Retour d'une plante disparue sur son île

Rapatrier le Cylindrocline lorencei de Brest vers l’île Maurice

A propos

Participez au retour du Cylindrocline lorencei un petit arbre disparu dans son milieu naturel ressuscité à partir de graines récoltées en …1977.

L’incroyable aventure du Cylindrocline lorencei

La végétation originelle de l’île a perdu plus de 97% de sa surface depuis sa découverte par les navigateurs européens il y a 400 ans. De nombreuses espèces d’oiseaux, comme le dodo par exemple, et d’autres animaux se sont éteintes. Et beaucoup d’espèces de plantes ont également disparu.

Il y a trente ans, un botaniste qui explorait les hauteurs de l’île Maurice découvrit les derniers survivants du Cylindrocline lorencei. Il eut la merveilleuse intuition de récolter quelques graines qui furent alors expédiées dans divers jardins botaniques à travers le monde. Mais aucun ne parvint à les cultiver. Pendant ce temps, les derniers plants de Cylindrocline disparaissaient totalement dans la nature. En 1990, la plante fut considérée comme éteinte à la fois en culture et en nature !

Heureusement, le Conservatoire botanique national de Brest avait mis au congélateur les premières graines récoltées... Grâce à l’utilisation des biotechnologies et de la culture in vitro, il réussit dans les années 2000 à régénérer des plantes entières. Le Cylindrocline est ressuscité !

Le Cylindrocline lorencei, un dodo végétal

Le Cylindrocline lorencei est un petit arbre de la famille des pâquerettes, aux feuilles duveteuses et aux cymes (groupes) de fleurs mauves. On ne le trouve que dans un seul endroit au monde : l’île Maurice. Il est adapté aux rudes climats des plateaux d’altitudes : pluies torrentielles, fortes sécheresses et terribles cyclones aux vents destructeurs. Son tronc entièrement laineux est assez robuste, mais sans être cassant. Et ses branches sont souples pour endurer les tempêtes. Ses adaptations n’ont pourtant pas suffit à le sauver de la destruction des forêts et comme le célèbre dodo, il a totalement disparu de l’île.

le Dodo (Raphus cuculatus) se nourrissant des fruits du palmier Latania loddigesii, sur l'Ile Maurice au début du XVIème s. Peinture de Michael Rothman, 2010 © ACE Coinage, avec l'aimable autorisation de l'auteur pour le projet Maurice du CBN de Brest 2014

Le projet 

Depuis 2011, un programme de retour sur l’île Maurice des espèces les plus menacées a été mis en place avec nos partenaires des parcs nationaux mauriciens. Il s’agit de rapatrier 30 espèces de plantes, mises en collection dans les serres brestoises à partir des années 1970, dans la pépinière de Robinson au centre de l’île. Elles pourront alors s’y réacclimater avant de pouvoir être réintroduites dans un environnement restauré. Trois envois de plantes ont déjà été réalisés. Il est nécessaire de renforcer la collection vivante sur place car le nombre d’individus doit être suffisant pour envisager une réintroduction en pleine nature.

Parmi ces plantes, se trouve le Cylindrocline lorencei. C’est pour le projet de multiplication de cette espèce et l’envoi de 50 plants à la Pépinière Robinson de l’île Maurice que nous faisons appel à vous !

A quoi va servir le financement ?

Pourquoi 3 800 € ?

Le financement demandé (3 800 €) inclut la multiplication in vitro, la culture, la préparation des plants et l’expédition pour Maurice, par colis et en soutes climatisées, de nos petits Cylindroclines. L’argent récolté nous permettra d’expédier environ 50 plants, soit un travail d’un an, et sera divisé ainsi :

  • 2 000 € pour la multiplication in vitro, en lien avec notre partenaire : le laboratoire Vegenov (Bretagne). Cette étape nous permet d’obtenir de petits plants à partir de morceaux d’un pied adulte.
  • 500 € pour la culture et la préparation des jeunes pieds de Cylindroclines dans les serres du Conservatoire. En effet, avant de les expédier à Maurice, nos petits plants ont besoin de se fortifier. Une fois qu’ils sont bien costauds, ils sont changés de pots et regroupés par lots dans des colis pour faire leur grand voyage.
  • 800 € afin de les faire voyager dans les meilleures conditions possibles. La soute climatisée est indispensable à la survie de ces plantes durant le transport.
  • Enfin, 500 € pour gérer ce projet au mieux durant son année de déroulement. Ceci comprend les divers matériaux, les formalités administratives et les démarches nécessaires au bon déroulement du retour des plants sur leur île d’origine.

Si cette somme est atteinte et dépassée, quels sont nos projets ?

Aujourd’hui le but n’est pas de réintroduire une seule espèce mais bien un groupe d’espèces rares et menacées sur l’île Maurice, où une très grande partie de la végétation d’origine a été détruite.

Si la somme demandée est dépassée nous aurons la joie de vous faire participer au sauvetage de l’une des autres plantes du programme de retour afin de contribuer à la restauration des forêts de cette île magnifique : Dombeya mauritiana, Hibiscus fragilis, Nesocodon mauritianus

A propos du porteur de projet

Le Conservatoire botanique national de Brest

 

 

 

Tous les ans, 150 à 200 plantes disparaissent de la planète ! En 1975, le premier organisme au monde spécialisé dans la conservation des plantes en danger voit le jour : le Conservatoire botanique national de Brest. Il est chargé d’étudier et de préserver la flore sauvage et les milieux naturels de l’ouest de la France et des hauts lieux de biodiversité à travers le monde.

Pour cela, il travaille en étroite relation avec un réseau d’observateurs bénévoles, des gestionnaires d’espaces naturels, des collectivités territoriales, des organisations internationales, des laboratoires, des réseaux d’éducation…

Voici quelques exemples d’actions menées à l’international : formation, transfert de compétences auprès des acteurs locaux, développement de pépinières et de structures de conservation, réalisation de listes d’espèces menacées…

Notre site : www.cbnbrest.fr

Notre page Facebook : https://www.facebook.com/pages/Conservatoire-botanique-national-de-Brest/208665812495645

L’équipe du projet « Retour d’une plante disparue sur son île »

Voici toutes les personnes qui travaillent sur le projet :

Au Conservatoire botanique national de Brest,

  • Bruno Bordenave (responsable du projet),
  • Catherine Gautier (responsable de la conservation ex situ),
  • Sarah Cardinal (assistante chargée du projet),
  • Marc Gillot et Claude Le Saout (jardiniers)
  • Stéphane Buord (directeur scientifique)

Au National Parks and Conservation Service (NPCS) de l’île Maurice,

  • Parmananda Ragen (responsable scientifique)

 

Posez vos questions sur le programme par mail à Bruno, chargé du programme : cylindrocline@cbnbrest.com

La page web du CBN Brest sur le projet  Maurice:

www.cbnbrest.fr/site/html/International/programme.html#mac  

L'histoire naturelle de l'île Maurice:

http://www.cbnbrest.fr/site/pdf/Site web_doc histoire naturelle Maurice_cbnb_2014.pdf

Les détails du projet :

http://www.cbnbrest.fr/site/pdf/Site web_doc contexte projet cylindrocline Maurice_cbnb_2014_.pdf