l'opinion française. En 1929, Dieudonné joue même son propre rôle dans une pièce de théâtre à Paris ! Partant du témoignage du reporter, d'autres après lui vont s'intéresser au bagne avec un regard neuf et plus d'humanité. On est en droit de penser que les articles d'Albert Londres sont en grande partie à l'origine de l'évolution qui aboutira en 1938 au décret-loi du gouvernement Daladier sur le bagne de Guyane.

    A partir de 1923 et sous la direction de son ami Henri Béraud, les articles de Londres commencent à être publiés en livres, sous forme de recueils. Le journaliste sort alors du cadre strict de la presse et de la relation de l'instant présent. Ses textes rassemblés constituent dès lors de véritables études sur son époque. En même temps que son style, Albert Londres s'est forgé un personnage tout à fait particulier : coiffé d'un chapeau de feutre taupé à larges bords, barbu, il affecte une allure de poète rêveur et bohème. Le type même du globe-trotter a désormais un visage : le sien. Il a également une ligne de conduite : la sienne. N'acceptant ni les consignes, ni les pressions, il n'hésite pas à rompre avec plusieurs des journaux qui l'emploient (Le Quotidien ou Le Petit Journal notamment), qu'il juge trop proches du pouvoir politique. Il ne recherche pas l'objectivité : il témoigne toujours à la première personne. Il ne cherche pas le consensus : il veut porter "le fer dans la plaie".

    En 1924, dans la foulée de son reportage sur Cayenne, Albert Londres se rend en Algérie, où il visite le bagne militaire de Biribi. Une fois encore, le journaliste dénonce en décrivant et ses écrits obtiennent un large écho. Sous sa plume, les Français découvrent les sévices corporels, les punitions humiliantes, les gradés sadiques ou les mutilations volontaires des condamnés désespérés.

    Entre deux reportages sur le Tour de France, ce voyageur insatiable ne cesse de parcourir le monde, au détriment de sa vie privée. Sa fille unique, Florisse, née en 1904 de son union avec Marcelle, sa compagne morte à 23 ans avant même d'avoir eu le temps de se marier avec lui, en témoigne : "La première fois que j'ai vu mon père, c'était sur un quai de gare. (...). La dernière fois qu'il m'apparut, j'avais 27 ans. Il me souriait à la porte d'un wagon". Même lors de ses séjours en France, il trouve le temps de porter à la connaissance du public des sujets aussi douloureux que les dysfonctionnements du système psychiatrique national ou le proxénétisme à Pigalle. Plus légers, ses reportages sur Marseille mettent l'accent sur le cosmopolitisme de cette ville qu'il qualifie de "Porte du Sud".

    En 1928-29, Albert Londres est en Afrique Noire. Il y visite notamment le chantier de la voie ferrée qui doit relier Brazzaville à Pointe-Noire. Le tableau qu'il en brosse est épouvantable : les ouvriers meurent par milliers et des populations entières sont décimées en servant de vivier de main d'œuvre à cette entreprise meurtrière. Ses reportages pour le Petit Parisien sont rassemblés dans Terre d'Ebène, un livre-réquisitoire paru en 1929, qui obtient un grand succès, mais qui attire à son auteur les foudres des autorités coloniales. Des campagnes de calomnie sont lancées à son encontre, mais rien ne le perturbe dans sa quête du témoignage.

    En 1929, il enquête sur la communauté juive en Europe de l'Est. Il découvre alors les vexations quotidiennes d'un peuple qui souffre. De fil en aiguille, il suit la route des émigrants et se rend en Palestine, pour savoir si l'idée d'un "foyer national" juif est valide ou non. Ses conclusions son mitigées : "la Palestine ne résout pas tous les problèmes". Non sans raison, Londres voit dans la haine des Arabes autochtones, comme dans le manque de tact ("l'orgueil des jeunes troupes") des nouveaux arrivants Juifs, un obstacle de taille à l'application de la déclaration Balfour. Son analyse est frappante de lucidité.

    Profitant de son nouveau voyage au Moyen-Orient, il poursuit sa route jusqu'en Arabie, où il essuie plusieurs échecs : l'accès à la Mecque lui est refusé et son interview du roi Ibn Séoud se solde par une fin de non recevoir. Faute de mieux, il part sur la mer Rouge à la rencontre des pêcheurs de perles...

    Le dernier grand reportage d'Albert Londres est publié dans Le Petit Parisien en 1931. Il concerne les Balkans, et plus précisément la lutte des Comitadjis macédoniens contre le dépeçage de la Macédoine entre la Bulgarie, la Yougoslavie et la Grèce.

    L'année suivante, le 53e périple du journaliste doit le conduire en Chine. Le sujet de cette nouvelle enquête est à sa mesure. Depuis l'agression japonaise de 1931, la Chine est en guerre. Le pays est en proie au chaos et aux "éclats de rire devant les droits de l'homme". Et ce qu'il découvre à Hong-Kong et à Shanghaï est terrifiant : trafic d'armes et d'opium, viols, tyrans locaux, pillages, exactions en tous genres perpétrées par les communistes chinois... Lorsqu'il s'embarque sur le "Georges Philippar" pour revenir en France, début mai 1932, il possède la matière d'une série d'articles exceptionnelle.

    Mais Albert Londres ne pourra jamais livrer ses révélations à ses lecteurs. Le 16 mai 1932, le "Georges Philippar" est détruit par un incendie alors qu'il s'apprêtait à entrer en mer Rouge. Le journaliste fait partie de la quarantaine de personnes tuées dans le sinistre.

    On a beaucoup écrit sur les origines de cet incendie. Peut-être était-il criminel ? Peut-être même était-il destiné à empêcher Albert Londres de publier certaines des informations sulfureuses glanées en Chine ? Quoi qu'il en soit, cette disparition brutale met un terme à une existence hors du commun, alors même que Londres songeait à faire une pause, pour fonder un foyer et se rapprocher de sa fille. Le destin ne lui en aura pas laissé le temps.


     

     


     

     

    Dernière mise à jour : il y a 2 années, 9 mois